Blog du voyage

  • J35. Skopje -> Kriva Palanka 8 mai

    Les départs des villes, c’est souvent un peu pareil étant donné que judicieusement Pierre a réservé proche du centre ville pour profiter de l’animation et des attractions urbaines, nous nous retrouvons rapidement dans la circulation automobile et Skopje à été reconstruite en laissant une bonne place aux voitures, les rues sont larges, pas très confortables, les pistes cyclables assez nombreuses, le vélo y circule bien, donc dès 7 heures nous sommes dans le flux. C’est déjà le début de l’école, piétons, cyclistes, voitures se croisent, il y a aussi quelques bus à impériale, notre objectif est de sortir de là le plus vite possible et retrouver un peu de calme, ce qui fut fait au bout d’un dizaine de kilomètres sur le plat, sans difficultés. Nous parcourons la campagne, champs et forêts sont verts, les habitations s’éloignent les unes des autres dans un relief vallonné, notre trajet emprunte la direction Est, soit sur une ancienne route peu fréquentée, soit sur la nouvelle dont l’affluence est modérée dans la journée et bientôt une autoroute sera mise en service, devant les travaux, nous aurons à nous détourner quand le chantier a fermé un accès. Nous ne passerons que dans une ville avant de rejoindre la petite ville de Kriva Palanka notre destination, le reste du temps, c’est le désert, un désert vert avec très peu d’habitations, encore moins de hameaux, comme vu précédemment, l’école est complètement isolée, le car scolaire et ses immenses arrêts dans la campagne conduit les élèves. Comme ce sont de petites collines, nous oscillons entre descentes et montées, généralement courtes et assez fatigantes à la longue, alors sur le vélo se joue un match à trois, le GPS annonce une côte à la tête qui en informe les jambes qui au début disent ça recommence donc, trouvent néanmoins le rythme et indiquent à la tête de ne plus regarder le GPS, mais d’admirer le paysage, le tête n’en fait qu’à la sienne, regarde l’instrument, est-ce que ça vire au rouge (montée raide), violet (apoplexie possible) puis se dit on en a vu d’autres, on va s’en sortir, ce fut le cas aujourd’hui et parfois un quatrième larron Pierre dit c’est facile, la tête dit mais le GPS indique tant de dénivelé, Pierre n’est pas souvent d’accord, il n’aime pas le GPS, préfère la montagne et il a raison. Quelques kilomètres avant l’arrivée, nous nous abritons de l’orage et finissons après l’averse par une montée finale un peu raide, nous abordons un beau paysage, ce soir pas le temps de faire une randonnée dans la montagne. Demain nous quittons la Macédoine pour la Bulgarie.

    Skopje -> Kriva Palanka 100 km dénivelé 1475 mètres

    Paysage du jour

    Méditation avant élévation

  • J34. Pristina -> Skopje 7 mai

    Deux capitales en une journée, deux villes bien différentes, bienvenue chez les stakhanovistes du vélo. Pristina c’est la vieille ville, des ruelles pavées, en pente, dans tous les sens et toutes les directions, on s’y perd, nous l’avons expérimenté ce matin, le nez sur la carte du GPS qui indique une rue, qui n’existe pas ou plus, les constructions sortent de terre et n’améliorent rien. Nous étions entrés dans la ville par les bidonvilles et fumées anthracites, nous traversons la banlieue chic avant de retrouver des espaces plus verts. La ville se construit sur elle-même, elle ingurgite matériaux, équipements, aliments et vomit sa non digestion en ordures, nos villes sont ainsi et grossissent. Nous rejoignons ensuite une route plus importante heureusement pas trop fréquentée en ce dimanche matin, nous voyons d’abord des vélos à vendre entreposés en plein air et toujours peu de cyclistes, puis c’est une succession de casses automobiles et de ventes de voitures, j’imagine que les gens viennent avec leur vieille voiture puis repartent avec une neuve, un peu comme dans Cendrillon, je n’ai pas attendu minuit pour vérifier. Je lève un peu les yeux pour admirer le spectacle du manteau neigeux de la montagne, d’un blanc impeccable de loin, et dont les lambeaux apparaissent à notre approche. Au milieu de notre trajet, Pierre avait l’adresse d’un restaurant dans le village de son ami Kosovar installé en Vendée, l’emplacement est agréable et bien aménagé sur le flanc de la colline, des terrasses nous tendent les bras, nous demandons le plat traditionnel du lieu et c’est un repas pantagruélique qui nous est servi, une bien bonne adresse, Pierre se fait connaître du restaurateur qui fera un selfie avec lui. Le retour sur le vélo alourdi par la bière et le repas sera un peu moins assuré d’autant qu’il restait un peu d’ascension, nous avons repris rapidement notre rythme sur la route pas trop encombrée, l’autoroute proche, long serpent d’asphalte retient prisonnières les carapaces brillantes qui habituellement bourdonnent autour de nous, précieux répit. A la frontière entre Kosovo et Macédoine du nord nous prenons une courte revanche sur les moteurs qui chauffent dans la file et nous dirigeons vers Skopje la capitale. Après avoir pris possession de l’appartement, nous allons dans le centre et c’est un peu une ville d’opérette, reconstruite après un séisme en 1963 qui a détruit une grande partie des logements, force statues très figuratives jalonnent le lieu et les bâtiments ne sont pas en reste, on pourrait se croire dans un parc d’attraction tant l’architecture est kitch, beaucoup de monde sillonnent les rues et le marché qui a lui gardé un aspect historique, je trouve le tout agréable néanmoins, avec ses habitants qui flânent ou occupent les nombreuses terrasses de bar. La partie résidentielle de la ville est plus classique.


    Pristina -> Skopje 100 km dénivelé 610 mètres

    Notre repas, c’est pour deux !
    Passage de la frontière
    Skopje centre
    Skopje
    Si par hasard sur le pont des arts (statues des artistes locaux)

    La galion sur la rivière

  • J33. Pejë -> Pristina 6 mai

    Vapeurs d’essence, la ville se bouge, le soleil l’a activée, nous tournons le dos à la montagne, de temps en temps, tourner la tête vers les sommets, meringue immaculée, chercher sur le versant la petite couture sinueuse qui nous a conduits ici, nous y étions hier, quels souvenirs, la vue, le plaisir de traverser ces espaces adoucit la difficulté de l’ascension. Sortis de la ville, nous roulons au milieu de la campagne, des maisons, neuves, inachevées, abandonnées, hameaux, des églises, catholiques, à Pejë nous avions vu des mosquées. Dans les villes et villages, rues en travaux, ornières, c’est la reconstruction, boucher les trous permettra t-il de refermer les plaies. Après ces kilomètres sans bruit, le rugissement de la route me surprend, le bas-côté est un fragile, instable et étroit abri pour se protéger du flux automobile, enfin nous retrouvons des routes plus tranquilles, hauts murs, portails hermétiques immenses enserrent les habitations, nombreuses tombes, monuments, mémorial de bord de route, cette région a-t-elle plus souffert. Nous voyons à nouveau des sommets face à nous, le Kosovo en est entouré, la route est longue, pas très agréable aujourd’hui, immanquablement je repense à la guerre qui crée ou raye un pays de la carte, que de peines pour une capitale, combien de morts, d’invalides, de larmes avant l’arrêt des hostilités, existe t-il un quota avant de hisser un bout de tissu au bout d’un mât, « un étendard des étendus, ami t’ai je bien descendu » chantait Pascal Mathieu. Arrivée tortueuse à Pristina, petites ruelles pavées et en forte pente dans la vielle ville où se situe notre hébergement, une auberge de jeunesse, très bon accueil, cadre sympathique, nous irons dans la ville à la tombée de la nuit, beaucoup de monde dans les rues, nombreux magasins ouverts, pas de stress, la guerre est loin, tant mieux.


    Pejë-> Pristina 100 km dénivelé 810 mètres

    Coup d’œil à la montagne

    Un plat de pâtes ça reconforte le cycliste

  • J32. Berane -> Pejë 5 mai


    Étape non prévue aujourd’hui après notre mésaventure d’hier, au menu de la montagne avec deux cols, partis dans le froid gris et nous sommes arrivés sous la chaleur du soleil. Quittant sans regrets Berane, nous empruntons la seule route ouverte qui mène à Pejë au Kosovo, il n’y a donc pas à se tromper, début en pente bien sûr, quelques voitures et poids lourds pas toujours très sécurisant, de petits tunnels et la rivière pour compagne, la vue est agréable, nous montons assez tranquillement pour nous élever de 600 mètres, un peu plus d’habitations que la veille, une école surgie de nulle part loin des habitations, que je repère du fait des voitures et du car scolaire qui attendent les élèves. Au col une station de ski, nous sommes à 1350 mètres, puis long tunnel et descente, nous recherchons un endroit pour reprendre quelques forces pour finalement s’arrêter à Rozage, noir de monde en sa place centrale, des gens, principalement hommes habillés en noir, qui arpentent la grande plate-forme en un ballet incessant, se saluent, entrent dans les nombreux bars, j’en fait de même tant j’ai froid, bien sûr je suis repéré étrange étranger et les questions arrivent, pas toujours simple de se comprendre, un peu d’italien, anglais, allemand voire quelques mots de français, un échange qui fait du bien, Pierre a été abordé par un petit groupe de jeunes ados et c’est l’un des leurs qui traduit pour les autres, ils nous quittent quand deux filles les rejoignent, les vieux ça va bien un moment. Nouveau départ très abrupt dans la ville, on se réchauffe, on est au cœur de la montagne pour la seconde ascension, le sapin devient majoritaire, les troncs sont serrés les uns contre les autres, la route au milieu du vert, je ne vois rien d’autre, encore plus saisissant quand aucun véhicule ne vient troubler le silence, la montagne a un côté magique, mystérieux, immense, intense pour moi, je m’y sens bien, non que la montée soit facile, mais j’estime en avoir pour mon argent. Des traces de neige apparaissent, de plus en plus fournies jusqu’à former tapis blanc, les congères amassées sur le bas-côté se font mur, chassées de la route au cours de l’hiver, un mince filet d’eau s’écoule et va grossir le gris des torrents, qui en ont bien besoin, la corolle violette des crocus perce le sol gris, le printemps n’est pas loin. Nous passons la frontière monténégrine, puis plusieurs kilomètres plus tard nous passons celle d’entrée au Kosovo, ce presque non pays et c’est un grand étonnement géographique qui nous attend, du haut de la montagne la plaine s’étale en dessous, grand contraste, dévalant les lacets de la route qui s’enchaînent, nous passons de l’altitude 1800 à 500 mètres jusqu’à la ville de Pejë, chaleur, clameur des klaxons dans les embouteillages, nous avons changé de monde, Istanbul n’est pas loin ! Ville agréable, animée, marché dans la vieille ville aux centaines de boutiques extérieures accolées les unes aux autres, quel contraste avec le froid du matin, la pluie glaciale de la veille, nous fêtons le retour au soleil dans un restaurant de la ville.



    Berame -> Pejë 80 km dénivelé 1535 mètres

    Coucher du soleil sur les montagnes
  • J31. Plav -> Berane 4 mai

    Changement de programme aujourd’hui, partis de Plav au Monténégro après un solide petit déjeuner dans la chambre d’hôtes, nous devons rejoindre Pejë au Kosovo par une petite route qui traverse la montagne, l’ascension d’abord très raide devient plus raisonnable, la circulation est très faible. Alors que nous devisions Pierre et moi du dénivelé restant, en n’étant pas d’accord, une voiture de police nous double, s’arrête à nos côtés et nous dit que nous ne pouvons pas continuer car la route est fermée pour cause de neige, nous devons faire demi-tour pour prendre une autre route après nos 20 km de montée, Un œil sur nos outils cartographiques et un rapide calcul donne 120 km, 1800 mètres de dénivelé, pour rejoindre Pejë, ce qui est proprement impossible malgré la forme que certains nous prêtent. En redescendant nous voyons deux possibilités, le taxi ou décaler d’une étape, ce que nous faisons, arrêt à Berame dans le premier hôtel, qui nous épargne la pluie et demain trajet vers Pejë, nous sacrifions la journée de repos à Pristina. La montée que nous avons entamée était dans un environnement assez déserté, boisé et vert, le détour vers Berane en légère descente le long d’un torrent, la localité n’est pas d’un intérêt majeur, nous espérons un temps plus sec et moins humide !

    Plav -> Berame 62 km dénivelé 590 mètres

    Quand c’est très pentu, je pousse le vélo
  • J30. Podgorica->Plav 3 mai

    Merci à tous qui avaient pensé à moi, m’avez soutenu, encouragé pour cette étape que je craignais un peu ! La nuit dernière était pluvieuse, la journée à été clémente et ce soir une belle averse a arrosé notre arrivée. La première et plus longue partie de la journée le long de la rivière Lumi i cemit, à la sortie de Podgorica, elle coule dans un véritable petit canyon et c’est le torrent de montagne qui nous a accompagné. Par chance notre route est peu utilisée et nous n’avons croisé que quelques véhicules, la chaussée est en bon état, le paysage est superbe, ça monte, ça descend, se rapproche du torrent, s’élève avec le relief, très peu d’habitations et soudain un panneau indique école, je n’y crois pas et pourtant si, devant un petit bâtiment, un homme attend ses élèves, le car scolaire n’est pas loin et une jeune femme accompagne un enfant. Nous allons traverser l’Albanie pour revenir au Monténégro après avoir gravi la montagne, premier passage de frontière, deux petites guitounes accolées, et chaque pays en occupe une, le douanier Monténégrin prend nos passeports et les passe à travers une ouverture au douanier albanais, qui non équipé de scanner comme son homologue recopie noms et numéros sur un registre. C’est après que commence réellement la montée du jour qui doit nous mener au col et ça monte raide (8 à 12%) pour mes petites jambes de petit bonhomme pour redescendre un peu. Nous traverserons quelques villages assez vivants, quelques animaux occupent parfois la route, vaches, moutons, chèvres, ânes et même cochons, la montagne est abrupte, nous voyons quelques sommets enneigés, une vue à couper le souffle alors que ce n’est pas le moment. Arrivés au col, deux bars ouverts, je me dirige vers l’un enfumé et fréquenté par quelques jeunes hommes qui se chamaillent bruyamment, je réussis à nous faire servir deux bières, c’est bon et il faut s’hydrater. Descente, nouvelle frontière, les guérites sont en bois, la barrière albanaise est manipulée à la main par le douanier quand la main du douanier Monténégrin a une télécommande pour l’actionner. Arrivée à Plav notre étape.

    Podgorica-> Plav 87 km dénivelé 1941 mètres

    Un œil exercé verra que j’ai laissé mon téléphone sur la fontaine !
    On a bien mérité après la montée
  • J29. Niksic -> Podgorica 2 mai

    Matin gris sur Montagne Noire, les nuages s’effilochent sur les sommets, quelques gouttes tombent sans conviction, nous tentons de dénicher un magasin ouvert, pas plus de résultat qu’hier, la fête du travail c’est le 1er et 2 mai, seules les pekara, magasins de pain, pâtisserie et en-cas sont ouvertes, fidèle à mon habitude, je choisis des bureg, spécialité des balkans à la pâte feuilletée, fourrée fromage, viande ou épinard, la difficulté est de détecter le bon ingrédient, j’ai peu progressé dans la langue locale et l’écriture n’a rien d’évident, heureusement les gens sont compréhensifs et patients. En terme de langue, ce n’est pas plus clair que la géopolitique, puisque ici on parlerait le Monténégrin langue officielle, déclinaison du serbo croate commun à l’ex-yougoslavie et que les linguistes appellent aujourd’hui BCMS (bosnien-croate-monténégrin-serbe pour éviter la connotation nationaliste). Ayant du temps, nous allons vers l’ancienne forteresse de la ville dont une partie des larges murs en abondante pierre locale tient encore debout, quelques parties sont même en réfection, construits pour défier l’ennemi et le temps, ces édifices ont fait place aux frontières aujourd’hui densément équipées en caméras de surveillance, nous faisons une visite rapide de l’enceinte, vide à cette heure. En rejoignant le parking, un chien en liberté vient s’enquérir de la nouveauté, pas du tout agressif, comme ceux errant dans la ville, pourtant oes chiens et le vélo c’est en général une relation compliquée, du plus loin qu’ils nous voient ou entendent arriver, ce ne sont que aboiements, voire poursuite, l’un avait même mordu une sacoche, préférable au mollet certes, pas très rassurant néanmoins. Reprenant la route, un tunnel, puis un suivant s’ouvre à nous, nous ne sommes pas rassurés, tout se passe bien, je n’aurai jamais pris autant de tunnels à vélo, la route est bien agréable, vue sur les montagnes, aucune montée annoncée, même quand Pierre dégote une petite route qui nous fait quitter le flot automobile, pas de bruit, juste le grincement des freins dans les lacets. Arrivée à Danilovgrad, pendant que nous mangeons nos bureg, un homme vient nous parler, il connaît la France, nous parle de deux cyclovoyageurs partis de Paris pour l’Iran et qui ont fait étape ici et nous cite les marques de vélo motobécane (le sien actuellement), gitane, Peugeot, nous souhaite bon voyage, je sens dans ce type d’échange combien certains seraient tentés d’entreprendre ce genre de périple et mesure la chance que j’ai de pouvoir le réaliser, à Mostar un vieux monsieur nous avait fait comprendre qu’il aimait le vélo, qu’il avait voyagé, mais que sa santé ne lui permettait plus de le faire, je profite donc. Podgorica est la capitale du Monténégro, fortement bombardée pendant la seconde guerre mondiale, elle a été reconstruite, est plutôt sans charme, pas vraiment de centre historique dans la vieille ville, de grandes rues autodromes, peu de monuments, nous marchons dans les rues, tombons sur un marché intérieur organisé comme un souk, au sous-sol produits frais. En terrasse d’un restaurant, devant la carte pléthorique, nous demandons un plat typique du pays, ce sera un saucisses frites qui atterrira sur la table, très bon, mais pas facile la barrière de la langue. Demain très grosse étape de montagne, je m’inquiète un peu.

    Niksic -> Podgorica 63 km dénivelé 100 mètres

    Forteresse Niksic
    Forteresse Niksic
    Forteresse Niksic
    A côté du bureau de change, une fresque des « deux magots »
    Paysage
    Paysage
    Danilovgrad, statues sur colonne avec étoile rouge
    Podgorica, présidence de la République
    Cathédrale de la Résurrection-du-Christ

    Cathédrale de la Résurrection-du-Christ

  • J28. Dubrovnik -> Niksic 1er mai

    La journée était prévue exigeante avec deux ascensions majeures, ce qui s’est confirmé. Partis assez tôt sous le ciel bleu, nous avons pris la direction du fort impérial pour bifurquer vers un mont légèrement plus bas, j’ai bien apprécié à nouveau la vue sur le fort et la vieille ville, en belle lumière face au soleil levant, au revoir Dubrovnik, la première frontière qui nous fait sortir de la Croatie est neuve, taillée dans la montagne, énorme, arrivés au poste, nous ne voyons que la grosse main du douanier qui réclame nos passeports, puis surprise nous passons ensuite celle de Bosnie Herzégovine, bienvenue en Herzégovine dit un panneau, puis bienvenue en Republika Srpska ( République serbe de Bosnie) indique un autre, pourquoi n’y a-t-il pas de panneau bienvenue avant la frontière ?
    Nous passons à Trebinje, tentons de trouver un supermarché ouvert, mais le 1er mai est bien respecté, tout est fermé sauf quelques marchands de fruits et de fleurs, Pierre a lu que le 2 mai était aussi férié au Monténégro, nous nous inquiétons pour nos estomacs. A la sortie de la ville la construction d’un viaduc coupe notre route, détour par un chemin de terre et de cailloux, nous sommes accueillis par des ouvriers du chantier qui nous félicitent sur notre parcours, mais ce sont bien eux qui usent leur santé voire risquent leur vie au quotidien dans la poussière et le bruit alors que nous faisons ce voyage pour notre plaisir. Arrêt restauration avant d’entamer la montée qui nous amènera au Monténégro, je pars devant pour une fois sans trop forcer car ce sera long, mais chassez le naturel et Pierre revient au galop, il prend même quelques photos en pédalant, le paysage est grandiose quand on s’élève, rochers surplombant les pentes boisées, sommets enneigés un peu plus haut, la vallée s’éloigne et se creuse, nous sommes en montagne. En haut, frontière de sortie de la Bosnie-Herzégovine, puis frontière du Monténégro, en me rendant mon passeport et voyant certainement ma fatigue, le douanier me fait signe que la montée est terminée et que la descente est proche et là changement décor, la montagne est moins tourmentée, mais c’est un désert de pierres à perte de vue, seuls quelques arbres nains tendent des branches noires, le printemps n’est pas encore là. Nois suivons la panoramic road indiquent quelques panneaux sur cette nouvelle route dont les bords calcaires récemment écorchés ne sont encore pas adoucis par la végétation. Nous voyons quelques restes d’habitations abandonnées dont seuls les murs subsistent, que s’est il passé alors qu’elles semblaient récentes et de bonne construction, pas de villages et quelques fermes disséminées. Au cours de notre descente, nous apercevons les toits rouges de Nikšić nichée dans une large vallée proche de grands lacs entourés de verdure, nouveau changement de paysage dans la deuxième ville de ce petit pays.

    Dubrovnik -> Niksic 100 km dénivelé 1466 mètres

    Vallée Ttebinje
    Vallée Trebinje
    Montagne Bosnie
    Montagbe
    Photo faite par Pierre sur son vélo, ça me rappelle le film les triplettes de Belleville où le photographe prend depuis son vélo les coureurs du tour de france
    Oui c’est un peu dur !
    Mais je m’accroche !
    Un panneau bien placé !
    Lacs autour de Niksic
  • J27. Dubrovnik (30 avril)

    Journée de repos à Dubrovnik, ça commence par une lessive, il fait beau, un peu de vent sur le fil à linge, le temps idéal pour débarrasser mes vêtements de la saleté accumulée et les laisser sécher ! Durant notre petit déjeuner un couple de visiteurs chinois, attirés par nos vélos nous a questionnés sur notre parcours, nos âges (ce ne sont pas les premiers, qu’est-ce que ça veut dire) et a demandé à nous prendre en photo, notre voyage s’élargit.
    Je parlais hier de l’accès encerclé de Neum et Dubrovnik est également une enclave croate entre la Bosnie-Herzégovine, Neum d’un côté , la république serbe de Bosnie de l’autre et le Monténégro, c’est donc un espace restreint et animé. Nous nous dirigeons vers la vieille ville à quelques kilomètres de notre hébergement, descendons vers la forteresse qui enserre la partie historique, les murailles de la pierre locale de calcaire sont impressionnantes et en très bon état de conservation, l’intérieur de la cité est de même extrêmement bien entretenu, restauré et propre, c’est un peu une ville musée à l’instar de Venise, le touriste s’y presse et aujourd’hui il y a de plus une course pédestre, ça semble très populaire et certainement éprouvant, pentes et escaliers jalonnent le passage. Entre mer et monuments, nous arpentons les ruelles, largement équipées de terrasses de bars et restaurants, certains sont ouverts pour le petit déjeuner. À l’ombre ou au doux soleil la balade est sympathique, les appareils photo mitraillent à tout va, les guides touristiques lèvent haut leur instrument de ralliement pour rassembler leur troupe indisciplinée, le chant des langues se brasse joyeusement pendant que la file des coureurs, petits, grands, jeunes ou vieux, heureux mélange chamarré se lance, s’allonge et s’étire dans les espaces réservés, tous encouragés par les spectateurs. Bel ensemble architectural, il faudrait plusieurs jours, conduits par un guide pour mieux connaître l’histoire de cette ville historique, ses monuments, ses détours, nous décidons de monter sur une des collines de la ville, au niveau du vieux fort impérial pour une vue d’ensemble, d’abord escaliers entre les habitations, le chemin se fait sentier en sous-bois, puis les lacets se font chemin de croix, station à chaque angle, genêts et pervenches pour la couleur, romarin et sauge pour le parfum. Je me rends mieux compte de l’organisation de cette belle ville et au sommet nous apercevons la montagne sur l’autre versant que nous escaladerons à partir de demain. Au retour, nous délaissons les restaurants bien chers, pour les tables en terrasse d’une restauration rapide autour d’une bonne bière.

    Lessive au soleil
    Forteresse
    Forteresse
    Avant la course
    Le vieux port
    La vieille ville
    Vielle ville
    Dubrovnik

    Montagne depuis fort impérial

  • J26. Capjlina -> Dubrovnik 29/04/2023

    Matin un peu gris, pas de pluie annoncée, ce sera la météo du jour, nous prenons le petit déjeuner dehors sur les tables extérieures à l’hébergement. Départ matinal, nous reprenons le chemin inverse pour retrouver notre route, un grand espace fermé est interdit, présence de mines indiquent plusieurs panneaux, peut être un terrain d’entraînement militaire pour ce pays dont les éléments guerriers n’ont pas totalement disparu, quelquefois des hommes en treillis, des affichettes devant les magasins interdisant l’entrée avec arme. Après avoir passé les chaussées défoncées pour cause de travaux, nous roulons dans la vallée élargie de la Neretva, le chemin d’exploitation agricole caillouteux épouse le cheminement d’un canal d’irrigation qui arrose les plantations, vignes, oliviers, légumes, fraises, quelques véhicules accèdent aux parcelles, nous ne sommes pas dérangés, juste bien secoués. Nous quittons la Bosnie-Herzégovine pour y revenir plus tard dans ce minuscule accès à la mer, enserré dans la Croatie à Neum, plusieurs passages de frontières, je m’y perds, mais il suffit de donner mon passeport si on me le demande. Nous laissons le delta de la Neretva pour grimper par une étroite route déserte un peu raide, c’est le matin ça monte bien, je suis rapidement chaud et humide, j’aperçois le bord de mer, nous allons le suivre jusqu’à l’arrivée. Rejoignant le grande route, j’ai d’abord l’impression d’être dans un fjord formé par la falaise côté terre et de hauts massifs boisés de l’autre côté du bras de mer, je découvre plus tard que ce sont des îles toute en longueur sur plusieurs kilomètres, on y voit des pêcheurs, des espaces de pisciculture et de mytiliculture, c’est en s’élevant que la configuration spécifique du panorama s’affiche, nous sillonnons la véloroute balisée sur l’ancienne voie reliant Dubrovnik, le point de vue est superbe, en haut c’est un paysage de causses, je sens l’odeur du serpolet, la lavande est abondante. Nouvelle descente vers la mer puis on s’élève à nouveau, altitude maximale 410 mètres, juste quelques voitures, ça vaut la peine et c’est bien plus sympathique que la route qui longe le mer que nous finissons par emprunter 20 kilomètres avant Dubrovnik, grande ville touristique, le yacht y est abondant et navigue dans la baie.

    Capjlina -> Dubrovnik 100 km dénivelé 1395 mètres

    Canal d’irrigation
    Canal d’irrigation, aucun souffle d’air
    Delta de la Neretva
    Delta de la Neretva
    Neum (enclave Bosnie-Herzégovine)
    Les îles
    Les îles

    Les îles

le cycliste et sa monture à l’arrêt