Étape non prévue aujourd’hui après notre mésaventure d’hier, au menu de la montagne avec deux cols, partis dans le froid gris et nous sommes arrivés sous la chaleur du soleil. Quittant sans regrets Berane, nous empruntons la seule route ouverte qui mène à Pejë au Kosovo, il n’y a donc pas à se tromper, début en pente bien sûr, quelques voitures et poids lourds pas toujours très sécurisant, de petits tunnels et la rivière pour compagne, la vue est agréable, nous montons assez tranquillement pour nous élever de 600 mètres, un peu plus d’habitations que la veille, une école surgie de nulle part loin des habitations, que je repère du fait des voitures et du car scolaire qui attendent les élèves. Au col une station de ski, nous sommes à 1350 mètres, puis long tunnel et descente, nous recherchons un endroit pour reprendre quelques forces pour finalement s’arrêter à Rozage, noir de monde en sa place centrale, des gens, principalement hommes habillés en noir, qui arpentent la grande plate-forme en un ballet incessant, se saluent, entrent dans les nombreux bars, j’en fait de même tant j’ai froid, bien sûr je suis repéré étrange étranger et les questions arrivent, pas toujours simple de se comprendre, un peu d’italien, anglais, allemand voire quelques mots de français, un échange qui fait du bien, Pierre a été abordé par un petit groupe de jeunes ados et c’est l’un des leurs qui traduit pour les autres, ils nous quittent quand deux filles les rejoignent, les vieux ça va bien un moment. Nouveau départ très abrupt dans la ville, on se réchauffe, on est au cœur de la montagne pour la seconde ascension, le sapin devient majoritaire, les troncs sont serrés les uns contre les autres, la route au milieu du vert, je ne vois rien d’autre, encore plus saisissant quand aucun véhicule ne vient troubler le silence, la montagne a un côté magique, mystérieux, immense, intense pour moi, je m’y sens bien, non que la montée soit facile, mais j’estime en avoir pour mon argent. Des traces de neige apparaissent, de plus en plus fournies jusqu’à former tapis blanc, les congères amassées sur le bas-côté se font mur, chassées de la route au cours de l’hiver, un mince filet d’eau s’écoule et va grossir le gris des torrents, qui en ont bien besoin, la corolle violette des crocus perce le sol gris, le printemps n’est pas loin. Nous passons la frontière monténégrine, puis plusieurs kilomètres plus tard nous passons celle d’entrée au Kosovo, ce presque non pays et c’est un grand étonnement géographique qui nous attend, du haut de la montagne la plaine s’étale en dessous, grand contraste, dévalant les lacets de la route qui s’enchaînent, nous passons de l’altitude 1800 à 500 mètres jusqu’à la ville de Pejë, chaleur, clameur des klaxons dans les embouteillages, nous avons changé de monde, Istanbul n’est pas loin ! Ville agréable, animée, marché dans la vieille ville aux centaines de boutiques extérieures accolées les unes aux autres, quel contraste avec le froid du matin, la pluie glaciale de la veille, nous fêtons le retour au soleil dans un restaurant de la ville.
Berame -> Pejë 80 km dénivelé 1535 mètres















Merci à vous 2, c’est vraiment du rêve que vous nous distillez dans tous les résumés de vos journées, j’attends avec impatience de te lire, Michel, tous les soirs ! C’est vraiment merveilleux et surement difficile en même temps et carrément fou votre périple, profitez bien ! Grosses Bises
🙂 🙃