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J55. Izmir. 28 mai
Comme moi, la ville se réveille en douceur ce dimanche, après avoir baissé rideau dès la nuit tombée, beaucoup de devantures sont fermées, les rues désertes, rien à voir avec la foule de la veille. C’est journée d’élections, le musée archéologique est également vide, nous sommes les premiers et seuls visiteurs du matin. En entrant dans le bâtiment, deux rangées de statues retrouvées dans la région, d’époques grecques et romaines, du 2ème siècle avant notre ère, toutes en bon état de conservation, de belle facture, l’art délicat remonte loin, mais dépourvues de leurs têtes, partie la plus fragile certainement, quelques spécimens sont en bronze, les fouilles en Anatolie n’ont pas permis de remonter au delà du néolithique, début se l’occupation humaine. Une immense mosaïque que nous voyons depuis le haut, du détail, de la couleur et certainement un gros travail de reconstitution, des vases, ustensiles de cuisine, dont certains en verre, puis des pièces de monnaies d’époque un peu plus récente.
Nous nous dirigeons vers le mont Pagos, où se situe le château Kadifekale, montée parfois raide, escaliers, petites rues dans un quartier typique, maisons accolées les unes aux autres, pas de richesse apparente, on nous regarde passer avec un peu d’étonnement me semble-t-il, le tourisme est peu développé ici, de belles vues sur la ville. Le château a été construit au 3ème avant JC sur une plate-forme naturelle à 186 mètres de hauteur, on voit bien la ville sous toutes ses facettes, restes bien conservés d’une ancienne citerne dimensionnée pour les 15000 habitants du lieu, l’enceinte défensive conserve des murs imposants, c’était le siège de l’ancienne Smyrne devenue Izmir. D’en haut nous voyons les vestiges de l’Agora, un peu plus ancienne au départ, détruite par le tremblement de terre de 178 et reconstruite grâce au soutien de Marcus Aurelius, la porte ouest ouest édifiée en l’honneur de son épouse Faustine, conserve son visage sculpté. L’Agora avait vocation administrative, judiciaire et commerciale, nous passons dans les galeries, encore en bon état, une partie est encore à l’état de fouilles avant reconstitution pour présentation au public, promenade très agréable.
Mosaïque au musée 
En montant vers Kadifekale 
En montant vers Kadifekale 


Kadifekale 
Citerne Kadifekale 
Vue depuis Kadifekale 

Troupeau de chèvres venant visiter Kadifekale 

Une fresque multiculturelle en dessous de Kadifekale 
Agora 






Porte Faustine
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J54. Manisa -> Izmir. 27 mai
Balade de santé prévue pour le parcours vers Izmir, pas trop long, sans dénivelé, juste une petite inquiétude pour entrer dans la troisième ville de Turquie, le traumatisme d’Istanbul n’est pas loin, même si le soleil est maintenant bien ancré dans le ciel. Petit déjeuner turc à l’hôtel, le buffet est bien garni, j’apprécie et me régale de la diversité, tomates, concombre, poivrons, olives, fromages, œufs, burek, petits pains garnis fromage ou olive, persil, pousses de fenouil, piments, fruits, miel, confitures, une sorte de ratatouille dans laquelle on trempé son pain, du thé bien sûr, café, beurre etc. Nous retrouvons le couple de cyclistes hollandais dont j’avais repéré les vélos hier soir près des nôtres, attablés à la première heure comme nous, c’est à la fraîche qu’on pédale le mieux. Nous empruntons d’abord la même route qu’hier, jusqu’à la sortie de la ville, puis rapidement après l’université, c’est une piste légèrement humidifiée, ce qui épargne la poussière, pas les cahots par contre, c’est le début, je suis indulgent. Les petites parcelles cultivées défilent, beaucoup d’oliviers, des arbres fruitiers, quelques légumes, des figuiers en bordure déjà bien fournis en fruits verts, nous passons un peu tôt pour se servir. La rivière est en léger contrebas, bientôt nous longerons un long canal d’irrigation, les champs sont plus vastes, traversons une première ville sans trop de difficultés, puis Izmir se rapproche, premier échangeur, la nouvelle piste cyclable n’est pas encore en service, on s’en passe. A l’approche, circulation, carrefours, feux, arrêt, redémarrage louvouyant, pas simple de mettre en mouvement en ligne les quelques 100 kg de l’équipage, surtout si j’oublie de passer la bonne vitesse avant, la largeur gène, les voitures ralentissent et me ménagent généralement, je ne suis pas très à l’aise chargé ainsi, une piste cyclable bienvenue facilite la progression. L’arrivée à l’hébergement est un peu compliquée, je ne comprends pas les explications, la ville est un labyrinthe encombré, Pierre s’en sort avec les honneurs. Petit tour dans la ville vers la tour de l’horloge, j’ai plaisir à humer l’air de la mer le long de la promenade bordant le rivage, nous grimpons dans les hauteurs par des escaliers bien raides et redescendons par l’Asansör, double ascenseur qui offre une belle vue sur la baie. Le temps est clair, nous regardons le soleil se coucher, puis disparaître.
Manisa -> Izmir 81 km dénivelé 210 mètres





Tour de l’horloge -
J53. Bergama -> Manisa. 26 mai
Départ un peu tardif après le petit déjeuner de l’hôtel, ce moment me fait du bien au corps et à la tête, j’ai besoin de me restaurer avant de traverser la montagne, pour autant le matin je me sens en forme, mieux que le soir où sur les derniers kilomètres, la fatigue voire la lassitude me rendent moins vaillant et ce quelle que soit la distance, ce doit être psychologique. Premiers tours de roue sous le soleil encore un peu timide, nous apercevons des cyclistes de l’autre côté de la voie infranchissable, nous les revoyons bientôt, c’est un couple de Hollandais, nous n’aurons pas le loisir d’engager plus de conversation, la première pente est là, courte et rude, pas question de bavarder, encore moins de s’arrêter, nos destins s’éloignent, peut-être un autre jour, nous allons dans la même direction. Le matin est encore frais, la transpiration sème quelques gouttes sur l’électronique, un peu de plat, regards sur la vallée, court répit avant la nouvelle ascension qui se profile. Plus longue, une heure et demie jusqu’au sommet à 500 mètres, je la trouverai sympathique, c’est un paysage de causses, le calcaire est partout, au sol autour des chênes et buissons, parfois sous forme de murs, également autour des petits lacs, abreuvoirs pour les troupeaux, plaisir pour les yeux, pas de circulation, des passages plats permettent de souffler et d’admirer avant de reprendre le pédalage lent, ni impatience, ni abattement. Avec un peu de souffle d’air, c’est agréable de parcourir cet espace en matinée, les éoliennes alignées sur les crêtes ne dérangent personne, nous verrons des champs de panneaux solaires sous lesquels s’abritent et paissent des moutons. Le premier village traversé amorce la descente en escalier vers l’autre versant, la route se fait très rugueuse, les cailloux affleurent au dessus du goudron, puis c’est un espace de goudron fondu, les pneus de mon vélo accumulent les petites pierres et autres débris, qui martèlent l’intérieur des garde-boue, Pierre m’aide à faire le ménage. Arrivée à Manisa, grande ville grouillante assommée par les flonflons électoraux qui occupent bruyamment le centre ville placardé des affiches des candidats.
Bergama -> Manisa 81 km dénivelé 1000 mètres.
Durant la montée 
L’ombre de Pierre plane 

Paysage 

Pique-nique à l’ombre 
Pique-nique au soleil 
Ânes dans le village 
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J52. Balıkesir -> Bergama 25 mai
Google, un de mes plus assidus folowers qui connaît bien mes activités, voire mon âge, me propose régulièrement la lecture d’articles de journaux relatant la mésaventure de cyclistes, âgés le plus souvent, qui empruntent l’autoroute ou autres voies rapides par mégarde et que la maréchaussée remet dûment dans le droit chemin, me disais-je ce matin en roulant au milieu de la circulation sur la pénétrante bien chargée qui nous éloignait de Balikesir. Ici, je ne sais pas si nous avons le droit, mais la police nous ignore et nous aurons souvent pris, comme aujourd’hui, ces routes où les véhicules nous doublent dans un bruit infernal, pas les meilleurs moments pour moi. L’étape est longue, la première moitié sur la large route finalement pas trop surchargée, de même que l’autoroute qui la croise de temps en temps, offre un paysage collinaire pas désagréable, un peu comme la veille dans un léger brouillard, mais je fais le difficile, je préfère une petite route un peu sinueuse qui amène de la nouveauté au détour des virages. Petit écart dans la ville de Savastepe, nous trouvons une restauration rapide, choisissons nos plats, burek, pizza déclenchant les rires de bonne humeur des jeunes serveuses visiblement amusées par ces deux cyclistes hirsutes, nous mangeons sur la terrasse qui donne sur la rue défoncée ou en travaux. Après quelquzs kilomètres, nous quittons la voie principale et c’est en respirant l’odeur agréable à l’ombre du pin maritime que je m’aperçois que la campagne change de visage, le sol est plus pauvre, la terre caillouteuse, nous longeons des plantations d’oliviers, puis aventuriers que nous sommes, c’est une piste qui nous accueille, toute mon attention est mobilisée par la qualité du terrain,. Nous longeons une voie ferrée, mais manque de chance, je rate la vue sur l’unique train qui à l’oreille ne semble pourtant pas beaucoup plus rapide que moi. Retour sur la grand route, nous croisons près de Soma un cyclovoyageur Belge, parti d’Antalia, il se dirige vers Istanbul et fait un parcours un peu à l’envers du notre pour revenir chez lui, étonnant, les seules cyclotouristes rencontrées étaient Belges également. Un peu plus loin nouveau changement de décor, champs en culture, nombreuses plantations de tomates, la végétation est en avance par rapport aux régions précédentes, le sol est plus sec ou irrigué, plus de rouges coquelicots, les fleurs de bord de route sont fanées, l’herbe un peu jaunie. Nous nous arrêtons dans un petit village, thé en terrasse, ça fait du bien avant le dernier tronçon sur route un peu rugueuse, puis arrivée à Bergama sur les pavés, nous apercevons les ruines de l’antique Pergame dans la ville et sur les hauteurs.
Balıkesir -> Bergama 116 km dénivelé 1070 mètres
Bergama, vue lointaine sur les ruines 
Bergama, ruines de l’ancienne basilique -
J51. Gönen -> Balıkesir 24 mai
Je n’avais pas beaucoup apprécié l’arrivée sur le 4 voies d’accès à Gönen dont nous n’avons vu que la partie industrielle, je n’ai pas plus aimé ce matin la première partie du trajet sur la route rectifiée récemment, murée sur les bords en hauteur et plutôt droite au milieu des champs de céréales, seul avantage, les bas-côtés sont larges voire plus larges que la route elle-même. Pour changer, crochet par le village d’Alçaova, sur les terrasses les hommes prennent le thé en regardant passer les deux cyclistes, cyclistes qui ne sont pas légion dans le pays, la Turquie n’est pas un pays de vélo, peu de petites routes, les distances entre villages sont importantes, le ravitaillement est en général sur place et il n’y a pas notre boisson préférée, la bière. Le temps est légèrement brumeux, nous avançons bien jusqu’à Manyas, petite ville en pente que nous traversons, parfois poussant le vélo à la main sois l’œil des buveurs de thé au coin de la rue et c’est après que nous attaquons la montagne, pas très élevée certes, mais le relief change tout, les cultures font place aux arbres, aux rochers, falaises, combes profondes dans un environnement déserté, j’affectionne ces moments au milieu de nulle part dans un environnement un peu sauvage, la route est en bon état, la pente elle-même se fait docile sous mes coups de pédales réguliers. Nous croisons juste quelques véhicules utilitaires, la circulation de loisir est en apparence rare en Turquie, au loin, de gros engins entaillent la montagne pour en extraire le marbre, la région en regorge, certains filons doivent être épuisés, les sites sont abandonnés, laissant les pierres d’extraction en énormes décombres. Nous irons modestement jusqu’au sommet à 500 mètres d’altitude, les éoliennes y nichent nombreuses, la descente annonce quelques villages, retour vers la civilisation. que nous apercevons au détour des virages. J’aimerais rester suspendu aux hauteurs de la route, la réalité et la pesanteur en décident autrement et nous aspirent vers le bas, moment intense, la vitesse augmente rapidement, le vélo file, c’est grisant, légèrement stressant, y aura-t-il un peu de plat voire une faible pente pour me ralentir ou ce sera un méchant virage obligeant à freiner en urgence, un revêtement dégradé demandant un écart, quelle vie palpitante en attendant une nouvelle montée tout aussi existante, mais dont l’horizon est prévisible. Arrivée pas trop tard à Balıkesir, nous avons bien roulé, les vélos garés au rez-de-chaussée de l’hôtel, nous faisons un tour dans le centre ville, tour de l’horloge, rues commerçantes et piétonnes, beaucoup de monde dans cette ville peuplée, pas de monuments notoires sous un soleil redevenu brillant et chaud en fin d’après-midi.
Gönen -> Balıkesir 94 km dénivelé 1260 mètres
Village d’Alçaova, la R12 est un véhicule populaire en Turquie 
Manyas 
Dans la montagne 
Pique-nique 





Belikesir tour de l’horloge 
Belikesir, rue piétonne, le thé en terrasse
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J50. Bardima-> Gönen 23 mai
Nous voici sur le chemin du retour, après avoir roulé vers l’Est, nouvelles aventures vers le sud et l’ouest. Depuis hier nous sommes dans la partie asiatique de la Turquie et je n’ai pas vu de différences. Petite étape aujourd’hui, je reprends contact avec le vélo, partis du bord de mer c’est par une courte montée que nous quittons Bardima. Les constructions nouvelles poussent nombreuses sur le versant que nous parcourons avant de retrouver la campagne vallonnée, puis plane telle que nous l’avons sillonnée il y a quelques jours, vastes étendues de champs de céréales, quelques troupeaux de vaches ou de moutons, de grandes exploitations agricoles, très peu de cultures vivrières. Nous prenons notre temps sur les routes désertes ou les pistes heureusement bien roulantes, le vent est plutôt favorable, c’est bon comme aide et rafraîchit le dos. Les oiseaux nous font cortège, plus exactement se montrent, cigognes un peu loin dans le vent, alouettes des champs montrant leur tête ébouriffée et près des villages hirondelles rustiques et des fenêtres dont nous notons la lente disparition à La Chapelle sur Erdre. J’ai une pensée pour un autre Pierre, ami trop tôt disparu, qui m’avait initié à l’observation des oiseaux en me disant, imagine un monde sans eux, sans leur chant, leur vol, leur présence. En 1999, après l’arrêt des hurlements du vent de la célèbre tempête, c’est ce qui a surpris les habitants, les oiseaux avaient disparu, plus de chant dans le ciel vide d’ailes. Dans le même ordre d’idée, depuis quelques jours, j’essaie d’imaginer ce que pourrait être une alliance avec le vivant telle que la conçoit Baptiste Morizot proposant d’engager un contrat de partenariat avec l’animal qui irait au delà de l’utilité ou de la préservation, une sorte de symbiose bénéfique à chacun, idée subtile mais intéressante à mon avis. Notre ami Pierre aimait aussi réciter le texte de Georges Duhamel sur l’économiste et les confitures, j’y pense souvent dans ce monde utilitariste.
Bandirma -> Gönen 53 km dénivelé 472 mètres
Paysage du jour 
Paysage 
Lac 
Véhicules du lac 
Hier au restaurant 
Hier amarrage du vélo sur le bateau
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J49. Istanbul -> Bandirma 22 mai
Traversée en ferry vers Bandirma prévue ce soir à 19h30, nous avons le temps d’un dernier tour dans Istanbul, à vélo cette fois, journée d’attente, journée détente. Nous expérimentons à nouveau la circulation dans la ville, ça sollicite les mollets, les réflexes et les freins. Nous remontons la rive du Bosphore jusqu’à Bebek, coin balnéaire, prenons un peu de temps en regardant la mer, les bateaux, puis pour rejoindre l’embouchure de la Corne d’or, nous empruntons le bateau qui longe ce côté du détroit, il fait grand soleil sous un temps clair, c’est très plaisant, nous apercevons des chateaux, Dolmabhaçe nous sommes passés devant les grilles fermées aujourd’hui, arrivée à Eminimu. Nous reprenons les vélos pour aller vers Saint Sauveur de Chora, passons dans le quartier de Balat, maisons peintes de couleurs vives, bars, restaurants dans les petites rues pavées, ascension, l’église est en travaux, inaccessible. Le port est proche, le départ est encore lointain, petit restaurant, discussion sur notre périple, les Turcs sont sympathiques avec nous et nous encouragent. Près de l’embarcadère, Pierre remplace les patins usés de ses freins, je fais une toilette rapide à mon vélo qui a amassé boue et sable sous la pluie lors du dernier trajet sous la pluie, et savoure le plaisir de retrouver la chaleur. L’accès au ferry ne se fera qu’à 19h15, montée à bord facile, les vélos restent sur le pont, le bateau ne transporte pas de véhicules, peu de passagers, embarquement rapide, départ à l’heure prévue et arrivée en avance pour cette traversée de la mer de Marmara.







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J48. Istanbul 21 mai
C’est évident, nous ne pouvions pas quitter Istanbul sans entrer dans l’ancienne basilique Sainte Sophie même si la file d’attente eest conséquente à notre arrivée. Construite au VIème siècle, devenue mosquée lors de la prise de Constantinople par l’empire Ottoman en 1453, musée en 1934, elle est redevenue mosquée en 2020. Sa forme à inspiré l’architecture des mosquée avec son volume intérieur immense, très aéré et éclairé grâce aux nombreuses fenêtres ouvertes dans les murs et coupoles, dont celle centrale surmontant l’ensemble, étayée par des colonnes monumentales. L’intérieur est dépouillé comme toutes les mosquées par absence d’iconographie, de mobilier religieux, j’ai juste vu une mosaïque de la vierge à l’enfant sur le tympan extérieur. Signe de l’ancienneté de l’édifice et de la fréquentation, les marches de marbre aux entrées sont usées et lissées par les pas des fidèles (on se déchausse après). Nous avons ensuite visité le musée des Arts turcs et islamiques, dont les collections couvrent un peu la période suivant celle du musée archéologique vu la veille, du 6ème (après Mahomet donc) au 20ème siècle, nous l’avons pris la visite à l’envers dans l’ordre chronologique inverse, mais ce n’était pas perturbant. On y trouve beaucoup de tapis de toutes les époques, certains de très grandes dimensions aux motifs géométriques, de nombreux manuscrits calligraphiés en langue arabe avec souvent des illustrations et enluminures. Quelques espaces avec du mobilier, des lampes, chandeliers, faïences, céramiques, bijoux. On y découvre au fil des siècles l’évolution des différents empires et la constitution des pays jusqu’à nos jours. Une partie est dédiée au prophète Mahomet avec des reliques dont ses poils de barbe et une empreinte de son pied. Original, un théâtre d’ombre turc qui met en scène deux marionnettes dont Karagöz, une sorte de Guignol, et un autre personnage, la rencontre est source de dialogue, d’incompréhension et dispute si j’ai bien compris le court extrait, ce type de spectacle a été créé dès le 16ème siècle. Nous avions prévu de rentrer dans le grand bazard couvert, mais c’est dimanche jour de fermeture, nous avons poussé un peu plus loin vers le marché égyptien où marché aux épices, vaste étendue couverte dédiée aux épices, fruits secs et à tout ce qui se vend ici et ailleurs. Retour par le pont qui enjambe l’embouchure de la Corne d’or, nombreux bateaux de croisière conduisant jusqu’au Bosphore, pendant que les pêcheurs s’alignent le long de la balustrade.

Sainte Sophie 
Sainte Sophie 
Sainte Sophie 
Sainte Sophie, vierge à l’enfant 
musée des Arts turcs et islamiques 
Karagöz et ses protagonistes 


Relique (barbe) de Mahomet 
Feuille d’un premier coran 
Autre mosquée 
Marché aux épices 
Vue sur la Corne d’or 
Vue sur l’estuaire de la Corne d’or -
J47. Istanbul 20 mai
C’est un peu avant l’ouverture que nous sommes devant le musée archéologique repéré hier dans le quartier de Sultanahmet, entre le jardin de Gülhane et le Palais Topkapi, nous hésitons un peu car deux parties sur les trois sont fermées, mais ne regretterons pas notre choix. Bien mis en valeur de façon sobre et espacée, sont exposés des vestiges des civilisations des régions voisines, empire romain puis byzantin, Anatolie (partie orientale de la Turquie), Égypte, Mésopotamie (Irak et Syrie) et Grèce. Dans la première partie de nombreux sarcophages, grandes œuvres d’art, richement sculptées, cotoient des statues bien conservées. Je me bats un temps avec l’audioguide pour obtenir les informations en français et renonce assez rapidement, tout n’étant pas au point, je me laisse porter par la beauté de ce que je voie et les commentaires anglais, je pense bien entendu à ces civilisations au faîte de la gloire et qui ont disparu. Une salle pédagogiquement intéressante sur les différentes phases de Troyes avec schéma des différentes couches géologiques qui ont permis aux archéologues de remonter le temps, des tablettes d’argile en écriture cunéiforme l’une présentant des prévisions d’éclipse de lune, l’autre un traité de paix, impressionnant et bravo aux déchiffreurs.
Après ce voyage dans le temps, nous prenons le bateau qui nous transporte de l’autre côté du Bosphore côté Asie en Anatolie, petite balade pour s’élever et voir la partie européenne d’Istanbul, que nous rejoignons par la suite par une nouvelles traversée du détroit. Retour à notre hôtel à pieds, nous passons près de la tour médiévale de Galata, que l’on voit habituellement de loin. Bonne journée bien fatigante pour les jambes.


Pierre examinant les couches géologiques de Troyes 
Istanbul vu du Bosphore 
Partie européenne vu de la partie Asie 
Tour Galata 
Petit passage adjacent à la rue Istiklal -
J46. Istanbul 19 mai
Nous sommes logés dans le district de Beyoğlu, quartier historique et animé, sachant que dans cette ville monde, tout bouge. Forts des recherches que Pierre a effectué sur l’usage des transports en commun, nous achetons un pass 3 jours à la station de métro proche, sous la place Taksim, vaste espace assez moderne, qui accueille aujourd’hui une manifestation d’importance vu le nombre de policiers présents, Il s’agit de la Journée de commémoration d’Atatürk (le fondateur de la république de Turquie), de la Jeunesse et des Sports, ce jour est fêté et férié, les grands drapeaux et fanions l’annonçaient. Notre carte en poche, métro vers Yenukapi, zone portuaire pour acheter notre billet de ferry pour Bandirma lundi prochain, puis nous nous dirigeons vers le quartier de Sultanahmet, où se trouvent les monuments les plus connus d’Istanbul, mosquée bleue et Sainte Sophie, palais Tokapi, marche dans les rues encombrées, du klaxon, pas d’énervement apparent, les véhicules avancent peu, les rues adjacentes sont pentues, pavées et non accessibles aux voitures, la ville est très en pente, mes jambes s’en ressentiront le soir. En bons touristes, nous n’avons pas pensé que le vendredi était jour de prière donc les mosquées sont ouvertes aux visiteurs uniquement l’après-midi, nous ferons la queue pour entrer dans la mosquée bleue, très belle à l’intérieur et vu de l’extérieur, mais renoncerons à Sainte Sophie pour aujourd’hui. Nous nous promenons dans les alentours, obelisque, serpent colonne, le ville est riche de traces anciennes, voyons la statue d’Atatürk dans le parc autour du palais Tokapi et je comprends mieux pourquoi les gens se font photographier devant. Nous reprenons le métro pour rentrer, profonds escaliers roulants, larges couloirs, quais immenses et trains très longs, dimensionnés pour véhiculer les 17 millions d’habitants et pas mal de touristes. Passage dans la rue Istiklal toute proche, beaucoup de monde, nombreuses enseignes, librairies, cinéma et dans les petites rues à côté une vie parallèle, hôtels, petits commerces, bars.
Mosquée bleue 

Le bosphore 
Beyoğlu depuis le bosphore 
Rue Istiklal 
Restaurant

le cycliste et sa monture à l’arrêt
