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J75. Palerme. 17 juin.
Jeu de piste pour entamer la journée, nous avons aperçu le mer hier au bout de la rue, nous partons à pieds localiser le terminal d’embarquement pour Cagliari en Sardaigne. Nous tombons d’abord sur le port de plaisance, la carte indique que c’est plus loin, le flot de véhicules bien chargés du sol au dessus du plafond, laisse à penser que c’est la bonne direction, nous progressons et voyons une enseigne de la compagnie qui nous a vendu le billet, au guichet on m’indique qu’il n’y aura pas besoin de s’enregistrer demain et que le terminal est plus loin, nous finissons par atteindre la guérite d’entrée qui contrôle les véhicules allant vers Tunis, d’où les voitures coiffées de vélos et réfrigérateurs, c’est là que commencera le voyage vers le ferry. Avec quelques kilométres dans les pattes, nous repartons vers la ville, le passage dans les rues, la découverte de monuments, le mélange des styles est pour moi, déjà un spectacle, dans un parc c’est un Ficus magnolioide impressionnant, très haut et large, ses branches se replantent pour former de nouveaux troncs, la végétation est luxuriante ici. Nous entrons dans une rue où le marché s’est installé, la foule est là, légumes, fruits, poissons, plats préparés, les étals sont alléchants, les vendeurs font de la retape, ça cause fort et chantant, spectacle de rue aussi. Plus touristique, nous rejoignons le quartier de la cathédrale qui vu sous un angle différent est encore plus impressionnante, puis le palais des Normands et la Porta Nuova qui ressemble plus à un arc de triomphe avec ses statues et sculptures. Attiré par la visite sur son toit, je me laisse tenter par une visite de la cathédrale, je sollicite une place avec réduction plus de 65 ans, le guichetier ne m’invite pas à le prouver et prévient qu’il y a une centaine de marches à monter, pas bon signe pour mon apparence. La cathédrale est un exemple de mélange de styles occidental, byzantin et islamique et dénote la coexistence de peuples d’origines et de religions diverses (musulmanes, byzantines, latines, juives, lombardes et françaises), on parle de syncrétisme multiculturel. Durant la visite, les files sont bien organisées, nous ne sommes pas nombreux et on ne se croise pas dans les escaliers, belle vue sur les alentours jusqu’à la mer et les montagnes, je me rends également dans la vaste crypte qui abrite de nombreux sarcophages. Je termine par l’intérieur de l’église plus classique, la célébration d’un mariage se termine, les beaux habits laissent place au débraillé touriste, le talon aiguille à l’espadrille, et dans une nuée de pétales rouges et paillettes dorées, le convoi nuptial rejoint les belles italiennes rutilantes, on a le souci des traditions en Sicile.

Marché 
Marché 
Porta Nuova

Palais des Normands 
Cathédrale 
Cathédrale 

Du toit de la cathédrale 
Du toit de la cathédrale 
Mélange des styles

Crypte 
Crypte 
J’ai bien apprécié le gisant pas trop gisant -
J74. Mussomeli -> Palermo. 16 juin
La soirée d’hier était froide, ventée et dans la nuit j’entendais les rafales qui mugissaient au dessus de notre hébergement situé sur les hauteurs, ce qui avait le don de m’inquiéter pour l’étape du jour, tous les cyclistes le disent le vent vient toujours de face, en fait quand je l’ai dans le dos, je ne dis pas qu’il y a du vent, je me trouve en forme, donc ce matin je craignais pour ma forme. Départ vers la ville de Mussomeli, coup d’œil sur ces paysages grandioses, première pente à côté du vélo, les rues sont raides, puis nous changeons de vallée, la route nous montre ce vaste panorama, que j’apprécie encore plus quand je n’ai pas le nez dans le guidon. Au bout de 15 kilomètres, nous rejoignons la nationale, plutôt le bas-côté quand il y en a, à l’abri de la circulation, nous ne la quitterons qu’à l’entrée de Palerme, le paysage est beau, nous sommes encore au milieu des montagnes, les pentes ne sont pas moins belles, mais le bruit récurrent des véhicules gâche mon plaisir. De nombreux chantiers ponctuent la route en la rétrécissant et là mieux vaut redoubler de prudence, car l’automobiliste lui veut doubler quoi qu’il en soit. Pour coller à mon actualité, j’écoute Palermo holiwood de Benjamin Biolay dans la débandade qui chante « Bientôt, le plus tard j’espère, Je fumerai les cîmes, et les mauves amers, par la racine » et je le crie aux fous du volant, oui le plus tard possible. Je triche un peu car Biolay parle de Palermo Holiwood en Argentine, bel album, un bon compositeur. Quelques kilomètres avant l’arrivée, nous sortons de la nationale pour prendre une rue sans revêtement, ça secoue mais nous sommes seuls et enfin entrons dans la ville au milieu du trafic, ralentir, vigilance extrême, attention aux portières qui s’ouvrent, aux véhicules qui déboitent, à ceux qui doublent pour se rabattre et tourner devant ma roue, aux intersections, aux ornières etc. , je ne me risque pas à passer au feu rouge. Le vélo rangé, je m’émerveille devant la richesse historique et architecturale de la ville, partout dans le centre très animé l’œil est attiré par cet ensemble italien. Une belle ville dans laquelle nous allons passer la journée demain.
Mussomeli-> Palermo 97 km dénivelé 875 mètres .
Au dessus de Mussomeli 
Sortie de Mussomeli 
Arrivée à Palerme 
Palerme 
Palerme 
Palerme 
Palerme -
J73. Calascibetta -> Mussomeli. 15 juin
Ce matin, comme tous les matins, séquence « j’ai bien tout mis » je range mes affaires dans les sacs, puis les sacs dans les sacoches, puis phase « n’ai-je rien oublié » et pour finir quand tout est sur le vélo, retour en arrière et coup d’œil circulaire « il ne reste vraiment plus rien » et en général je me dis, s’il y avait une vache dans le couloir, je ne la verrais pas, eh bien ce matin je ne l’ai pas vue, c’est 20 kilomètres plus tard que je me suis rappelé que je n’avais pas mis ma lampe frontale dans le sac adéquat, donc toutes mes précautions et vérifications ne servent à rien, c’est néanmoins, je crois, le premiet oubli. L’étape d’aujourd’hui s’annonçait rude, elle l’a été. Le début a ressemblé à la journée d’hier, nous avons descendu ce que nous avions monté et monté ce que nous avions descendu quelque temps puis traversée de Enna, la ville que nous apercevions depuis Calascibetta et passage dans des paysages similaires à hier, vallée large. C’est à partir de Caltanissetta que le panorama s’ouvre, nous avons une très large vue sur un ensemble montagneux qui nous accompagnera jusqu’à notre arrivée. Nous logeons à Mussomeli, en hauteur, une longue côte y mène, nous prenons la nouvelle voie, un peu plus longue, moins abrupte, je m’arrête sous l’averse assez courte avant d’atteindre la ville, désertée elle aussi, sa situation et son isolément relatif y participent certainement.
Calascibetta -> Mussomeli 88 km dénivelé 1375 mètres





Caltanissetta 
Caltanissetta 










Château de Chiaramonte Castello Mafredonico 
Château de Chiaramonte Castello Mafredonico 
Mussomeli 
Mussomeli 
Mussomeli

Mussomeli -
J72. Messine = Catania -> Calascibetta. 14 juin
Début de la journée en train pour nous rendre à Catane avant d’enfourcher les vélos. Nous avons pris les billets hier, pendant que Pierre faisait la queue au guichet, je tentais sans succès d’extraire le sésame de l’automate, quand un employé nous a invités à aller à la boutique, qui en fait est le marchand de journaux et autres babioles vendues dans les gares, pas évident. Ce matin, ascenseurs bienvenus à Messine pour emprunter le sous-terrain, montée dans le train à la force des biceps, secours apprécié par mes petits bras . Le train est confortable, pas très rapide, les arrêts sont nombreux, nous longeons la mer, la côte est bien urbanisée, je m’étonne de cette île, grande comme un pays. Arrivés à la gare de Catania, pas d’ascenseur pour descendre et monter les vélos, c’est encore Pierre qui s’y colle. Comme ces jours-ci lors des aléas et de la course entre les différents transports, je pense à Phileas Fogg, on pourrait croire que Pierre est Jean Passepartout avec sa force et sa souplesse, pour autant son côté méthodique et organisé le fait aussi pencher vers Fogg, notre voyage fait un peu plus de 80 jours, dommage pour le roman. La circulation dans Catane ressemble à l’Italie, si la route sur laquelle je suis est prioritaire, faire très attention, les autres ne le savent pas forcément, il faut dire que le vélo n’est pas considéré comme un vrai véhicule, on peut griller les feux, aller à contresens sans que ça choque les policiers, donc pour entrer sur le grand rond-point au sortir de la gare, j’attends un peu et le flot ne se tarissant pas, je me lance. Notre étape du jour un peu longue nous fait aller d’est en ouest à l’intérieur des terres, la ville s’étale assez loin, puis nous passons dans les vergers, ils sont tous clos, je réussis à subtilier une orange oubliée sur l’arbre à travers le grillage, ce sera la seule. Par la suite, nous passons au bas des montagnes, la plaine et les pentes font désert, on pourrait se croire dans les vallées de l’ouest américain, pas de villages, quelques habitations en ruine, des engins moissonnent le blé, les rares troupeaux sont de vaches ou de moutons, pas bison semble-t-il. La route est en dents de scie, d’abord scie à métaux, puis à bois, ensuite à bûches et pour finir dent de requin, nous finissons dans la montagne, une averse nous surprend, heureusement courte avant d’atteindre Calascibetta, nous sommes un peu en dessous de la ville posée sur un éperon rocheux, elle fait face à Enna située sur la montagne d’en face, deux villes qui se méritent. Le temps s’est bien refroidi, le soir nous sommes dans le brouillard.
Catania -> Calascibetta 95 km dénivelé 1115 mètres

Vue du train 
Vue du train 
Vergers 
Vergers 





Calascibetta 
Enna 
L’orage viendra-t-il ? 
Paon près de l’hébergement
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J71. Corigliano -> Paola = Villa san Giovani ~ Messine. 13 juin
L’objectif du jour est de rejoindre la ville de Paola à vélo, puis train jusqu’à Villa san giovani, ferry pour traverser le détroit de Messine jusqu’à la ville éponyme où nous logerons. Départ au petit matin, on emprunte la route d’arrivée de la veille sur quelques kilomètres, un peu frustrant, mais on ne peut pas toujours être hébergé sur un rond-point ou dans un carrefour. Début facile, quelques travaux, circulation alternée, interrogation vaut il mieux partir au feu rouge au risque de croiser les véhicules arrivant en sens inverse ou attendre le feu vert donc empêcher de doubler les véhicules qui arrivent derrière et gêner ceux d’en face puisque notre vitesse limitée ne nous permet pas la traversée sur la durée dudit feu vert, seul chapgpt pourrait me sortir de mes cogitations, je n’ai pas le temps, j’avance. Des panneaux annoncent une route pour cyclotouristes, la montée n’est pas loin, agréable au début, je trouve la suite sur une large voie souvent droite moins fun, les tunnels épargnent du dénivelé, mais le bruyant passage des voitures est pénible. Le paysage est vert, la vue depuis le passage des ponts est parfois vertigineuse, pas question de s’arrêter pour une photo, ce serait trop dangereux. En haut, nous sommes réellement dans les nuages, la température a fraîchi, il tombe quelques gouttes de pluie, traversée de Terme Luigiane, forte odeur d’hydrogène sulfuré, on y soigne maladies de peau et respiratoires. Nous retrouvons la chaleur à Paola, depuis le quai de la gare, j’escalade laborieusement le marchepied avec mon chargement, peinant à accrocher le vélo, de bonnes âmes m’épaulent, puis le train longe la mer, belle vue sur les plages, passage dans la campagne, tunnels, viaducs dans la montagne, c’est fou comme le paysage défile depuis un fauteuil. A Villa san giovani, la gare est en travaux, sauf les escaliers bien présents pour sortir les vélos. Au guichet, nous apprenons que notre billet acheté à Paola ne permet pas d’embarquer dans le ferry avec les vélos, nous devons prendre une autre compagnie pour atteindre Messine. Pendant la courte traversée, nous parlons avec un jeune cycliste belge de Mons, passé par les Vosges, les Alpes, la Suisse, il a parcouru 200 kilomètres par jour en moyenne pour arriver en Sicile, chapeau. Messine, c’est bien l’Italie, circulation intense, klaxons, couleurs douces sous le soleil. Nous allons jusqu’au centre, la cathédrale est immense, son campanile héberge une horloge astronomique, aux cotés de nombreuses statues, l’intérieur est très décoré, son histoire est faite de construction, destruction, reconstruction.
Corigliano -> Paola 85 km dénivelé 900 mètres
Départ de Corigliano 
Arrivée près de Paola (photo du jour dit Pierre, j’ai failli ne pas voir) 
Ferry pour Messine 
Ferry 
Cathédrale de Messine 
Cathédrale de Messine 
Cathédrale de Messine 
Place et habitations à Messine
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J70. Policoro-> Corigliano. 12 juin
Petit déjeuner sur la terrasse du chalet, la vie en camping a du bon avec le beau temps et le silence du matin. Étape un peu longue aujourd’hui, une montée dans le début et le reste en dent de scie, voilà ce que nous indique le profil de la route, nous nous apercevons un peu plus tard que nous avons fait un détour « obligatoire » de 15 kilomètres « réservé » aux cyclistes, car la route nationale qui passe près de la mer doit nous être interdite. Partis de la mer, nous remontons le long du fleuve Sinni pour le traverser avant de revenir plus près de la mer sur la route qui chemine entre la voie ferrée, qui n’a pas fait de détour non plus et la nationale. Nous voyons à nouveau la ville perchée et comme posée sur la montagne, nous tournons autour depuis hier, elle m’intrigue, sans réussir à la localiser avec certitude sur la carte, je penche pour Colobraro. Lors de la descente vers la mer, les vergers défilent, mon tempérament de cueilleur-glaneur ne peut pas résister, je ramasse quelques abricots qui jonchent le sol, petite déception ils sont encore durs malgré la couleur engageante, puis ce sont les citronniers chargés de gros fruits, j’en entame un, le pelant comme une orange, un peu acide, mais agréable. Arrêt pique-nique à Rocca Impériale marina, sur un banc ombragé devant la gare qui abrite aujourd’hui la police municipale. La route n’est jamais bien loin de la mer qui déploie son bleu éclatant, c’est plaisant, côté montagne, j’entends pour la première fois le chant des cigales, nous sommes bien dans le sud, en Calabre maintenant. Dilemme plus loin, la route est coupée dans 2,5 km, déviation pour tous les véhicules par la nationale dont le panneau d’entrée indique interdit aux vélos, nous bravons l’interdit et n’aurons que peu de circulation, ouf. Villapiana, petit crochet vers la plage, pas très fréquentée, les supports de parasols en location sont vides, la fraîcheur relative fait du bien. La dernière partie du trajet est moins agréable, route un peu étroite, beaucoup de voitures, nous arrivons sans encombres à Corigliano, rien de notable non plus.
Policoro-> Corigliano 97 km dénivelé 495 mètres
Fiume Sinni 
Colobraro ? 
Colobraro ? 
Verger 
Citronniers 
Château en bord de mer 


La montagne n’est jamais loin -
J69. Laterza -> Policoro. 11 juin
Première journée en Italie avec pluie, la seconde nous en promettait en milieu de journée, ce fut fait, mais cette fois nous nous sommes abrités dans l’entrée d’une maison abandonnée avant l’averse orageuse, donc nous sommes restés au sec. Bon petit déjeuner italien avant le départ, nous sommes parés pour affronter une étape pas aussi facile que nous l’avions imaginé, quelques courtes côtes nous ont un peu surpris dans notre mouvement, pas au point de briser notre élan. Démarrage dans la campagne inhabitée, juste quelques grandes fermes isolés, bâtiments cubiques, souvent une tourelle crénelée au centre, portail ou pilier monumental à l’entrée, oliviers, vigne, vergers se succèdent, la route est facile jusqu’à Ginosa, localité précédée par la gravina, une large fissure naturelle surgie après un relief de plaine. Nous apercevons quelques vestiges d’habitations troglodytes, avec le relief légèrement plus tourmenté, le centre historique nous échappe. Avant d’atteindre Bernalda, la chaleur aidant, les montées m’arrachent un peu de sueur, nous parcourons la ville, un coup à droite, un coup à gauche, les sens interdits alternent avec les panneaux de flèches bleues, labyrinthe ralentisseur, belle vue sur la vallée, le palazzo Margherita est caché par les arbres pour la photo, il appartiendrait à Coppola. Nous atterissons sur une petite place pavées qui abrite une église fermée et un château, endroit sympathique pour le pique-nique du matin. La suite du trajet est moins digne d’intérêt, l’orage éclate, nous sommes abrités à temps, plus loin, un pont cyclable bien caché nous fait tourner en rond avant de prospecter Policoro, commune de notre hébergement qui lui se situe dans un camping, près de la mer Ionienne maintenant, dit la carte. La plage est une plage de sable, le bord de mer bordé de parasols, de restaurants, je parcours la jetée à vélo, le soleil est revenu.
Laterza -> Policoro 80 km dénivelé 475 mètres
La gravina Ginosa 
La gravina Ginosa 
Vue de Bernalda 

Bernalda 
Vue depuis Bernalda 
Bernalda 
Église de San Bernardino da Siena Bernalda 
Chateau Bernalda 
San Bernardino, patron des funambules ? 
Policoro Castello Baronale 
Castello Baronale -
J68. Bari -> Laterza. 10 juin
Retour en Italie après une nuit en mer, la chaleur est déjà bien présente sur le pont à 6h30 après le café national dans un dé à coudre, bon et fort, mais court pour moi. Depuis le pont supérieur, je suis le mouvement du ferry qui longe la côte pendant un long moment, se rapproche des paquebots de croisière, immeubles flottants à côté des immeubles du front de mer, puis attente d’accostage, tout le monde se masse dans les escaliers. On récupère les vélos, passage prioritaire à la douane pour les ressortissants européens, nous nous mêlons à la circulation de Bari, d’abord près des plages, puis nous entrons dans la ville, je retrouve avec plaisir cette atmosphère italienne, faite de douceur, sauf sur la route ! A Adelfia, halte sur une placette, des bancs nous tendent les accoudoirs près de la fontaine, les habitants viennent remplir les bidons d’eau fraîche, je fais de même. L’ocre des pierres se décline en différentes formes dans un mélange de constructions qui forment un ensemble harmonieux, des voix s’élèvent et se répondent dans la rue, depuis les fenêtres, les portes, musique d’ambiance. La pluie prévue faible s’annonce un peu plus pressante, c’est bientôt l’été, je refuse de mettre la cape … jusqu’à Acquaviva delle Fonti, je suis trempé, on s’abrite sous un porche et je mets des vêtements un peu plus chauds. Je patiente, repars mieux couvert, petit tour vers la cathédrale sur les conseils de Pierre, la pluie cesse. Nous nous retrouvons sur une petite route de campagne, champs entourés de murs en pierre sèche, balles de foin, quelques arbres, un vrai bonheur de cycliste. Arrivée à Laterza, la ville est déserte, peut-être l’heure de la sieste, nous nous arrêtons sous la halle, près du chateau, il semble que des festivités soient prévues car le centre sera bloqué ce soir indiquent des affiches, notre hébergement est à l’extérieur, nous n’en profiterons pas.
Bari -> Laterza 69 km dénivelé 590 mètres
Embarquement dans le port de Durrës 
Lever de soleil près de Bari 
Approche de Bari 
Port de Bari 
Bari 
Adelfia 
Route de campagne 
Petite route comme je les aime à vélo -
J67. Tirana -> Durrës. 9 juin
Petite étape aujourd’hui pour rejoindre le port de Durres et le ferry qui nous transportera à Bari en Italie, pincement au cœur quand je me souviens de la traversée inverse qu’Hélène a faite il y a quatre ans, moment d’émotion quand elle était montée dans le car qui la conduisait à l’embarquement et vers son projet. Quant à nous, sur les 40 kilomètres de route, la moitié est la sortie de Tirana, quand l’autre moitié est l’entrée de Durrës, deuxième ville la plus peuplée d’Albanie, ce qui ne change pas grand chose, c’est une suite ininterrompue de locaux d’activités professionnelles ou commerciales, la circulation est heureusement modérée. Arrivés à Durres sous un beau soleil, nous repérons avec peine le labyrinthe qui conduit au terminal ferry et rassurés partons à la découverte, le château soit une tour puis des fortifications qui montent dans la ville, un amphithéâtre romain dont des fouilles sont en cours, vaste espace préservé autour des habitations. Nous montons vers un promontoire qui offre une vue circulaire sur la mer bleue et la ville qui s’étend, cité balnéaire oblige. Quelques cyclistes saccochards convergent vers le port, nous conversons avec un couple de Lyonnais qui prendrons le même bateau que nous, venus par l’Italie depuis le mont Genevre, ils ont parcouru les Balkans. Pique-nique en bord de mer, difficile de trouver des sièges dans un endroit ombragé, les abords sont bien occupés, je n’ose penser ce que ce doit être en été. Courses, change, deux gros billets contre deux petits, nous décidons de nous poser près du terminal ferry, l’attente sera un peu longue jusqu’au départ à 22 heures, puis nuit en mer.
Tirana-> Durrës 40 km

Redon, dieu de la mer 
Amphithéâtre Durrës 
Front de mer Durrës depuis les hauteurs de la ville 
Port de Durrës -
J66. Tirana. 8 juin
La première image que je garde de Tirana, c’est l’immense place Skanderbeg, héros national de résistance à l’empire Ottoman, dont on a célébré les 500 ans de la mort en 1968 par une monumentale statue équestre, le lieu au centre de la ville et du grand boulevard est assez étrangement déserté en son milieu qui paraît vide, trop grand peut-être, les gens ont tendance à le contourner par les côtés. Autour de nombreuses hautes constructions en cours d’achèvement, je sens de la recherche architecturale en plus de la taille qui en impose, une recherche d’unité, d’identité pour une ville qui a peu de bâtiments anciens. La mosquée Et’hem Bey et la tour de l’horloge paraissent un peu perdues dans cet environnement de gigantisme. La circulation est intense, le klaxon omniprésent dans les embouteillages, mais la règle est qu’on respecte les nombreux promeneurs sur les passages piétons. Dans la partie qui accueille présidence et ministères, ce sont des constructions neoclassique ou staliniennes, la grande mosquée Namazgah est en cours de construction, la cathédrale moderne Saint Paul dont la statue de mère Térésa, Albanaise, accueille le visiteur, est très récente. Proche de ces monuments, je m’étais promis hier de gravir les pentes de la neo-pyramide blanche, mais son accès est interdit lors de notre passage du jour. Autre particularité de la ville, un goût pour l’art moderne, dont on trouve quelques œuvres dans la ville. Nous sommes allés jusqu’au grand parc de Tirana, balade à travers les allées qui sillonnent l’endroit très fréquenté et un peu frais sous l’ombre des arbres. Dans les rues des bouquinistes, dont un tout proche de notre hébergement propose quelques exemplaires de mein kampf. Pour le promeneur, nombreuses terrasses de bar, des petits commerces de bouche, restauration rapide, fruits et légumes, une ville jeune, moderne, qui se transforme pour, entre autres, accueillir le touriste. Demain nous quittons l’Albanie pour rejoindre l’Italie, le voyage continue.

monument de l’indépendance dans le parc Rinia 
Vue du lac du grand parc 
Vue du lac du grand parc 
Vie de la ville depuis le lac du grand parc, au loin les montagnes 
Pont des tanneurs

le cycliste et sa monture à l’arrêt
