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Jour 3 : 1er mars, Pénestin -> Redon
Quand on regarde la carte, le trajet est une assez courte étape le long de la Vilaine pour nous conduire jusqu’à Redon. Réveillé par un fort coup de vent puis par une grosse pluie, je me dis que la journée ne sera peut-être pas un long fleuve tranquille. La pluie ralentit puis cesse avant d’enfourcher nos montures elle aussi douchées, j’enfile par précaution les vêtements de pluie, le vent souffle, il nous est favorable c’est déjà ça et la pluie nous épargnera. Nous rejoignons rapidement les hauts de la Vilaine, puis c’est sous le soleil que nous l’admirons au petit port de Trehiguier, puis nous remontons sur les hauteurs pour ensuite descendre vers le barrage d’Arzal,. Arzal a été construit pour réguler le cours du fleuve, éviter les inondations et créer une réserve d’eau potable, dans le même temps il a permis le développement de la plaisance et en plus des ports bien occupés, nous verrons quelques terrains campings, la mer n’est pas si loin. Pendant une partie de la journée nous ferons des allers et retours entre le haut du versant et la vallée, monter puis descendre et recommencer. Nous suivons la véloroute bien balisée comme hier sur des revêtements stabilisés passant par des paysages arborés ou bocagés, à peine quelques passages boueux et humides, j’apprécie. Depuis les hauteurs de la Roche Bernard, « l’ancien » viaduc, souvent aperçu depuis la route nationale, étire ses deux pylônes blancs vers les nuages, les bords du fleuve sont beaucoup moins animés qu’en juin 2020, quand j’avais fait une échappée post confinement, les quais sont seulement parcourus par un vent glacial qui nous invite à chercher dans la ville haute un abri, ce sera une terrasse de café après la courte mais rude montée aux côtés de nos vélos. Petite collation, ainsi ragaillardis nous reprenons la route, on se rapproche de la vaste plaine de la Vilaine, moins de relief pour rapidement atteindre les marais, nous appréhendons un peu, mais aucune inondation ne vient couper notre chemin même si comme partout l’eau remplit fossés, ruisseaux et détrempe la terre des champs, passablement immergées les cultures souffrent. Quelques kilomètres avant Redon, écluse des Bellions, le canal de Nantes à Brest rejoint la Vilaine et je découvre que ledit canal se jette deux fois dans la Vilaine, une fois aux Bellions donc et plus loin à Saint Nicolas de Redon après un chenal latéral que nous suivrons pour terminer notre étape, la raison est la marée qui avant la création du barrage d’Arzal ne permettait pas de rejoindre le fleuve selon la hauteur de l’eau. A Redon, l’abbatiale est en travaux et inaccessible, nous voyons juste son clocher séparé de l’église par le bâtiment de la mairie, religion et administration cohabitent depuis longtemps en Bretagne.
Pénestin – Redon : 64 km, dénivelé 525 mètres

Trehiguier 
Trehiguier sous le soleil du matin 
Arzal 

La Roche Bernard 



Ecluse les Bellions 
Ecluse les Bellions 
Clocher de l’ancienne abbaye Saint-Sauveur de Redon depuis le cloitre 

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Jour 2, 29 févier : Trignac -> Pénestin
Départ de Trignac vers le front de mer à Saint Nazaire, le soleil nous accueille, sportifs et promeneurs foulent la promenade qui ouverte sur la mer a éloigné les véhicules, ces transformations ont bien changé la face de la ville. Nous longeons la côte au milieu des habitations, Saint-Marc, Pornichet seules quelques rares trouées nous font apercevoir la mer, le voyage est néanmoins agréable sur ces routes peu fréquentées, puis la Baule que nous quittons pour rejoindre Guérande, cité fortifiée, petit arrêt et direction le marais bien calme, seuls les oiseaux foulent la vase des œillets pas encore apprêtés pour la récolte du sel, la chanson de Servat résonne dans ma tête, quel panorama rend-il avec justesse dans ses mots, la tour de Saint Guénolé, phare que je repère de loin, « le manteau d’Arlequin où les œillets se fendent » évoque la mosaïque de cet espace mystérieux au profane. La Turballe, ville familière également, nous arpentons la longue jetée récemment consolidée avec d’énormes blocs de granit ou de béton, pourra-t-elle toujours résister aux assauts de la mer et protéger ce port de pêche ? A partir de Piriac la petite cité de pierre, je sens l’influence de la Bretagne dans la toponymie et le GPS devient indispensable pour s’orienter dans cet ensemble de anses et pointes tourmentées par la mer, de leur côté les hommes installés ici, ont façonné la géographie des marais au fil de siècles, occupation et cohabitation longue, aujourd’hui ce sont les activités de loisirs et tourisme qui priment sur l’aquaculture , résidences aux volets clos apparemment inoccupées, nombreux champs de mobil homes enchevêtrés dans l’attente de l’estivant. Pointe de Kercabellec, Mesquer, Quimiac, dédalle de chemins et petites routes, endroits connus et parcourus toujours avec plaisir, notre circuit est plaisant et la météo nous a ménagés, un peu de pluie froide, quelques passages boueux jusqu’à l’arrivée à Penestin, entrée dans le Morbihan, nous foulons la Bretagne administrative, mais nous étions déjà, que valent les limites et les frontières sur l’esprit de ses occupants. Douche froide à l’arrivée, la porte de l’hébergement est fermée, nous resterons à grelotter jusqu’à ce que Pierre ait l’idée de pousser la porte du bar tout proche, douceur de la salle, puis de la bière. La petite maison enfin ouverte, nous nous ruons sur le thermostat des radiateurs, le refuge est sympathique et bien aménagé.
Trignac – Pénestin 84 km dénivelé 575 mètres

mémorial de la guerre de 1914-1918, en l’honneur de l’armée américaine , réplique reconstruite en 1989 suite à sa destruction en 1941. 
Promenade (ramblas) Saint Nazaire 
Vue sur le pont de Saint Nazaire, que je n’ai pas voulu emprunter 
Guérande 
Kerkabellec 
Kerkabellec 
Un moulin et un cycliste photographe -
Tour en Bretagne
Jour 1 le 28 février : La Chapelle sur Erdre -> Trignac
A peine sorti du défi railcoop entre Bordeaux et Lyon dont il suit de loin la progression (le grand defi railcoop) Pierre nous embarque dans un trobreizh cycliste, un tour de Bretagne à vélo.
Pour cette première étape qu’il avait tracée par le sud Loire en partie le long du canal de la Martinière, je n’étais pas rassuré par la perspective de traverser le pont de Saint Nazaire, aussi j’avais proposé de prendre un itinéraire nord Loire avec passage par les marais Audubon de Coueron, dans lesquels je craignais certes la submersion en l’absence d’information fiable, nous avons néanmoins tenté et réussi l’aventure.
C’est ma première randonnée de l’année, je ne suis pas très entraîné, le relief est inexistant, ça devrait rouler. Passé le début du parcours un peu encombré par la circulation, nous atteignons les marais de Coueron et la pluie mouille un peu les lunettes et instruments de navigation, la météo annonçant une journée sèche nous aurait-elle trompés ? Rapidement nous longeons les champs remplis d’eau qui parfois recouvre la route, nous pédalons en essayant de garder les chaussures au sec. Ibis, aigrettes et hérons cendrés ont remplacé les troupeaux et les hérons garde bœuf sont un peu orphelins, hallucination ou pas, j’ai cru discerner une fritillaire pintade. Il ne pleut pas trop, le panorama est large et la route bien agréable, nous sommes un peu les seuls humains. A
Cordemais, nous nous dirigeons vers la villa cheminée à côté de la centrale charbon bien silencieuse en cette heure de midi, pique-nique dans le froid devant cette Loire immense, avec laquelle nous jouions à cache-cache. Plus loin, Lavau port, l’eau est loin aujourd’hui, l’endroit a gardé le nom et ce ne sont que marais désertés pour atteindre la Loire où quelques chenaux refoulent l’eau de la pluie puis avalent la marée à son rythme, la main de l’homme a aménagé et transformé ces espaces pris sur la tourbe. Donges, les cheminées de la raffinerie nous accueillent derrière grillages et barrières, quand les odeurs industrielles d’hydrocarbures saturent l’air, puis nous entrons dans la ville. Détruite bombardée en 1944 et reconstruite plus loin, sur la grande place, quelques restes de l’ancienne église sont exposés à côté de la nouvelle, haut clocher, nombreuses scènes religieuses sculptées en façade. La route nous amène dans la campagne avant le retour vers Saint Nazaire. Sur le site des chantiers navals de Penhoet, c’est l’heure de la débauche, armée cosmopolite coiffée de casques bleus s’associant en petits groupes linguistiques avant de disparaître dans les véhicules. Nous jetons un œil sur les bâtiments en construction, pas de super géant des mers en ce moment semble-t-il, un futur paquebot dans sa forme définitive de plusieurs étages, manipulé par ses servants patiente avant de s’élancer sur les flots, pour l’instant le bruit des outils domine.La Chapelle sur Erdre – Trignac 95 km, dénivelé 430 mètres

Marais de Couëron 
Marais de Couëron 
Vu sur la centrale de Cordemais 
La villa cheminée à Cordemais 
Lavau port 
église de Donges -
Une faim d’aventure
Comme un matin, vélo chargé tôt, premiers tours de roues dans la fraîcheur des rues désertes d’un dimanche, repérer la gare, les quais, explorer Toulon, le soleil levant illumine les façades, fait scintiller le bleu de la rade, bateaux en attente d’un ailleurs. Matin particulier, le train nous transportera jusqu’à Nantes, la journée pour traverser la France, partis il y a trois mois au seuil de l’hiver, l’été nous ramène à la maison. Hier le ferry depuis la Sardaigne est parti et arrivé en avance sur l’horaire, au moins un véhicule n’a pas pu embarquer, c’était une de mes peurs, rater le bateau, heureusement avec Pierre tout est millimètré, nous étions parmi les premiers à garer nos vélos et en avance à la sortie. Par rapport au train, le ferry a l’avantage d’offrir de larges portes sans marchepied et le personnel de Corsica Ferry est efficace, trajet sans souci. Table d’hôtes le soir, outre le bon et copieux menu, nous sommes heureux de croquer dans la baguette fraîche, c’est meilleur que le pain de mie. L’heure approche, le train pour Lyon part de la voie une, pas de souterrain, je repère sur le quai le numéro de la voiture réservée, entame la discussion avec un jeune cyclotouriste qui revient de Corse et propose de m’aider à l’escalade si besoin. A l’arrivée du TGV, montée assez facile, vélo, sacoches, pas de bousculade, 4 vélos 4 cyclistes installés, tous vont à Lyon, ouf pas de partie de pousse-pousse en vue. Lyon, nous changeons de gare, là partie de Tetris, 3 ascenseurs pour amener les vélos sur le quai sans prendre d’escalier, niveaux 2, 1, 0, 1, enfin dans le train, parés pour le parcours diagonal, avec l’Intercité je peux voir passer les vaches. Balade nocturne pour rentrer à la maison, le vélo retrouvera son abri, il l’a bien mérité, je le remercie de m’avoir transporté sans plainte.
Les lignes de ce récit partiel et partial sont le reflet de mes humeurs durant ce périple peu ordinaire que je suis heureux d’avoir fait grâce et avec l’aide patiente de Pierre. Content de finir en forme, je mets un point de suspension à ce lien partagé, il m’a soutenu et encouragé, soyez-en remerciés.
Porto Torres 
Le pilote près pour accompagner le ferry 
Porto Torres 
Rade de Toulon, mer et montagne 
FNRS III sous-marin réalisé par Auguste Piccard, servi de modèle à Hergé. 
Le destrier qui m’a permis de ne pas rester en rade. -
J81. Alghero -> Porto Torres. 23 juin
Départ comme je les apprécie, petit matin encore frais, douceur de la lumière, soleil qui montre sous un nouveau jour la ville, j’aime cette ambiance depuis mon belvédère glissant silencieux sur la rue ruisselante du nettoyage de fin de nuit qui efface les restes de la fête. Les petits métiers s’agitent pour redonner à la ville son aspect propre, les sportifs lève-tôt transpirent sur les trottoirs et les chiens libérés de leur cage profitent de la liberté surveillée, ce qui convient au cycliste. Pour cette dernière étape, je suis encore un peu partagé, content de rentrer retrouver famille et amis après une si longue absence et mettre fin à une aventure en dehors du temps et des contraintes du quotidien. La route n’est ni longue, ni difficile, pour rejoindre Porto Torres, j’en profite pour faire de petits détours dans la campagne, c’est tout plat, je pédale gentiment. Arrivé assez tôt, je repère l’embarcadère pour demain et celui de Corsica Ferry est bien indiqué, même si ça ne correspond pas aux coordonnées inscrites sur le billet. La ville est calme, j’en fais vite le tour, mon escapade solitaire est terminée, Pierre me rejoint après un trajet contre le vent, qui lui m’a plutôt poussé. Demain journée dans le ferry, retour en France.
Alghero -> Porto Torres 50 km dénivelé 150 mètres -
J80. Tresnuraghes -> Alghero. 22 juin
Le vent soufflait dans la nuit, et comme nous allons dans la même direction, j’étais assez confiant sur notre compagnonnage du jour, même si la route prend parfois ses aises entre virages et lacets, j’apprécie la poussée qui rafraîchit le dos en aidant la montée. En sortant, c’est la chaleur extérieure qui m’a d’abord surpris, il faisait près de 30° au soleil à 7 heures et la première côte pourtant pas si rude m’a arraché les premières gouttes de sueur, fort heureusement les nuages sont apparus et la température n’a pas atteint les sommets d’hier, par contre la brume a été persistante. Étape pas trop longue, je rejoins d’abord la ville de Rosa, jolie ville touristique dont les maisons colorées entourent le château, petit tour dans la ville encore endormie, puis j’attends quelques minutes l’ouverture du supermarché en compagnie d’un couple de cyclocampeurs polonais qui font le tour de la Sardaigne, ils vont également à Alghero et me doubleront un peu plus tard. Nous nous rencontrerons à nouveau lors d’un arrêt, je croiserai plusieurs cyclovoyageurs, les vacanciers sont là. Bosa est située sur le fleuve Temo, presque au niveau de la mer, tout en bas des montagnes. Ma route se rapproche de la mer, puis c’est la montagne jusqu’à 370 mètres, la suite sera en corniche, une succession de montées et de descentes, pas trop de circulation, beau paysages rocheux, dommage que la brume sur la mer masque l’étendue de la côte. Pas de villages, quelques accès indiqués vers les plages, ce n’est pas surchargé, c’est Alghero qui accueille le tourisme, belle vue sur la ville en arrivant, je me pose à l’ombre à la recherche d’un hébergement, il y a du choix. Alghero est très fortifiée, le centre historique avec ses petites rues, ses vieilles habitations et monuments offre une agréable déambulation, d’autant que la chaleur est moindre ce soir.
Tresnuraghes -> Alghero 57 km dénivelé 890 mètres
En quittant Tresnuraghes 
Vers Magomadas 
Vers Magomadas 
Magomadas 
Magomadas 
Bosa 
Bosa 
Fleuve Temo 
Bosa 
Depuis la route 
Depuis la route 
Sur la route 
La roche comporte de nombreuses cavités naturelles semble-t-il 
Alghero 
Alghero 
Alghero 
Alghero 
Alghero 
Alghero : nuraghe, je m’étonne toujours qu’ils aient traversé les millénaires. -
J79. Torregrande-> Tresnuraghes. 21 juin
Départ au milieu des rizières, moucherons et moustiques dansent autour de moi, je m’attarde pas, j’ai prévu un aller retour vers San Giovanni de Sinis, pour voir l’emblématique nuraghe que j’ai manqué hier. Sur la levée qui surplombe les pêcheries, je sens l’odeur de fenouil abondant et dont les tiges sont hautes, ayant aperçu une tour, je prends un chemin de terre et tombe sur un fameux nuraghe, aucune indication, son accès est libre, je monte au premier étage par l’escalier extérieur, puis sur le dôme par un étroit escalier intérieur. La construction est solide puisqu’elle a traversé les millénaires, issue de la culture nuragique apparue en Sardaigne entre 1900 et 730 av. J.-C., les plus récents ont 3000 ans et si certains pensent que ce pourrait être des tours de guet, il n’y a aucune certitude sur leur origine, la Sardaigne en dénombre des milliers, j’en verrai un plus massif à San Giovanni de Sinis et d’autres au cours du trajet du jour, certains sont devenus un gros tas de pierres. Sur la péninsule de Sinis, c’est une étonnante église paléochrétienne, commencée au VIème siècle donc à l’époque romaine, l’extérieur date du XIème, plus loin, vestiges de la ville de Tharros, bâtie par les phéniciens à la fin de la période nuragique, un nuraghe massif en très bon état culmine sur un rocher voisin, le lieu est superbe avec la lumière du matin. Les plages sont encore désertées, mais au retour, je croise les premiers estivants qui transportent leur attirail de plage, je croiserai au long de la journée les premiers vacanciers, Hollandais et Allemands notamment, venus chercher le généreux soleil, la température montera à 48° me dira le thermomètre de mon compteur, autant dire que j’ai éclusé beaucoup d’eau rapidement chaude. La route traverse ensuite des plantations, oliviers, vignes, un peu de maraîchage, tomates, courgettes, melon, puis en remontant plus rien, d’anciennes oliveraies rendues à la nature et un paysage de causse, végétation rase ou peu élevée, la mer à ma gauche, la montagne en face, l’atmosphère se voile, comme si un brouillard se levait, la chaleur certainement, en dehors des quelques petites villes, c’est très sauvages. Je trouve un hébergement Tresnuraghes, la maison est ancienne, les murs épais, les ouvertures closes, une certaine fraîcheur permet de ne pas avoir la climatisation, c’est confirmé, nous sommes en été.
Torregrande -> Tresnuraghes 76 km dénivelé 730 mètres
Culture du riz 
Pêcherie 
Nuraghe 
Escalier intérieur du nuraghe 
Dôme du nuraghe 
Vue sur la lagune 
Vestige nuraghe 
Nuraghe de Sinis 
Autre ancien 
Église san giovani de sinis 
Église san giovani de sinis 
Église san giovani de sinis 
Péninsule de sinis 
Péninsule de sinis 
Péninsule de sinis 
Vestiges de Tharros 
S’archittu 
S’archittu 
Cuglieri 
Cuglieri 
Ville en bas de Cuglieri 
Sennariolo 
Vers Sennariolo 
Sennariolo -
J78. Uras -> Torre Grande. 20 juin
Refus d’obstacle ce matin devant les étapes prévues pour les quatre jours à venir, Pierre parcourt la montagne et la côte Est, pendant que je me réserve le bord de mer de la côte Ouest, avec trois fois moins de distance, ce qui a motivé le détour que je fais, nous nous retrouverons vendredi à Porto Torres pour le retour vers la France. Notre hôtesse a gentiment accepté de nous servir le petit-déjeuner à 6 heures et nous ne l’avons pas regretté, c’était fin et copieux, ce qui nous a permis de prendre la route au lever du soleil que nous avons vu apparaître, disque blanc, derrière les montagnes. Nous prenons d’abord le même itinéraire pour nous séparer vers Oristano ou dès que Pierre accélérera, nous longeons la nationale sur une contre allée qui doit être l’ancienne voie très peu fréquentée, nous entendons juste le trafic. Nous croisons un espace brûlé, l’incendie doit être récent, quelques fumées s’élèvent encore. Santa Giusta, grand lac, un curieux navigateur de pierre tente de le rejoindre depuis la rive, j’aperçois au loin un flamant rose, étonnamment seul. Avant de rejoindre le bord de mer, je voulais voit un exemplaire de nuraghe, tour typique de Sardaigne, j’en repère une sur la carte aune vingtaine de kilomètres de Orastino, juste avant la montagne, ce qui me va bien, malheureusement je ne verrai qu’un tas de pierres, tant pis, j’ai pu profiter d’une petite route agréable, de villages sympathiques, retour vers Orastino et je me dirige vers Torregrande, ville du bord de mer où j’ai réservé un hébergement. Promenade dans le parc archéologique du golfe phénicien, ce sont des lagunes qui avaient été utilisées en pêcheries, encore en service, en cours de réhabilitation. Retour par le bord de mer, la plage est en plein vent, ça rafraîchit un peu l’atmosphère.
Uras -> Torregrande 83 km dénivelé 280 mètres
Lever du soleil 


Église santa Giusta 
Église santa Giusta 
Église santa Giusta (messe en cours) 
Fresque Orastino 
Fresque Orastino 
Orastino 
Zeddiani 
Tramatza vieux pont romain

Forêt de mimosa d’été 
Phoi 
Phoinix (pêcherie) 
Phoinix (pêcherie) 
Plage Torregrande -
J77. Cagliari -> Uras. 19 juin
Bien que proche de la mer, ce n’est pas le tintement des drisses sur les mâts, mais celui des cordelettes d’échafaudage du chantier voisin battant au vent qui m’accueillent au réveil, le petit déjeuner sur la terrasse le confirme il y a du vent et bonne nouvelle, il sera favorable. Deux jours sans rouler, je reprends le vélo avec plaisir ce matin, un petit cliquetis m’a inquiété un moment, mais quelques gouttes de burette magique sur les roulements de pédales se sont chargées de rétablir le silence sur cette étape assez courte et sans relief. Premier arrêt à San Sperate, plusieurs fresques, scènes villageoises ou d’inspiration religieuse, ces peintures murales ont essaimé ensuite vers d’autres villes dit Wikipedia. Samassi, belle vue sur la ville depuis le promontoire de l’église, en partant nous empruntons la rue Sacco et Vanzetti, l’histoire de ces deux immigrés Italiens m’avait particulièrement marqué quand j’avais vu le film, un plaidoyer contre la peine de mort et les procès expéditifs, l’histoire bégaie quand Mohamed Ben Salmane, reçu en grande pompe en France, fait exécuter ses opposants. J’écoute avec émotion Joan Baez, très engagée dans la défense des droits civiques et humains chanter la version de « here’s to you Nicola and Bart » pour Amnesty. En Italie, nous avons croisé quelques vieux parlant un peu français, émigrés en France et revenus au pays, une pensée pour Cavanna qui a si bien décrit cette communauté dans son livre truculent les Ritals, qui était aussi un hommage à son père maçon illettré. Le vent nous pousse, Sanluri, pause restauration devant l’église, enfin plutôt une église, car ce pays n’en manque pas, à Sardara j’en dénombre quatre si j’en crois les panneaux qui nous invitent à les voir. Uras, ville déserte termine le trajet du jour, j’ai la sensation que ces communes se vident, certes les maisons se protègent du soleil derrièreles volets fermés, mais j’ai vu plusieurs pancartes « vendesi » et les commerces ouverts sont peu nombreux.
Cagliari – Uras 79 km dénivelé 425 mètres
San Sperate 
San Sperate 
San Sperate 
Samassi 
Samassi 
Sardara 
Sardara 
Sardara 
Sardara -
J76.Palermo ~ Cagliari. 18 juin
Journée croisière dans la mer Tyrréhénienne, puisque marins et géographes se sont entendus pour brouiller les pistes et troubler l’eau de la Méditerranée, qui n’a pas besoin de ça, nous en sommes les témoins lointains. La compagnie de ferry nous intimait d’être présent deux heures et demi à trois heures avant, Pierre avait négocié le petit déjeuner à 7h30 auprès de notre gentille logeuse, ce qui nous a permis d’être sur le port à 8 heures, nos vélos rapidement avalés par le mastodonte de métal, le départ prévu à 9h aura 40 minutes de retard à l’allumage pour une traversée de 12 heures. Ambiance tranquille après le rush, les espaces ne sont pas surchargés, chacun prend ses aises sur les différents ponts, nous choisissons le plein air tout en haut près du bar et de la piscine. Au bout de quelque temps, les hauts parleurs diffusent assez fort de la musique, puis après un arrêt bienvenu, à nouveau de la musique jusqu’à ce que les décibels et la chaleur nous fassent nous replier vers l’intérieur climatisé, je verrai un peu plus tard que le bar est disco, l’ambiance n’est pas torride, la fièvre du samedi soir est retombée. Le voyage est un peu monotone, le paysage ne change pas beaucoup, enfin les côtes approchent, je me reconnecte au monde numérique, il n’a pas changé. Longue manœuvre d’accostage, c’est au millimètre près, avant de lâcher les fauves vers la sortie, l’horaire est respecté. Échauffement pour rejoindre l’hébergement, la nuit est tombée, ça monte dans la ville de Cagliari, bienvenue en Sardaigne.

Départ de Palerme 
Arrivée à Cagliari 

le cycliste et sa monture à l’arrêt
