Blog du voyage

  • Vagabonde J8 et fin de Rocamadour à Cahors

    Arrivé au belvédère de l’hospitalet, je profite du soleil levant qui éclaire Rocamadour, trois montgolfières la survole, les lève-tôt sont aux fenêtres pour saisir l’instant. Cette dernière étape qui m’amène à Cahors ne s’annonce pas la plus reposante selon le profil de la route que je consulte et je commence la longue descente en dessous de la cité médiévale, puis une remontée et ainsi de suite jusqu’à Labastide Murat qui doit être le point culminant. Peu de monde sur les routes sauf un rallye de voitures anciennes, il y a une majorité de vieux modèles d’avant guerre en excellent état cosmétique, les occupants sont bien habillés comme de coutume et les conducteurs ne sont pas tous très prévenant avec le cycliste qui peine sur sa monture. De mon côté, lisant les inscriptions colorées d’encouragement personnalisé sur le bitume, je pense aux coureurs des tours de France du début du XXème siècle, leur équipement, l’état des routes, comment faisaient-ils ? Pris par la montée, j’ai lâché la trace vers Carlucet, je m’en aperçois un peu tardivement, je trouve un itinéraire bis qui me conduit à Montfaucon puis à la Bastide de Murat par une toute petite route. Le temps couvert et pas trop chaud a rendu le trajet bien moins pénible, le causse est désert et l’ombre rare. A partir de la Bastide de Murat, descente pour rejoindre le Vers dont je suis longuement la vallée jusqu’à Vers, la route est très encaissée et forme gorges sur certaines parties. Après la montée sur la falaise, je rejoins la vallée du lot jusqu’à Cahors, longeant une ancienne voie ferrée démantelée dont il ne reste que le ballast, je forme le vœu certainement un peu vain, de conserver cette emprise pour un futur ferroviaire. Ce sera pour moi la fin du parcours sur la Vagabonde, itinéraire agréable, sans beaucoup de véhicules, aux paysages variés et sans grande difficultés.

    Vers

  • Vagabonde j7 Beaulieu – Rocamadour

    Rocamadour

    Où est la Dordogne ? Depuis que j’ai quitté Beaulieu, je ne vois pas le cours de la rivière, mais tout m’indique que je n’en suis pas loin tant les paysages ont été façonnés par elle et autour de son cours que l’on soit en Corrèze lot ou Dordogne. C’est une large vallée, assez loin les falaises de calcaire dessinent l’histoire mouvementée de la géographie multi-millénaire, dans la plaine, quelques prairies, mais essentiellement des cultures, maïs, tournesol
    Noyers pas toujours en bon état et peu chargés de brou, quelques châtaigniers aussi. La route est plate, quelques pancartes invitent à rejoindre les rives, le soleil est bien présent, le moindre effort et j’en fais peu, déclenche la sudation. Auriac, église Saint Martial, peintures murales … au plafond et explicatif intéressant, à Saint Denis lès Martel, la falaise s’est rapprochée, un viaduc ferroviaire surplombe le village puis à Gluges, changement de décor c’est un village troglodytique, on se croirait au bord de la Vézère vers les Eyzies, devant l’église un vieil article de journal indique que Edith Piaf a financé incognito la réfection des vitraux. Belvédère de Copeyre, elle est bien en bas la Dordogne, belle vue circulaire. Creysse, joli village, j’engage la conversation avec un couple de cyclistes américains, qui viennent étancher leur soif de vélo en France depuis leur résidence secondaire de Corrèze, leur rayon d’action est large, des Pyrénées aux Alpes en passant par la Corse, ils sont amoureux du pays et des possibilités qu’offre le relief et les infrastructures au vélo. Meyronne, encore un beau village, la pierre ocre et le rouge des toits se reflètent dans l’eau qui charrie quelques embarcations multicolores. Lacave 12h30, j’arrive devant la porte fermée de la grotte, qui ne rouvrira qu’à 14 heures, il faut me résoudre à attaquer l’unique côte qui mène à Rocamadour, éprouvante dit le guide de la Vagabonde et confirmé par l’hôtesse ce matin, je prends une petite collation, m’hydrate copieusement et pédale au moment où le soleil est au zénith, 32° annoncé. Le début est bien raide, 8%, puis c’est plus raisonnable jusqu’au col de Lacave à 295 mètres d’altitude et là autre changement, je suis dans le Causse du Quercy, le contraste est net et saisissant. Par bonheur, la chambre d’hôtes est prête, je peux prendre une douche, un peu de repos avant de rejoindre Rocamadour, à 2km à l’ombre jusqu’au château m’a conseillé ma logeuse. Ce n’est pas la grande foule dans la cité bien impressionnante sur sa falaise dominant le cirque profond, belle balade par le chemin de croix jusqu’au sanctuaire et sa vierge noire, puis les escaliers jusqu’à la rue principale, bordée de commerces, le tourisme c’est une économie, j’y participe.

    Tauriac
    Tauriac
    Tauriac
    Belvédère Copeyre
    Belvédère Copeyre
    Gluges
    Gluges
    Creysse
    Saint Sosy
    Meyronne
    Il faut monter le vélo en haut de la falaise
    Arrivée dans le Quercy
    Paysage du Quercy
    Rocamadour … dans l’ombre
  • Saint Paul -> Beaulieu sur Dordogne

    Départ tôt, pas d’humidité dans l’air, la contrainte du camping le matin, encore une raison de délaisser la tente à replier mouillée me dis-je, je regrette pourtant ces nuits et réveils au ras du sol. Le trajet reprend pour quelques Kilomètres la route de la veille, je remarque mieux les verts fossés moussus, cette heure est la meilleure, pas de fatigue, température agréable et une nouvelle journée à découvrir. Premier arrêt à  la Roche canillac, la ville est construite sur une pente sévère, je gare le vélo pour atteindre à pied, la Roche basse adossée à la falaise au dessus du Doustre, rivière que j’aperçois à peine depuis les courrijou, chemins qui sillonnent la ville. Je remonte à vélo et vers Champagnac la prune puis c’est une interminable descente vers St Basile de la Roche, dans la vallée du Doustre je l’avais montée l’an dernier, je m’auto-félicite pour cette performance,  pendant que je suis arcbouté sur les freins ayant jusqu’à des crampes aux poignets. Nouvelle côte pour rejoindre Argentat et la vallée de la Dordogne, c’est jour de marché, je fais quelques courses, le retour vers la civilisation et les magasins me permettra de moins me charger de nourriture à partir d’aujourd’hui. Le centre ville est agréable, puis  les quais de la Dordogne bordés de vieilles maisons ajoutent au charme. Au sortir de la ville, une pancarte annonce réserve de biodiversité du département, vous croyez que ça va suffire ? Plus sérieusement c’est une bonne idée d’utiliser la surface industrielle d’une ancienne gravière pour restaurer le biotope et protéger des espèces animales et végétales, il faudrait l’élargir, même si la région n’est pas la plus mal placée dans le domaine, il y a beaucoup d’espaces naturels et l’agriculture n’est pas intensive. Vallée de la Dordogne, difficile de déterminer le département, le paysage est typique, vallée étalée cultures, prairies puis se rétrécissant forêt. Je profite d’un petit chemin pour rejoindre la rive pour mon pique-nique, c’est juste à la confluence avec la Maronne, bon moment, quelques canoës crieurs, plaisir de l’eau. Une signalétique m’intrigue, en lettres vertes est inscrit vvp1, je cogite je me dit véloroute voie partagée, ben non c’est voie verte pâle pour favoriser les mobilités douces dit le département, bien ce n’est pas une voie verte puisque c’est une auto-route (j’emploie le terme à dessein, toutes les routes sont réalisées pour les voitures), elle est pâlichonne  parce que la volonté du département est faible, c’est du ripolinage du panneau « partageons la route », petit, vite oublié. Je sais bien qu’il n’est pas possible de faire des voies vertes partout, surtout dans la configuration d’une vallée, mais cette signalétique ne change rien, sachant que la Corrèze a remis à 90 km/h tout son réseau routier. Personnellement, j’aime rouler sur des voies calmes, je ne demande pas qu’elles soient sans voitures, partageons la route, oui mais équitablement et respectons les plus fragiles.
    Petit détour par Brivezac pour voir l’église romane, un véhicule est garé devant l’entrée, au revoir la photo. Bassinac le bas, village pittoresque dit le panneau, ne pas se fier au nom, une rude montée pour atteindre ce petit village sympathique, vieilles maisons en pierre couvertes de toits de lauze, demi-tour et direction Beaulieu sur Dordogne, jolie ville touristique, centre de petites rues aux maisons anciennes, une ancienne abbaye devenue église très grande et belle sur sa place, exposition de peintures dans l’ancienne chapelle des pénitents (pas des drôles), au bord de la Dordogne, baignade et embarcations au mouillage.
    Belle étape assez facile.

    Étang
    La Maronne rejoint la Dordogne
    La Dordogne
    Portail église Brivezac
    Depuis Bassignac le bas
    Beaulieu sur Dordogne, ai loin la chapelle des pénitents
    Bords de la Dordogne
    Église de Beaulieu

  • Bugeat – Saint-Paul

    Parti tôt, j’avais un peu forcé la main à mes hôtes pour que je puisse prendre le petit-déjeuner à 7 heures et sur la route je ne tarde pas à quitter le coupe-vent, il fait déjà chaud dans la montée, il est étonnant de voir qu’il y a des Îlots de chaleur et de fraîcheur, un inexplicable car je ne croise ni vallée ni ruisseau. Le profil de la route indique une première montée jusqu’à  850 mètres d’altitude, puis descente graduelle vers 450 mètres, il aura donc quelques courtes mais parfois raides montées, dont la dernière qui m’amène à mon hébergement excentré du trajet. L’ascension vers le point culminant est agréable, de belles rangées de hêtres jalonnent la route, le pin est néanmoins majoritaire, je me demande quelle était la physionomie de la région avant les plantations de pins que ces terrains en pente. Je fais un petit détour par Lestards, qui me promet un église recouverte de chaume en paille de seigle, devant je m’aperçois que j’y suis passé l’an dernier, comme j’ai aussi parcouru une bonne partie du trajet dans l’autre sens, venant du Puy Mary. Le paysage change imperceptiblement, je ne saurai le définir est-ce les routes plus larges, les champs cultivés un peu plus nombreux, les villages un peu mieux fournis ou tout simplement le soleil légèrement brumeux qui change l’atmosphère. Je passe dans le massif des Monnedières, siège des meilleurs accordéonistes me dit-on à Chaumeil. Je traverse la rivière Corrèze (qui grossit les flots de la  Vézère), encore une côte bien sûr pour s’élever. De temps en temps un bouffée  d’odeur chaude de pins (je crois) me titille les narines, c’est légèrement sucré et assez fugitif.
    Sédières, je ne manque pas de passer sur le site, château, étangs, forêt tout me parle, c’est pour moi retrouver une vieille connaissance, pas besoin de présentations,  comme un souvenir d’enfance qui remonterait dès le premier coup d’œil. Clergoux, puis le dédale de chemin pour arriver à la chambre d’hôtes, où une interrogation m’accueille, ma réservation à été oubliée, heureusement la chambre est disponible, un peu d’attente et c’est prêt. Encore une belle étape, demain direction la vallée de la Dordogne.

    Au dessus de Bugeat
    Lestards
    Lestards beaux vitraux
    Vaches limousines
    Château de Sédieres
  • Peyrat le château-Bugeat

    J’y pensais depuis la veille à la montée depuis Peyrat que j’avais prise dans l’autre sens et au départ ce sont les camions qui dévalent bruyamment, pas vraiment agréable et tout d’un coup le gps m’invite à bifurquer vers une toute petite route un autre voyage, c’est même légèrement enherbée au milieu, tellement bien, je respecte et le paysage que j’aime. Au bout un petit village pas de nom juste celui de la route puis le chemin des poètes, une inattendue boîte à lettres jaune à l’entrée, la poésie n’a pas d’adresse mais s’adresse au monde. Une clairière, un renard est là, la vie est bien présente.
    Beaumont du lac (tiens le village a du être renommé, le lac n’existait pas avant EDF), une petite église, peu spectaculaire, pas beaucoup de fioritures, de la pierre du savoir faire c’est beau. Un dernier tour au bord du lac que j’ai bien contourné depuis hier pour me diriger plein sud et rejoindre la vagabonde, en montant j’ai reconnu des lieux parcourus il y a 4 ans lors du tour de Creuse et maintenant je suis sur les traces de ma balade de l’an passé, ce doit être des endroits que j’aime. Faux la montagne, dans l’ église à côté des disparus à la guerre, des espèce animales disparues et éteintes, éléphant, tortue rhinocéros « cauchemar ma corne d’abondance sexuelle me tua, rhinocéros noir d’Afrique de l’ouest disparu en 2011 » dit la légende. Saint Merd les Oussines, je suis passé en Corrèze, arrêt à l’auberge, repas copieux et pas cher affiché, ça ne me permettrait pas de reprendre efficacement le vélo, d’autant que la dernière ascension un peu sérieuse s’annonce  pour atteindre le point culminant de la journée à 880 mètres. L’auberge propose aussi des chambres, l’an dernier j’avais échoué à trouver un hébergement ici et en plus la Vézère coule en bas. Descente facile vers Perols, puis Bugeat par la route des hêtres qui ont bien souffert, même s’il en reste quelques alignements.

    Paysage de Millevache
    Lac Chammet
    Croix du mouton

    Croix du mouton

  • Felletin-Peyrat le château

    Lavaud gelade

    Matin bien frisquet après une bonne nuit à Felletin,  je mets le coupe-vent et entame les quelques kilomètres de montée pour arriver sur le plateau, à Saint Quentin la Chabanne seule l’église émerge de l’ombre, je ne fais pas le petit détour, je l’ai récemment visitée et elle est probablement fermée à cette heure. C’est en haut que je m’arrête, coup d’œil circulaire, un renard est à l’arrêt mais il détecte vite ma présence et détale, j’en verrai un autre, tout aussi craintif de l’humain un peu plus loin. Grand silence, seul un oiseau s’epoumone dans la forêt, pouillot véloce me signifiera birdnet puisque ni mon oreille ni ma mémoire n’ont réussi à extraire le nom. Je tente une photo du vaste panorama, mais comment faire entrer tout ça dans les pixels, je ferme les yeux pour mieux en imprimer l’image dans ma tête. Un panneau indicateur m’interroge puis m’égare un peu, à
    La Nouaille, je reconnais l’église avec son clocher séparé et décalé de l’axe de la nef, son toit recouvert de bardeaux de bois de châtaignier, endroits plusieurs fois parcourus, j’échange quelques circuits avec un cycliste en vacances dans le village. Saint Marc à Loubaud puis le lac Lavaud Gelade, qui porte bien son suffixe, il n’y fait pas chaud enserré dans son écrin forestier, il sert de réserve en eau à son grand frère, Vassivière. Royère de Vassivière annonce son lac, partagé sur deux départements et 4 communes dont Peyrat le château, étape de ce soir, un peu (trop à mon goût) éloigné de mon trajet, mais seul à pouvoir m’offrir le gîte et qui m’imposera un fort dénivelé au départ demain.



    Saint Quentin la Chabanne
    Église La Nouaille
    La Nouaille
  • Vagabonde : Lussat – Felletin

    L’orage d’hier soir n’a pas été violent, seul reste un petit matin frais et humide sous un ciel nuageux, je me dirige vers l’étang des Landes, réserve naturelle, je suis accueilli par le cri d’un héron qui s’enfuit à mon approche, de petites taches blanches ponctuent les rives, cygnes et aigrettes veillent et tentent parfois un vol. Le soleil levant éclaire une héronnière, les aigrettes sont encore au repos. Par moments, de petits poissons sautent en groupe hors de l’eau, sont-ils poursuivis par un prédateur, gobent-ils des insectes ? Après cette halte au bord de l’étang, le relief est plus plat, quelques étangs se découvrent au milieu des prairies, des volées de moineaux surgissent des haies à mon passage, je croise des chevreuils, certains très près.
    Saint julien le chastel puis Peyrat la nonière, les villages sont peu animés,  beaucoup de maisons aux volets métalliques clos, quelques annonces immobilières puis je découvre une broche qui tourne lentement devant une brasserie, comme deux cochons y grillent le calme est certainement temporaire, il est vrai que nous sommes dimanche, je n’attends pas la fin de la cuisson, je croquerai quelques mûres, elles sont à point et la météo à favorisé la pousse des ronces, les oiseaux sont mieux adaptés pour la cueillette. Au dessus des champs, le cri d’une buse retentit, après la fauche, la chasse doit être bonne, son piaulement sert-il à prévenir les proies ou à les terroriser ? Avant Saint-Amand, j’ai l’impression que je n’avance plus, mon œil voir une faible descente, mes jambes une montée et l’altimètre une légère pente ascendante, tout redevient normal un peu plus tard, c’était peut-être le revêtement fortement rugueux qui freinait ma progression. A partir de Saint-Amand, longue descente jusqu’à Aubusson, je croise deux jeunes cyclovoyageurs qui devisent en montant et pour quitter la ville c’est une belle côte, un peu sévère au départ et régulière ensuite pour me transporter sur le magnifique paysage de plateau et arrivée à Felletin par une forte pente, mon hébergement est juste au dessus de la rivière, la bien-nommée Creuse.

    Étang des Landes Lussat
    Étang des Landes Lussat
    Étang des Landes Lussat, une aigrette au loin
    Étang des Landes Lussat : un rat nageur
    Peyrat la Nonière
  • Vagabonde : Montluçon-Lussat

    Départ de Montluçon par la voie verte que je trouve assez rapidement, revêtement rugueux et caillouteux, la pente est douce, ça ressemble à une ancienne voie ferrée, ce que me confirme la petite maison de garde-barrière, puis les ouvrages d’art, ponts et viaducs pour atteindre facilement la station thermale de Neris les bains, décor conforme, tout y est, les rues bordées d’arbre, les déambulatoires ombragés, les hôtels et bien sûr le bâtiment des thermes, style XIXème, très calme en cette matinée de samedi, seuls quelques curistes dans les rues. Hier quand je parlais de ma balade vélo avec l’hôtesse du logement, elle s’étonnait du trajet et ne comprenait pas que je prenne pas au plus court, je lui ai expliqué que je n’allais pas quelque part, mais faisais du tourisme à vélo. Elle me disait que la montée vers Néris était rude, même la voiture souffre m’a-t-elle dit, alors que je l’ai trouvée agréable, c’est d’ailleurs ce que me promettait le guide cycliste, mais nous prenons pas les mêmes routes et quand elle pratiquait la bicyclette, avec plaisir et souvent disait elle, le cheminement était moins aménagé. Après Néris, je retrouve les habituelles voies automobiles et je roule de vallée en vallée, on monte et on descend le long de la pente en croisant le sillon du ruisseau, de là l’expression par monts et par vaux ? A l’ombre des forêts vers le bas on retrouve la végétation agricole vers le haut, prairies entourées de haies et le paysage s’ouvre largement, puis rouler en plateau est un vrai bonheur, je file en douceur en regardant de gauche et de droite, haie bocagées, petits chemins arborés et immense vue, je suis dans la région des Combrailles. Près de Sainte Thérence, je fais un petit crochet par le village, il serait utile de l’indiquer sur les panneaux cyclistes avec la distance du détour par rapport au parcours, je ne fait pas que du vélo et la vue de ces villages est souvent sympathique. A
    Chambonchard, traversée du Cher (la rivière) et passage de l’Allier vers la Creuse (les départements !),  90 km/h maxi annonce le nouveau département, promis je ne les dépasserai pas dans la montée de 5km que m’annonce le gps pour atteindre Evaux les bains, petite station thermale aussi, plus modeste posée sur son piton rocheux, surmonté d’une vaste église (ancienne abbatiale) sur laquelle est édifié un haut clocher. Petite halte, rencontre d’un cycliste bien moins lourdement chargé et beaucoup plus véloce, il a terminé son parcours du jour (130 km), alors que j’en ai parcouru 45. Il participe au Brevet des provinces françaises (BPF) qui permet de découvrir les trentes-six anciennes provinces françaises (Berry, Marche, , Auvergne par exemple) en joignant six sites caractéristiques par département. Discussion autour du vélo, on se parle, mais plutôt à l’arrêt. Descente vers Chambon sur Voueize, le vent est de plus en plus fort, l’orage menace, j’hésite à pique-niquer, craignant la météo, puis je me pose près de la Voueize après avoir délaissé l’aire au bord de la Tardes son affluent. Je repars sans pluie vers les Cabosses lieu-dit de Lessat, l’hébergement est dans une ancienne ferme tenu par Helen, Anglaise, le lieu un peu au format auberge de jeunesse est fort joliment décoré, ma chambre est dans la porcherie !

    Néris les bain : les thermes
    Néris les bains
    Sainte Thérence
    Église Evaux les bains
    Église Evaux les bains

  • Vers la Vagabonde Nozières-Montluçon

    Descendu des hauteurs de Nozières, je retrouve à Saint amand montrond le canal de Berry cette fois en eau, les hérons dérangés par mon passage s’envolent dans leur saut de l’ange parfois en criant, les poules d’eau continuent leur ouvrage tranquillement, j!ai parfois l’impression qu’elles marchent dur l’eau, mais c’est plutôt sur les nénuphars. Passage à Drevant, ruines d’un théâtre gallo-romain, les salles d’exposition sont fermées à cette heure, le site est beau, aujourd’hui cerné par les constructions plus modernes, les maçons n’ont pas eu chercher bien loin la pierre des murs. Le Cher est tout proche, le canal suit son cours de plus ou moins loin en épousant ou modifiant le relief. Un peu plus loin, les deux se croisent et c’est le pont canal de la tranchasse, aujourd’hui à sec qui surplombe le Cher, le projet se réhabilitation du pont ne permettra peut-être pas sa mise en eau vu sa vétusté et le besoin de supporter le poids tout en conservant l’étanchéité. Ainay le vieil, beau village avec son château et son église, je verrai à nouveau les panneaux « non aux éoliennes », l’affiche est la même partout devant les maisons, seul le nom de la commune change, elle côtoie souvent l’affiche de la ruralité comme on l’appelle où il est demandé d’accepter chant du coq, odeurs d’élevage, bruit des tracteurs … mais pas les éoliennes. Les ingénieurs ferroviaires ont dû s’inspirer du travail de ceux du canal, la voie ferrée est proche, elle aussi n’aime pas le relief tourmenté. Qui inspire qui, quand à La Perche, je vois indiqué gare d’eau, j’apprendrai un peu plus tard qu’il s’agit d’une partie du canal plus large pour permettre le demi-tour des péniches. Sur ce canal, la largeur ne permettait pas le passage des péniches type hollandais, des modèles spécifiques plus étroits, les berrichons ont été spécialement construits (pas uniquement ici), j’en verrai un exemplaire à Vallon en Sully et aurait pu apprendre tout ça au musée dédié mais fermé lors de mon passage. A l’écluse de la queugne un autre (petit) pont canal et le  canal disparaît à nouveau, on devine à peine le tracé, les arbres ont poussé dans le lit, l’emprise disparaît même sur certains passages, je fait le détour par Epineuil, son école et maison du grand Meaulne, puis à Vallon en Sully, à nouveau de l’eau, une péniche (un Berrichon donc) est amarrée, aux côtés de petits bateaux électriques en location, le bief est assez court, la balade limitée, mieux vaut le vélo, la voie est en enrobé bien roulant, d’un côté ou de l’autre, je me suis trompé sur un tronçon et le trajet fut chaotique. En approchant de montluçon, du fait de la pente, il y a plus d’écluses, mais aucune n’est navigable, j’apprends que le canal a été cédé aux communes riveraines qui en fait ce que bon leur semblait, un passage de route (sans pont), un parking … donc continuité difficile à imaginer, malgré certains projets.
    Belle et facile étape sous un soleil parfois un peu voilé, de la chaleur et du vent.

    Demain je commence la veloroute la vagabonde

    Drevant cirque gallo-romain
    Drevant cirque gallo-romain
    Le Cher
    Pont canal
    Pont canal
    Ainay le vieil
    Ainay le vieil
    Gare d’eau Vallon en Sully
  • Vers la vagabonde Bourges Nozières

    Départ en tension pour ne pas dire en stress, entre ne rien oublier et être à l’heure de la sncf, le train est à 6h26 et non pas à 6h36 comme je l’ai cru jusqu’à l’arrivée en gare qui n’affichait aucun départ sur cet horaire. Un peu plus de 40 minutes de vélo, la nuit est encore noire dans le petit matin frais, mais rapidement l’ovale de la lune aidée des enseignes et lumières bien présentes atténue l’éclat stellaire. Le phare se fraie un étroit chemin dans l’asphalte, prudent je navigue à vue, c’est-à-dire à quelques mètres, voitures et camions peu nombreux déchirent le silence matinal qui disparaît à l’approche de Nantes. Sous les coups de pédale mesurés, j’avance, le voyage est commencé. Voie 53 annonce le panneau, ni ascenseur, ni escalier pour rejoindre le quai, pas même une pente, que du bonheur, j’installe le vélo tranquillement, pas de crochet pour suspendre péniblement son poids conséquent de ma hauteur peu conséquente, tout commence bien pour ce premier saut vers Bourges où je sortirai le vélo pour rejoindre en pédalant le premier hébergement à Nozières. Par la fenêtre, je vois le jour blanchir la nuit, sans parvenir à trouer la brume des bords de Loire que je sais là invisible, puis le soleil surprend le paysage de sa boule rouge, la lumière à gagné la partie. Depuis la gare de Bourges je parcours les rues pavées du centre, architecture riche, maisons à colombages, châteaux quel patrimoine
    Cathédrale en travaux bien sûr, statues décapitées ou absentes sur le portail principal mais quel édifice, immense harmonieux et lumineux avec ses vitraux dans les ouvertures. Puis comme un air de printemps devant la maison de la culture, je reconnais le site adjacent du festival que nous avons eu le plaisir de suivre quelque temps.
    Canal du Berry au sortir de Bourges longeant un vaste plan d’eau, des échelles de piscine plongent dans l’eau, mais nul baigneur à l’horizon, algues et bouteilles plastiques flottantes n’y incitent pas.
    Le canal lui est à sec et désaffecté, juste un peu d’eau au fond pour alimenter la végétation en pleine forme, comme moi quand je roule sur le plat des chemins de halage en enrobé. La chaleur monte j’apprécie le couvert des arbres jusqu’à Plaimpied-Givaudins où trône une grande abbatiale, puis Senneçay petit village, le vieux bâti de pierre et tuile côtoie le neuf, arrêt pique-nique et petite sieste sur un banc.
    La route est bien droite et plutôt plate, j’aperçois de loin l’autoroute, les villages qui ponctuent le trajet s’espacent, la forêt se fait rare puis ce sont d’immenses champs, je ne m’attarde pas. A l’entrée de Vallenay grande usine Smurfit, dans le village désert, nombre de maisons semblent bien inoccupées, le passage de quelques voitures troue le silence, par différence, je mesure le bruit parasite. Avant
    Farges-Allichamps, c’est sur un chemin que m’envoie le gps, puis dans le village, un panneau
    m’indique pavillon du centre de la France, n’apercevant rien de plus, je passe et me retrouve plus loin devant une autre indication, la côte semble raide, mais je ne vais quand même pas rater ça. Un peu étonné en grimpant de voir apparaître un logo McDonald’s, puis Starbucks c’est en fait une station de l’autoroute, que je parcours finalement à vélo, une grande première, mais une certaine déception sur le lieu.
    Geneviève, hôtesse de ce soir me dira qu’une colonne a été érigé à Bruère, commune proche dans laquelle je ne suis pas passé. Le village de Nozières est situé en hauteur, j’y termine l’étape par une pente un peu raide, un avant goût des jours à venir.

    Cathédrale Bourges
    Ancienne abbaye Plaimpied-Givaudins

    Bourges -Nozières + gare 68 km 425m dénivelé

le cycliste et sa monture à l’arrêt