Blog du voyage

  • J20 Retour à Leipzig

    Branle bas de combat ce matin, nous devons prendre à Berlin le train qui nous transportera à Leipzig via Dessau et nous sommes à 13 kilomètres de la gare. Pierre concocte en catastrophe un itinéraire sans circonvolutions et dès 7 heures nous nous élançons sur la route. Heureusement nous sommes un dimanche et Berlin est encore bien endormie, nous délaissons les pistes cyclables en mauvais état pour la chaussée et sommes sur le quai born encombré 30 minutes avant le départ. La gare fourmille déjà, un train arrive, puis un suivant et enfin le notre, les places vélos sont libres et bien accessibles, je peux déstresser, voyage sans histoire, correspondance facile. Arrivés à Leipzig, c’est la quête du billet pour notre trajet de demain jusqu’à Zeitz, qui nous rapproche de Iéna, étape de demain, Pierre s’y colle et revient triomphal avec le billet, nous voici tranquilles pour visiter la ville. Devant l’église Saint Thomas, une statue de Bach et dans la sacristie, des instruments à cordes ayant exécuté ses œuvres de son vivant. Nous faisons un tour à vélo, beaucoup de monde à pied ou à vélo, dans les rues, les places et les nombreux parcs, quelques barques glissent sur le canal, les Allemands profitent de leur ville. Nous visitons dans le zeitgeschichtliches forum une exposition sur les jardins ouvriers vu de l’Est et de l’Ouest, intéressant parallèle sur les vœux des uns et des autres, les fonctions des jardins collectifs ou pas et leur évolution voire leur rôle jusqu’à aujourd’hui autour de la maison individuelle, qui n’est plus la meilleure façon d’habiter. L’autre exposition retrace autour d’objets, de métiers, de pratiques de l’est et l’ouest, l’histoire fracturée de ce pays avec la volonté de faire nation, autour d’une mémoire qui intègre sans les nier les différences, une très belle approche de l’histoire contemporaine, nous regrettons de ne pouvoir en voir l’intégralité.
    Nous terminons par une visite chez Florence, nièce de Pierre et fille de Christine qui nous a accueillis à Gelsenkirchen. Florence vit ici avec Mathis son mari, ses trois enfants, déjà bilingues, ils seront mieux armés pour voyager que je ne le suis.

    Place du marché, ancien hôtel de ville
    Bach
    Goethe, ses démons
    Vestiges
  • J19 Journée à Berlin

    Pour clore notre séjour à Berlin, nous avons choisi de voir le château de Charlottenbourg (Schloss Charlottenburg), situé un peu à l’opposé de notre hôtel, le trajet nous fait repasser sous la porte de Brandebourg puis près de la colonne de la victoire, deux monuments suffisamment caractéristiques pour que je les identifie. C’est par les bords de la Sprée, dont une dérivation alimente en eau le parc, que nous atteignons les jardins à la française dans l’axe central du château, en excellent état, ayant été restauré après les ravages de la seconde guerre mondiale. Quand on s’éloigne un peu de géométrie française, le chemin serpente autour de la végétation et des ruisseaux, puis nous découvrons les murs de l’austère mausolée, puis le belvédère et enfin la façade du château dont les habituelles statues ouvrent la grille, nous en restons là. Pierre essaie depuis la veille de comprendre comme acheter un billet de train pour notre voyage vers Leipzig demain, mais manifestement certaines subtilités nous échappent, donc nous nous rendons à la gare pour en faire l’acquisition, la gare principale de Berlin est à l’image de notre époque, un vaste centre commercial, nous tentons le distributeur automatique et malgré l’aide d’une charmante Allemande parlant français, nous devons aller au guichet, qu’il faut d’abord dénicher et après quelques minutes d’échanges avec le guichetier, nous avons en main le précieux sésame. Pour plus de sécurité, nous vérifions que l’accès aux quais est adapté à notre équipage. Le Futurium tout proche nous ouvre ses portes, c’est un espace pédagogique qui interroge l’avenir à partir des problématiques de la nourriture, des déplacements, de l’habitat, l’énergie, la consommation des ressources,  la santé,  en mettant en avant les projets, leur avancement et leur limite, c’est bien fait, vu sous l’angle écologique, même si un petit effort de traduction sur audio-guide serait bienvenu. Pendant la pause déjeuner,  je m’avance vers le Mémorial aux victimes tziganes et roms persécutées par le régime nazi, c’est juste derrière le Reichtag, l’Allemagne ne nie pas son passé sombre. Nous avions prévu de visiter l’île des musées au moyen de notre carte magique achetée la veille, mais erreur de lecture du site internet ou information erronée, nous devons payer l’entrée, un peu mécontents, nous faisons demi-tour. Pierre rentre à l’hôtel pendant que je musarde le long de la Sprée puis le quartier de l’hôtel de ville (Rote rathaus), Saint Nicolas jusqu’à Alexander Platz encore plus vaste et fréquentée que ce que j’ai vu la veille.

    La reine Charlotte
    Le château
    Jardin à la française
    Mémorial tzigane et romaines, sur les pavés les noms des camps de concentration, on peut y lire Montreuil Bellay à côté de Ravensbrück
  • J18 une journée à Berlin


    Ce matin, Pierre souhaite faire quelques photos de l’East Side Gallery avec une lumière plus favorable, en chemin depuis notre hôtel, je note que les graffs ornent les mur de certains quartiers, l’expression libre se déploient dans Berlin. Petite déception, la lumière n’est pas aussi bonne qu’espéré et devant le mur la rue est un long parking à voitures qui escamote un peu la vue des œuvres, le touriste aurait envie de voies piétonnes pour se promener. Séance nostalgie, il est possible de visiter Berlin au volant d’une Trabant, nous les avons vues filer sur la chaussée, précédant une jolie fumée bleue dans un bruit singulier de moteur deux temps. Nous préférons, comme beaucoup de Berlinois, le vélo, qui est vraiment autant un mode de déplacement qu’un mode de vie. Petit détour pour admirer l’oberbaumebrücke pont de style néogothique, traversant la rivière Sprée, construit de brique sur deux étages, il supporte le métro et l’étage inférieur assuré le passage des voitures et vélos. Nous avons pour ce jour jeter notre dévolu sur le Forum Humboldt. Il est situé sur le site du palais de Berlin, gravement endommagé pendant la Seconde Guerre mondiale, il a ensuite été détruit sur ordre du SED (parti socialiste qui dirigeait la RDA) et , quel étonnement, nous voyons sa façade immaculée devant nous. En fait, le bâtiment a été reconstruit, comme souvent en Allemagne, deux façades ont été refaites selon le modèle initial, le reste étant de facture classique et le résultat est sympathique. Ce vaste bâtiment dédié à la culture est un lieu d’exposition et après quelques errements dans les couloirs et escaliers nous parcourons le musée ethnologique qui comprend un ensemble remarquable de pièces africaines, en partie spoliées lors de la colonisation, des oeuvres amérindiennes, d’Asie ou d’Océannie, la démarche est intéressante car elle ne nie pas les méfaits de la colonisation sur les populations et leurs biens, met en lumière le travail des ethnologues qui établissent des ponts avec ces civilisations ou ethnies oubliées voire disparues. Ce qui est aussi intéressant est la signification de ce que nous nommons art parce qu’il n’aurait pas d’utilité, or cette expression artistique aide à vivre, voire oriente la vie communautaire et spirituelle. Nous y passons une bonne partie de la journée et épuisés par la lecture de toutes ces informations où seule la traduction anglaise est de mise, nous regagnons nos appartements. Il est à souligner que l’entrée de ces expositions est gratuite, frei (libre), comme on le lit souvent et le mot me plaît bien. Retour au milieu de la circulation cycliste, généralement le vélo est « frei » dans les rues, ça me va.

    Pont oberbaumebrücke
    Expression de rue
    Expression mercantile
    Forum Humboldt, le mur au fond est conforme à l’original, les côtés nouveaux
    Tambours Cameroun
    « Indignation » création de Justine Gaga artiste  camerounaise
    Profiter du soleil à Berlin
  • J17 A Berlin

    C’est aujourd’hui le grand jour, nous quittons Postdam pour Berlin, avant nous devons récupérer nos vélos garés dans le vaste parking vélo de la gare, opération réussie, nous avions eu un peu de mal à comprendre le fonctionnement, il n’y a pas de traduction française en Allemagne, mais c’est bien fait et nos montures n’ont pas souffert de notre absence. Le froid est là, la journée s’annonce la plus chaude de notre voyage, Pierre nous conduit car mon GPS refuse de charger l’itinéraire, passage par le centre Est de Postdam, quartier résidentiel ne mérite pas le détour, nous avons vu. Rapidement, les rues se transforment en chemin de forêt peu fréquentés durant plusieurs kilomètres c’est sympathique et nous atteignons la capitale, la circulation s’intensifie, il faut à la fois s’enquérir du cheminement, veiller à rouler sur l’espace qui nous est assigné, surveiller voitures, cyclistes qui n’hésitent et veiller à ne pas bousculer les piétons, tout ça sur des revêtements inégale où les pavés se rappellent au matériel et aux hommes. Notre premier objectif est la porte de Brandebourg, qui a séparé Est et Ouest, le quadrige qui la surmonte avait été volé par Napoléon, les Prussiens ont réussi à le récupérer à la fin de l’empire, il a plus sa place ici, même si l’original a été plusieurs fois restauré après les conflits. Le lieu est très fréquenté, selfie et photos claquent, nous n’hésitons à immortaliser l’événement qui marque notre entrée dans Berlin. Nous voyons une escouade de policiers à moto escorter un véhicule officiel, puis stationner devant nous, ils sont très décontractés et pas du tout agressifs ou suspicieux, un bateleur leur destine même quelques bulles de savon sans entamer leur calme. Nous profitons du soleil, grande chance, devant cette foule qui déambule nonchalamment, toutes les époques n’ont pas connu cette douceur paisible et joyeuse. L’architecture témoigne des moments et styles de l’histoire, le monument aux morts soviétique impose par sa construction et les chars qui l’entourent, la colonne de la victoire, un peu sur le modèle de celle de la bastille à Paris est plus italienne dans sa forme, les musées de style classique antique, la gare très moderne recouverte de verre, le bundestag allie classique et moderne, quant à la tour de la télévision, sa moderne technicité affichée domine la ville, il est même un musée du futur. Les monuments sont souvent gigantesques, pour autant, est-ce le soleil, les promeneurs, le retrait des grandes voies de circulation, je ne me sens pas écrasé par ces bâtiments. Nous allons vers la Postdamer platz, coupée en deux après 1945, quelques panneaux de mur conservés encadrent des photos avant et après, noir puis couleur. Au checkpoint charlie, exposition photo sur l’histoire et les drames ce mur, jusqu’à la réunification, très intéressant. Puis nous allons  sur l’East Side Gallery, longue partie de mur encore existant où le street art expose sa vision de l’événement, une grande fresque, beaucoup de peintures marquantes et émouvantes, un message pour la paix et l’effacement des murs, on n’y est encore pas tout à fait.

    Regarder les photos de la galerie

    Colonne de la victoire
    Quartier de la gare
    Bundestag
    « Vieux musée »
    Cathédrale de Berlin
    Postdamer platz
    Le mur avant après
    Le mur avant après
    Checkpoint charlie aujourd’hui
    Checkpoint charlie hier, vu de l’Est
    Cérémonie de réunification
  • J16 Wittemberg  -> Postdam

    Le soleil est solidement installé dans le ciel quand nous foulons à nouveau les pavés de Wittemberg pour notre ultime étape avant Berlin à Postdam, direction la forêt où le vélo de Pierre croise la course bondissante d’un chevreuil qui détale devant les intrus matinaux. Un panneau nous propose un détour vers le village de Schmilkendorf, qui abrite une église fortifiée de style roman, construite en pierre locale au centre du cimetière, elle est surmontée d’un clocher « à colombage ». Notre route passe dans de petits villages bien calmes, qui ne dépareraient pas dans les campagnes de la France, si ce n’est qu’il ne semble pas y avoir de maisons vides ou abandonnées, en leur centre, subsiste généralement un plan d’eau, lavoir ou abreuvoir, mais ce ne sont pas les gros tracteurs vrombissant dans les rues qui s’y désaltèrent aujourd’hui. Je ressens en passant un éloignement de la vie des centres urbains, comme une résistance au tourbillon, une nostalgie d’un temps où le changement était moins intense et particulièrement une différence avec l’ouest du pays. Certaines localités conservent une configuration que nous avions remarquée dans les Balkans, des maisons alignées séparées de la route par un fossé, parfois comblé, ou reliées par une courte passerelle, l’uniformité en marche. La région est peu peuplée, de vastes champs d’éoliennes ont fleuri, agitant mollement leurs vastes pales au léger vent du jour, beaucoup de forêts, pas de barrières ni de clôtures, nous profitons des pistes, parfois sur une bande bétonnée sous le couvert arboré, beaucoup de pins, quelques hêtres et chênes poussant en harmonie. Bien avant Postdam, la piste cyclable bien lisse longe la route rectiligne, les arbres sont encore de chaque côté, mais la saignée est large et le bruit des véhicules trouble la quiétude des bois, quelques immenses champs de plastique, trouées dans la forêt, accueilleront les cultures d’asperge, spécialité de la région. Arrivés dans Postdam, je suis frappé par l’imposante architecture de la ville, bâtiments hors de proportion, bordés de rues où la circulation automobile est intense, heureusement un peu plus loin, le centre ville est plus vivant, on déambule plus qu’on ne se hâte, aux côtés des échoppes qui proposent de contenter touristes et passants. Ici aussi, le vélo se faufile en grand nombre dans les rues, sur les trottoirs aménagés, nous ne sommes pas étrangers.

    Eglise Schmilkendorf
    Plan d’eau de village
    Homme de(s) bois
    Culture sous plastique
    Postdam musée du cinéma
    Église de la garnison
    Postdam église Saint Nicolas
  • J15 Leipzig -> Wittenberg

    Après quelques traversées de carrefours dans la ville où nous pouvons voir les automobilistes coincés dans les encombrement choisir en toute quiétude leur nouveau véhicule affiché par la publicité murale, nous sortons rapidement de Leipzig ce matin et pédalons rapidement sur les allées d’un parc urbain, les chemins sont bien moins fréquentés que la veille, la température est basse, mais le soleil bien présent nous accompagnera toute la journée. Nous longeons à nouveau les immenses cultures agricoles et nous interrogeons devant les plantes naissantes, j’hésite entre betterave et chou, c’est en fait du colza me dira l’algorithme, bravo le citadin ignorant. De petits villages ponctuent notre progression, quelques maisons colorées égayent les rues, qui hélas pour nous, sont bien souvent pavées, un matériau solide et durable peu confortable pour la surface posée sur la selle du cycliste. A l’odeur que les cheminées dégagent, le chauffage au charbon est encore  utilisé dans les maisons. En dehors des agglomérations, les routes sont revêtues d’enrobé bien roulant, jusqu’au passage en forêt en terre battue avant la ville de Bad Düben, petite station balnéaire où nous nous posons devant l’hôtel de ville (rathaus), pas le temps de faire une cure à nos vieilles carcasses. Puis ce sera une longue traversée de forêt sur des pistes parfois bien cabossées, nous souffrons un peu des soubresauts, mais le paysage est agréable, nous sommes seuls dans cette immensité naturelle, le soleil passe à travers les branches que le printemps n’a encore pas dégourdies. Sur la fin, nous sommes stoppés par des arbres tombés sur la piste, des castors vraisemblablement nichés dans le lac voisin imaginent une autre destination pour leur usage, nous n’en saurons pas plus, longue vie à leur colonie. Insensiblement, le paysage a changé, des lacs jalonnent nos routes, les espaces  sauvages sont plus fréquents entre les cultures des plaines et c’est en traversant l’Elbe que nous entrons dans Lutherstadt Vittenberg, ville de Luther, encore lui, qui y a passé une partie de sa vie avec son épouse Catherine de Bore dont le bronze est posé devant la demeure du couple, devenu un musée. La ville est dominée par l’église de la Toussaint de Wittemberg, évangélique luthérienne comme il se doit et le centre comporte de belles demeures historiques, le tourisme dépend de sa gloire locale. Une belle journée où je ne regrette pas d’avoir sorti mon vélo pour cette belle balade.

    Vers Bad Düben
    En forêt
    Œuvre des castors
    Œuvre des castors
    Bad Schmiedeberg
    l’église de la Toussaint de Wittemberg
    Wittemberg
    Maison de Luther
  • J14 Weimar -> Leipzig

    Soulagement ce matin au lever, les prévisions météo évoquaient un risque de neige ou de pluie verglaçante et le sol est sec quand nous retrouvons nos vélos. Le froid est vif, le vent d’Est s’est levé et laissez-moi deviner vers quelle direction nous allons ? C’est donc à petite vitesse que nous nous élançons sur la route qui bien heureusement comporte assez peu de dénivelé, le début est en plateau au milieu des champs, étendues nues, seules les courtes pousses de céréales s’agitent, aucun arbre, pas de haies, et bien entendu aucun passereau ne peut trouver à nicher dans ce désert. Notre itinéraire suit la rivière, la Saale, nous verrons quelques châteaux et forteresses juchés sur les falaises. Peu après nous roulons sur une longue digue bien exposée au vent avant notre arrivée à Naumburg, dont nous apercevions les tours de la cathédrale comme un repère depuis notre parcours, cathédrale impressionnante, nous ne verrons que l’extérieur et le beau cloître, l’entrée est payante,. Aussi nous nous dirigeons vers la place centrale pour une activité plus prosaïque, mais nécessaire de restauration de nos forces vitales. Installés au soleil sur un banc, une délicate odeur de grillade me met en mouvement vers la petite cahute qui propose la Thüringer Rostbratwurst, saucisse locale venant de Apolda, localité proche, je le laisse tenter, elle est chaude et présentée dans un petit pain dont elle dépasse largement, ça ravit mes papilles et mon estomac. Après ce moment notre route se rapproche à nouveau de la Saale, nous serpentons dans un bois de hêtres et le soleil réchauffe l’atmosphère à l’abri du vent qui finit par mollir. C’est une longue piste rectiligne et plate, vraisemblablement une ancienne voie ferrée, qui nous amène à Leipzig, notre étape du jour au bout d’un long trajet de 102 km. Dans la ville nous longeons le canal au milieu des promeneurs qui recherchent une place pour profiter des derniers rayons de soleil assis sur les berges et les cyclistes nombreux rapides et agiles dans leurs déplacements, ici le vélo électrique n’a pas supplanté le traditionnel biclou. Troisième journée en ex RDA, la différence n’est pas flagrante avec la partie ouest, c’est certainement un peu moins riche, il y a moins d’opulence, ça se voit dans les véhicules, pas de Porsche, de Maserati, de grosses voitures dernier cri, un habitat in peu différent, je ne saurai pas comment le voient ses habitants.


    Bad Sulza
    Cathédrale Naumburg
    Cloître
    Schönburg
  • J13 Eidenach -> Weimar

    Départ le long de la rivière, le cheminement, forcément destructeur dans sa réalisation, a certainement été pensé pour un impact minimal sur l’espace naturel le long des rives, aussi nous montons, descendons en s’éloignant ou se rapprochant des berges, un peu d’effort, mais biotope préservé, ça m’aide. Nous traversons quelques villages, à Hõrsel, un ancien cycliste s’arrête près de moi pour m’interroger sur notre voyage, son débit ultra rapide en allemand me plonge dans un état de perplexité, mais j’arrive à contenter sa curiosité me semble-t-il, il repart satisfait. En entrant dans la ville de Gotha, nous sommes intrigués par un ensemble de petits immeubles d’architecture originale et peintes de couleurs vives et variées, c’est une cité-jardin, fondée à travers une coopérative de construction pour les fonctionnaires et les ouvriers de l’administration ferroviaire, comme la plupart des bâtiments allemands, c’est en très bon état (visuellement au moins) car entretenu et rénové au fils du temps. Dans la ville, nous prenons un pique-nique dans un parc au soleil entre le palais ducal et le château de Friedenstein. Nous ne vîmes pas le gotha, sachant que le mot désigne l’ensemble des membres des familles souveraines, princières et ducales d’Europe, car l’Almanach de Gotha était édité autrefois ici. La suite de notre itinéraire fut plutôt monotone, la route était au milieu de champs immenses et plats, avec un petit vent froid qui nous a conduit jusqu’à Erfurt, capitale de la Thuringe. Commençant notre visite au pied de la monumentale cathédrale, nous avons ensuite gagné le centre médiéval bien conservé et assez fréquenté en ce dimanche, comme dans beaucoup de villes allemandes, le centre est sillonné par des lignes de tramway, dont les rames datent de plusieurs époques. Pour rejoindre notre étape à Weimar, Pierre me montre le Mémorial de Buchenwald tout proche, nous n’aurons pas le temps de nous y rendre. La ville renvoie bien sûr à la république de Weimar, qui a signé la fin de l’empire et a fini en 1933 avec l’avènement d’Hitler. Belle ville, de nombreux monuments.

    Entrée Cité-jardin Gotha
    château de Friedenstein
    Erfurt
    Erfurt
    Weimar
    Hôtel de ville Weimar
    Maison de la république de Weimar
    Le théâtre où à été proclamée la république
  • J12 Kassel -> Eisenach

    C’est la conférence des choucas rassemblés sur les hauts toits de la place qui m’accueille au réveil, plus bas les tramway ont repris leur ronde sous un ciel gris, le froid est là, la météo n’annonce pas de précipitations, à nous de nous mettre en selle. Sortie de la ville, parfois sur la chaussée, parfois sur le trottoir en évitant les rares piétons, voire sur la piste cyclable, pas toujours bien repérée. Nous sommes samedi matin, tout est encore bien calme, la circulation n’a pas repris son manège. Nous atteignons la forêt, la pente est douce, nous sommes proche d’une voie ferrée, que nous traversons plusieurs fois, le passage à niveau n’a pas toujours de barrière, seulement des feux et une grande croix rouge, prudence de mise, mais je trouve ça sympathique au détour d’un virage. Nous traversons quelques villages avec leur centre de maisons à colombage auxquelles je trouve du charme, elles sont un peu toutes sur le même schéma, des poutres horizontales, verticales et obliques, mais le bois n’est pas rectiligne, c’est plutôt un tronc sommairement équarri, des motifs ni géométriques ni identiques et la construction crée un ensemble harmonieux à mon goût.
    Près de Ifta, nous traversons l’ancienne frontière entre l’Allemagne de l’ouest et de l’est, un panneau l’indique et c’est avec émotion que je me remémore cette époque, les drames dont on entendait parler, puis cet espoir après la chute du mur et enfin la réunification en 1990. Nous sommes en Thuringe et les villages que nous traversons ne diffèrent pas de ceux que nous avons vu jusque là, le.niveau de vie semble similaire vu de l’extérieur. Notre parcours suit néanmoins des chemins en moins bon état et nous récupérons une belle piste cyclable pour terminer notre journée à Eisenach, petite ville qui a vu naître Jean-Sébastien Bach et où Luther (Martin Luther) père du protestantisme, a traduit la bible en allemand.
    Une belle étape, pas trop difficile, mais un froid vif et du vent, l’hiver est encore là.

    L’ancienne frontière entre ouest et est
    Ouest depuis la frontière
    Est depuis la frontière
    Eisenach
    La maison de Luther (à droite)
  • J11 Korbach -> Kassel

    Hier c’était côte puis descente, aujourd’hui c’est descente puis montée, la pente pour quitter Korbach sur le tracé d’une ancienne voie ferrée nous est favorable, ça glisse sans bruit sur l’asphalte lisse. Puis descente montée, chemins routes, terre cailloux bitume nous enchaînons le nez sur le gps qui nous conduit de droite ou de gauche. J’avais vu l’utilité de l’équipement lors d’un voyage en Bretagne quand l’ami Christian testait les fonctions de l’appareil, je n’avais pas tout compris, mais bien vu malgré les atermoiements les bénéfices par rapport à la carte papier, certes bien plus agréable à lire, mais bien moins aisée pour se repérer. Comme précédemment, nous traversons campagne et forêt, les habitats isolés sont inexistants, nous passons près de champs d’éoliennes, en service ou en construction tels que je le devine par les mâts qui ont remplacé les cheminées de coke, dans les villages et villes, les toits des maisons portent assez régulièrement des panneaux ou chauffe-eau solaires, l’Allemagne n’a pas « trop d’électricité » ainsi que vient de déclarer le gouvernement français en sabrant les aides à la filière solaire.
    Et de deux ! Une vingtaine de kilomètres avant notre étape de Kassel, pique-nique à Balhorn, Pierre jette un œil sur la roue arrière de mon vélo, ne la trouve pas en bon état et avise un marchand de cycle en face, qui ne la diagnostique pas en meilleur état, mais n’a pas ce modèle en stock, il me conseille de me rendre chez un réparateur de Kassel, ce que nous faisons, par la route conseille Pierre pour ne pas détériorer un peu plus la jante. A Kassel, dans le magasin du vélociste, la jeune femme qui m’accueille me dit que ma monture allemande est un bon choix (il y a quelques modèles de la marque, même si les VAE sont en nombre dans le magasin comme sur les routes d’Allemagne), et décroche une roue qui pourra remplacer l’ancienne durant une intervention d’une heure. Ouf, je suis soulagé et vais être plus serein pour le reste du voyage. Moralité, c’est bien d’avoir un bon vélo, il est indispensable d’aller chez un bon réparateur, dont acte pour un prochain départ. Moralité, il est bon d’avoir un compagnon de route efficace et aidant, merci Pierre.
    Dans la ville de Kassel, notre étape du jour, les trams circulent dans tous les sens, le réseau semble historique et mieux vaut être prudent en traversant les rails dans le centre où la voiture est proscrite. Nous parcourons la ville, pas d’architecture ancienne, la ville à été bombardée par les Anglais en 1943 et 80% a été détruit avec l’incendie des habitations à colombage.

    Korbach
    Korbach
    La piste cyclable qui nous éloigne de Korbach
    Les frères Grimm ont longuement séjourné à Kassel

le cycliste et sa monture à l’arrêt