Blog du voyage

  • J30 Retour

    Le voyage se termine comme il avait commencé, en train, d’abord un parcours allemand de Ulm à Appenweier avec un changement à Immendingen, puis vélo jusqu’à Strasbourg et train jusqu’à Nantes et pour finir quelques kilomètres à vélo jusqu’à la Chapelle sur Erdre. Un peu inquiets par la réputation de retard avec la Deutsche Bahn, nous prenons le premier train qui remonte la vallée du Danube, tiens c’est joli avec ces falaises calcaire et si on venait faire du vélo ici ? Après Immendingen,  le train grimpe sur la montagne, c’est super d’admirer ces paysages sans avoir à fournir d’effort, ça donne aussi l’envie de revenir dans cette région de la forêt noire. Appenweier est en plaine, nous reprenons les vélos jusqu’à Strasbourg, premier arrêt en bordure du Rhin à Kehl dans le jardin des deux rives d’où s’élance une majestueuse passerelle vélos et piétons, qui relie les deux pays, douceur de la météo, je goûte la chaleur retrouvée sous le soleil. A Strasbourg, nous décidons de rouler vers le quartier des institutions européennes, en prélude je me fais une petite révision constitutionnelle, à Bruxelles, outre la commission, le conseil européen réunit les 27 chefs d’état et le conseil de l’union européenne les ministres des 27. A Strasbourg, le conseil de l’Europe qui regroupe 46 pays, il détermine normes et conventions, la cour européenne des droits de l’homme est en face du palais de l’Europe, siège du conseil, tout ceci à Strasbourg, tout comme le parlement européen que nous allons visiter, inscription, filtrage, contrôle, badgeage nous sommes enfin au sein de l’organe démocratique pour quelques minutes le temps de voir défiler dans l’hémicycle quelques orateur.rice.s parlant devant une assemblée bien clairsemée, nous n’avons pas vérifié si le bar bien fréquenté accueillait plus de députés. Pour les spectateurs invités que nous étions, nous pouvions suivre les interventions au moyen d’un casque avec choix de la langue de traduction. Petit tour devant la cathédrale et le vieux quartier avant de rejoindre la gare pour un dernier moment de stress, la SNCF, contrairement à l’Allemagne, affiche le quai de départ uniquement 20 minutes avant, donc précipitation en tout sens pour repérer l’embarquement, hisser puis loger les vélos, ça le fait certes, mais ce pourrait être moins en urgence.


    Au final durant ce mois, nous avons parcouru 1900 kilomètres à vélo (et peut-être autant en train !), avec une météo inespérée. Bravo et merci à Pierre pour son idée, son organisation et son aide dans les moments difficiles. Nous avons parcouru un pays sympathique dont les habitants paraissent détendus et sereins, soucieux du bien commun et des règles, pas exactement ce que nous montrons nous Français, ainsi nous avons partout été bien accueillis. Je retiens que la place du cycliste en France peut s’améliorer si la volonté est là, tout comme nos trains font pâle figure face au réseau allemand et on peut même y acheter son billet au guichet de la gare.

    Passerelle depuis le jardin des deux rives
    Jardin des deux rives
    Vélo, une roue en Allemagne,  une en France
    Le Rhin
    Cœur européenne des droits de l’homme
    Devant le conseil de l’Europe
    Parlement européen
    Dans la cour du parlement européen
    L’hémicycle
    Horloge atomique de la cathédrale de Strasbourg
    Partie du mécanisme de l’horloge
    La cathédrale
    Quartier de la cathédrale
  • J29 Augsbourg  -> Ulm

    Après le froid d’hier, je craignais un peu la journée d’aujourd’hui, d’autant que la météo peu optimiste prévoyait aussi de la pluie, il n’en a rien été. Avec l’arrivée de l’heure d’été, qui a avancé l’heure, mais pas la chaleur pour l’instant, le départ se fait au début du jour, nous sortons de Augsbourg en accompagant les écoliers et les travailleurs nombreux à vélo sur la piste cyclable, puis c’est à nouveau la piste à côté des voitures, c’est un peu bruyant et au moment où je me dis qu!un seul corridor est peut-être mieux par rapport à l’artificialisation des sols, Pierre, pas du tour de mon avis, propose de bifurquer sur une petite route, l’échappée ne durera pas longtemps, nous serons rattrapés par la route, et pour être honnête, la circulation diminue. Lors de notre arrêt pique-nique dans parc pour enfants, nous apercevons une cigogne en vol battu puis plané, nos rencontres ont été plutôt rares pendant ce séjour. Nous restons sur le plateau de Bavière comme la veille, altitude moyenne de 500 mètres, toujours beaucoup de cultures, des villages et aussi des passages en forêt, quelques côtes pas trop longues, puis descente jusqu’à Guntzbourg, petite ville, nous traversons le marché et le centre et plongeons vers le Danube. A partir d’ici, le paysage change, le fleuve canalisé er régulé par un système d’écluses peut également prendre ses aises si j’en crois les traces que j’aperçois sur les berges. Nous longeons le fleuve sur un chemin moyennement entretenu, mais encore confortable, nous suivons l’eurovélo 6, qui permet d’aller de Nantes à la mer noire, nous nous contenterons d!aller jusqu’à Ulm, dernière étape allemande avant le retour en train vers le France demain. Ulm ville de 130 000 habitants, dont tout petit Français a entendu parler dans ses cours d’histoire a aussi subi les foudres de la guerre et est en grande partie détruite en 1944. Reconstruite après la guerre, la cathédrale domine la ville avec son clocher, le plus haut du monde, 764 marches mènent à son sommet, nous n’avons pas tenté, passons près du rathaus, façade très ouvragée, avec peintures en bande dessinée, puis le « quartier des pêcheurs et des tanneurs » (Fischerviertel) avec ses maisons typiques à colombage, c’est le lieu touristique de la ville, deux petits canaux baignent les maisons avant de rejoindre le Danube, que nous voyons bleu sous un peu de soleil. Demain voyage en train, par étapes, jusqu’à Nantes.

    Le Danube à Guntzbourg
    La cathédrale de Ulm
    Clocher de la cathédrale
    Portail de la cathédrale
    Intérieur cathédrale
    La nef
    Sculptures dans les stalles
    Conversation dans les stalles
    Rathaus
    Rathaus
    Quartier Fischerviertel
    Quartier Fischerviertel
    Quartier Fischerviertel
    Le Danube à Ulm
  • J28 Munich -> Augsbourg

    Surprise en mettant le pied sur la pédale, le temps est froid, le vent souffle et sachant que la météo annonce de la pluie, le départ est moins enthousiaste. Passé les quartiers de maisons individuelles, puis ceux des immeubles, nous nous engageons dans la forêt, ça me fait toujours plaisir, mais passage de courte durée. Nous n’avons pas à nous plaindre, le trajet emprunte presque exclusivement des pistes cyclables, mais ce sera majoritairement en bordure de route avec circulation intense et donc bruit. Le vent est de côté ou face à nous, j’ai tendance à rester derrière Pierre qui me protège et lorsque je veux me positionner devant, le souffle me prend et me repousse littéralement, comme si les sacoches me tiraient vers l’arrière, bon exercice pour les cuisses. Nous sommes sur un plateau très cultivé, les champs couleur verte ou terre s’étalent, pas de haie comme barrière et au bout du champ, un village présente ses façades multicolores éclairées ou non selon le bon vouloir du soleil qui joue à cache-cache. Peu avant l’arrivée, nous passons en forêt, une petite rivière canalisée est la bonne surprise, les castors ont, là aussi laissé les traces de leur ouvrage, un peu de pluie suivie de grêle nous arrête quelques minutes, puis en continuant la ville reprend position, routes, voitures, immeubles, usines, centres commerciaux, nous sommes arrivés à destination. Délestés de nos bagages, mais pas de nos vêtements chauds, tant le froid est vif, nous allons visiter Augsbourg, ville de 300 000 habitants, la circulation est dense en cette fin d’après-midi et l’entrelas des rails sur le pavés me rend prudent d’autant plus quand le grondement des tramways s’annonce. Nous visitons la cathédrale de la visitation, romane à sa construction, elle s’est gothisée au fil des siècles, sous ses deux tours, nous entrons par le portail sud très ouvragé, la porte en bronze roman est protégée par une vitre et inaccessible, la longue nef est pourvue de quatre travées latérales, qui dessinent un vaste édifice, l’intérieur est riche en statues, peintures, bas-relief et les hauts vitraux apportent de la couleur. Nous ne verrons pas l’intérieur de l’autre église, la basilique Saint-Ulrich-et-Sainte-Afre, protestante elle, son haut clocher à bulbe s’aperçoit de loin et nous guidera pour le retour vers notre hébergement. L’hôtel de ville est un vaste et massif édifice surmonté de deux tours, la place attenante est pavée et déserte en ce début de soirée glacial. Nous arrivons trop tard pour voir La Fuggerei, c’est le plus vieil ensemble de logements sociaux du monde encore en fonction à ce jour, puisque créé en 1516 par Jakob Frugger un riche propriétaire, son action se poursuit aujourd’hui sous l’égide d’une fondation. Les pauvres (condition de revenu inférieur à 1000 euros) depuis l’origine continuent de payer un loyer annuel d’un florin rhénan (soit actuellement 0,88 €). Pour ce prix, chacun dispose d’une habitation de deux petites pièces (60 m2 au total), il y a 67 maisons avec 147 logements. Il faut être catholique pratiquant et une base essentielle du règlement intérieur est la récitation quotidienne d’un Pater, d’un Ave et d’un Credo à l’intention des Fugger et des autres bienfaiteurs du lieu (il n’y a pas de contrôle !).

    En  chemin
    En chemin
    Un lac
    Rivière en forêt avant Augsbourg
    Portail sud cathédrale de la visitation Augsbourg
    La nef de la cathédrale
    Une traversée, au fond une peinture représente Saint Christophe
    Saint Christophe
    Madonne (vers 1300)
    Cloître cathédrale
    Augsbourg
    Hôtel de ville
    Augsbourg
    Augsbourg
    Augsbourg : basilique Saint Ulrich
    Entrée Fruggerei
  • J27 München

    Visite de Munich aujourd’hui, Sébastien, Bénédicte et les enfants nous avaient conseillé quelques lieux, nous partons à vélo, allégés de leurs sacoches, on se sent plus léger, le soleil nous accompagne, il nous faudra une dizaine de kilomètres pour atteindre le centre ville. Nous passons sur le site de la fête annuelle de la bière l’Oktoberfest, un terrain de 42 hectares, la Theresienwiese (« prairie de Thérèse »), ce matin désert. Nous stationnons nos vélos sur la Marienplatz, hotel de ville imposant et très travaillé, nous entendrons à 11 heures le carillon et verrons s’animer les personnages sur la tour néogothique. A côté, la tour de l’église Saint Pierre propose de s’élever de 13 étages pour une vue aérienne de la ville, nous montons les 300 marches et le temps clair offre une vision circulaire sur les monuments, je ne réussis pas à localiser la chaîne des Alpes. Nous attendons la fin des messes pour visiter les églises, les Théatins (Theatinerkirche), jaune à l’extérieur, flanquée de deux tours, l’intérieur style rococo est très exubérant, avec force colonnes, statues et moulures tout en blanc. La cathédrale Notre Dame (Frauenkirche) dont les deux tours dominent la ville est de briques, comme beaucoup de bâtiments, elle a été gravement endommagée par les bombardements et reconstruite, l’intérieur assez dépouillé donne une impression de hauteur, soulignée par la colonnes octogonales soutenant la nef, les vitraux posés sur les grandes ouvertures sont très colorés. Changement de décor, nous rejoignons l’Englischer Garten, jardin anglais avec ses ruisseaux qui coulent au milieu des massifs enherbés, à son entrée, la Eisbachwelle ( vague sur l’Eisach) offre aux surfeurs un terrain de jeu prisé, leur démonstration est impressionnante et les nombreux spectateurs les encouragent. Nous nous rendons à Haus der kunz, construit par le régime nazi pour exposer l’art allemand par opposition à l’art « dégénéré » (on dirait woke aujourd’hui) qui déplaisait à Hitler, le lieu est aujourd’hui dédié à l’art contemporain, il a failli être détruit, mais le monde artistique a souhaité faire un pied de nez en changeant sa destination. Nous terminons la journée dans la célèbre brasserie Hofbräuhaus am Platzl, où dans un vacarme de conversations couvrant à peine la musique de l’orchestre traditionnel, nous dégustons une bonne bière allemande, décor, ambiance tour y est.


    Munich vu de Alter Peter
    Hôtel De ville et cathédrale
    Devant l’hôtel de ville
    Haus der kunz
    L’Isar
    Surf sur Eisbachwelle
    Orchestre de la brasserie
    Entrée brasserie Hofbräuhaus
    La guerre une voie sans issue
  • J26 Ingolstadt  -> Munich

    Un coup d’œil par la fenêtre ne laisse plus de doute, la pluie annoncée est bien au rendez-vous ce matin, nous ne nous pressons pas en espérant que ça cesse avant le départ, je pense au stress de nos vélos, quand le choc thermique et psychologique du passage du 3ème étage chauffé à la chaussée froide et humide va les percuter. Nous enfilant nos vêtements de pluie et démarrons lentement notre étape, pas grand monde dans les rues, nous sommes samedi et précautionneux par ce temps, les chiens n’ont encore pas sorti leur maître pour la promenade matinale. Lové dans la cape de pluie, je baisse la tête, ne vois que quelques mètres devant la roue et quand il s’agit d’emprunter un sentier de cailloux blancs, je trouve que c’est beaucoup moins bucolique que la veille. Le paysage est assez monotone, l’agriculture à façonné l’espace, céréales surtout, asperges certainement sur les buttes de terres bâchées, et ces grands poteaux reliés par un maillage de fils pour plantes grimpantes, c’est pour le houblon je n’avais pas encore deviné, il est pourtant nécessaire d’alimenter la production locale. Premier arrêt à Pfaffengofen, un petit marché animé la cité et la pluie a cessé, nous pouvons replier nos capes. La route passe par Dachau, nous décidons de visiter le Mémorial sur le site de l’ancien camp de concentration nazi, un audio-guide multi langues est proposé pour nous permettre de suivre le parcours dans le camp et à l’usage, je l’ai trouvé bien fait. Le site est bien fréquenté, c’est heureux de voir que l’intérêt pour connaître, voire reconnaître cette sombre époque l’histoire demeure, c’est avec gravité que je quitte ce lieu. La ville de Dachau est assez proche de Munich, notre destination du jour, ou nous sommes merveilleusement accueillis par Bénédicte, nièce de Pierre, son mari Sébastien et leurs enfants Augustin, Sixtine et Constance, merci à eux.

    Un arbre de mai et un cycliste
    La porte d’entrée du camp
    Le camp de Dachau
    Les artistes savent dire le réel, c’est ce qui déplaît aux autocrates.
    Cette sculpture complexe représente des « pieux, des fossés et des barbelés », symboles des installations de sécurité du camp de concentration. Des squelettes humains, empêtrés dans les barbelés, commémorent ceux qui, par désespoir, se sont « engouffrés dans les barbelés » et ont ainsi mis fin à leurs jours.
  • J25 Buremberg -> Ingolstadt

    J’ai loué à plusieurs reprise la prise en compte du vélo dans le réseau routier et dans les habitudes, ce qui permet au cycliste de se déplacer sereinement, de plus, je me suis félicité de la place du train l’aménagement du territoire, mais qu’on se rassure, la voiture n’a pas disparu, elle est même très présente sur les routes, nous en aurons un aperçu aujourd’hui et notre étape du jour nous conduit à Ingolstadt, siège du constructeur automobile Audi. Ce matin nous avons rapidement quitté les rues pour un chemin, sans bitume, qui traverse la forêt, ça fait du bien d’entendre les champs d’oiseaux, les roues glissent silencieusement sur le revêtement balayé par les passages successifs, ou craquent sur les cailloux blancs, voire s’enfoncent quand la couche est plus épaisse, nos vélos ne joueront pas au petit poucet pour retrouver la route. Nous croisons un étroit canal qui s’éveille baillant une vapeur blanche, je vois une bergeronnette des ruisseaux traverser l’eau, plaisir. Après quelques petits villages, nous retrouvons le large Main-donau-kanal, pas plus fréquenté que la veille, mais ici pas d’industries, juste quelques canards, nous roulons sur la digue quand une déviation nous détourne, bien fléchée, nous n’avons pas de mal à retourner sur notre itinéraire. Nous sommes ensuite sur une large vallée et bientôt la piste cyclable est au bord de l’autoroute, pas très long, pas très agréable non plus avec le bruit de la circulation et le paysage n’est pas spectaculaire. Avant Ingolstadt, le trajet emprunte une vallée plus étroite au milieu de la forêt, ça monte progressivement jusqu’à 500 mètres d’altitude, pas trop de voitures, je profite, puis ce sera la descente vers la ville, accueillis par Audi qui s’affiche un peu partout, dont usines et siège occupent l’espace. Nous visitons la vieille ville, agréable sous le soleil,  château, églises catholique puis protestante, les rues sont animées, les locaux sont de sortie dans une ambiance conviviale, les terrasses sont pleines.

    Main-donau-kanal
    Kipfenberg
    Ingolstadt, ancien rathaus
    Ingolstadt, nouveau rathaus
    Ingolstadt, neufs schloss (nouveau château)
    Miniature les noces de cana dans l’église « Münster zur schönen unserer lieben Frau », église Notre Dame
    Kreutztor
  • J24 Bamberg -> Nuremberg

    Pas de pluie ce matin, premier parcours d’une dizaine de kilométres travers les voies de la périphérie pour nous rendre à Bamberg, vieille cité riche en monuments dans son centre historique. Nous faisons un tour dans la ville petites rues pavées, église, habitats au bord de la rivière Regnitz, très agréable pour commencer la journée. En sortant de la ville nous ne quittons pas la Regnitz puisqu’elle rejoint le canal Main-Danube, que nous allons côtoyer une bonne partie de la journée. Le canal ne paraît plus très utilisé pour la navigation si nous en croyons l’absence de trafic constaté, par contre les voies qui le bordent sont sont elles bien parcourues par les cyclistes et promeneurs, nous serons parfois au bord de l’eau ou sur une digue, voire en bas de la digue, c’est une vaste plaine sans relief, quelques cultures, beaucoup d’industries et de bureaux. Nous allons cheminer en traversant de loin en loin le canal, des bras ou le Main, sans très bien savoir ce qui coule, en dehors de ces petits passages, c’est plat bien sûr. Arrivés à Erlangen, ville universitaire proche de Nuremberg, ai milieu d’une grande place, quelques étals proposent de la restauration, nous nous laissons tenter un généreux sandwich à la saucisse franconniene, que nous irons déguster dans le parc proche. Nous sommes depuis hier dans la région de Franconie (qui peut être basse, moyenne ou haute), patrie des Francs qui ont aussi envahi la Gaule pour la transformer en France, donc les Français sont aussi un peu Germains. Nous terminons notre journée à Nuremberg, belle ville historique « reconstituée » après sa destruction pendant les bombardements de le seconde guerre mondiale, les photos de l’après guerre montrent le travail accompli. Nous commençons par la raide montée vers le château qui domine la ville de sa construction de pierre rouge, puis à côté de l’hôtel de ville, nous visitons l’église Saint Sébald, elle est de culte protestant Lutherien, comme celle de Saint Laurent toute proche, gothiques toutes les deux, reconstruites également, n’étant pas spécialiste des rites religieux, je ne vois pas beaucoup de différence avec les églises catholiques, pour autant ce sont deux beaux monuments, riches d’œuvres à l’intérieur comme à l’extérieur. La vieille ville à conservé ses fortifications, nous en longeons une partie pour nous rendre au palais de justice, qui a vu se tenir le procès de Nuremberg. Vaste bâtiment tout en colonnades, il abrite le mémorial du procès, dans une aile, nous n’avons pas visité.

    Bamberg
    Bamberg
    9Bamberg Centurione I, oeuvre de Mitoraj,  présente des caractéristiques de statues antiques auxquelles sont infligées des blessures et des dégâts. L’artiste fait ainsi allusion à la fois à l’imperfection de la nature humaine et à sa fragilité.
    Bamberg
    Bamberg
    Chateau Nuremberg
    Chateau Nuremberg
    Nuremberg
    L’Allemagne met beaucoup de sculptures dans ses rues
    Église saint Laurent
    Fortifications Nuremberg
  • J23 Probstzella -> Bamberg

    Calme plat ce matin, l’hôtel semble déserté de toute présence humaine, nous le quittons sous un ciel brumeux et gris, je ne tarde pas à sentir quelques gouttes de pluie, c’est la première fois depuis le début de notre périple, nous avons bien profité du temps sec et ensoleillé. Départ par la vallée du Loquitz, qui accueille outre la rivière, voie ferrée, route, piste cyclable, allant en se rétrécissant nous sommes sur la route jusqu’à Ludwigstadt et bifurquons pour rejoindre Steinbach am wald d’abord par  une route forestière goudronnée, j’avais noté une grande montée, mais quand s’est affiché le panneau dénivelé à 13% sur 2 kilomètres, j’ai eu une pointe de découragement, qu’à cela ne tienne, je me concentre sur la pente et m’élève doucement au milieu de la forêt bien décimée par endroits. La pluie s’est un peu intensifiée, je ferai la partie la plus raide à pied avant de remonter sur le vélo pour rouler jusqu’au sommet (700 m), on a sa dignité. Nous avons quitté la Thuringe pour la Bavière et sommes donc à nouveau en ex Allemagne de l’ouest, le paysage a changé, la montagne s’efface, nous sommes dans une large vallée, traversons de petites villes séparées par quelques cultures, ajouté au temps gris, ce n’est pas très beau et pour la première fois, je note que la Bavière respecte moins le cycliste, absence de priorité vélo, villes sans cheminement cycliste en dehors de trottoirs ni facilement accessibles ni confortables, pistes qui traversent la route sans protection de la circulation, j’avais été habitué à mieux. Arrêt pique-nique à Kronach, un peu de calories pour se réchauffer, la pluie s’arrête. La route se poursuit sans difficulté, c’est plat ou en descente légère, sauf quelques petits raidillons qui me surprennent dans mon élan. Arrivée dans un hôtel sans personne à la réception, nous entrons grâce au code transmis, le progrès est en marche.

    Je viens de plus bas …
    J’arrive en haut
    Kronach
    Marktzeuln
    Marktzeuln
    Lichtenfels
    Lichtenfels
    Staffelstein
  • J22 Jena -> Probstzella

    Chants d’oiseaux au réveil ce matin, ça fait plaisir, il est vrai que la proximité de la montagne offre un terrain d’exploration naturel et riche. Nous partons avec un temps gris, brumeux et un peu frais nous mélant aux écoliers sur les trottoirs et aux cyclistes qui nous doublent, pressés de rejoindre leur lieu de travail. Nous parcourons les hauteurs de la ville, plus résidentielles avec des immeubles de la RDA bien reconnaissables par leur architecture solide et conventionnelle. Après la sortie de la ville, c’est une piste cyclable qui accueille les roues de nos vélos, les plantations céréalières semblent gagner de la hauteur depuis notre entrée dans le pays, le printemps s’ancre, précautionneuse ou prévoyante, la forêt a conservé sa couleur hivernale, j’apprécie ces passages dans le couvert arboré, après quelques montées et les rayons du soleil qui percent les nuages, nous sommes parfaitement réchauffés. Devant les maisons des villages, les plantent tendent leurs pétales et nous voyons pour la première fois un forsythia en fleur et les fruitiers gonflent leurs bourgeons. Nous longeons plusieurs fois une rivière, la Saale notamment et sommes toujours à contre courant, nous montons donc légèrement et voyons la trace des castors qui bûcheronnent consciencieusement et efficacement quelques arbres en laissant les copeaux en paillis, certains troncs entamés sont énormes, ça fait moins de bruit qu’une tronçonneuse, je comprends l’émerveillement du philosophe Baptiste Morizot quand il imagine une association avec le rongeur. Le printemps nous accompagne, je vois voler les premiers papillons de l’année, belles retrouvailles. Nous route est sympathique sans grande difficultés, parfois en terre, souvent sur enrobé et un peu pavée, ce que nous essayons de contourner. Avant l’arrivée à Probstzella, le terme de la journée, la piste cyclable est en travaux de réfection et fermée, nous empruntons la route, il y a un peu de circulation, mais la pente est plus progressive que la voie vélo toute en montagnes russes, les travaux semblent d’ampleur, enrobé, glissières ou garde-corps en bois. Probstzella, petite localité du parc naturel des monts de Thuringe, avait la particularité d’être sur la frontière RDA-RFA sur une zone Est incluse dans la frontière, donc ses habitants étaient soumis à l’interdiction d’aller à l’ouest et de plus avaient des restrictions de circulation vers l’est, certains ont même été déplacés, car peu sûrs pour le régime, un musée installé dans la gare retrace cette époque, mais il est fermé aujourd’hui. L’hôtel où nous logeons a été imaginé et dessiné par un architecte du mouvement d’art bauhaus, contemporain de la république de Weimar et considéré comme l’avant-garde du modernisme, le bâtiment est accolé à la falaise et y est comme appuyé, tout en s’élèvant vers la montagne qui enchâsse la ville.

    Rothestein
    Même en forêt, la voie forêt n’est jamais loin
    Passage à niveau non protégé, le train n’est pas très rapide, mais il n’est pas interdit de regarder avant de traverser
    Pößneck
    Kaulsdorf
  • J21 Leipzig -> Jena (train et vélo)

    Nouveau parcours en train ce matin, l’hôtel est en face de la gare, il suffit de traverser la rue pour se retrouver sur le quai, nous sommes les premiers ou presque à patienter, dans une guérite, une personne vend un café chaud servi en grand gobelet, bienvenu, il réchauffe les mains et la gorge, nous avons fait l’impasse sur le petit dejeuner. Installation facile dans le train, vélos garés, voyage sans histoire si ce n’est un retard pas bien gênant. Descente organisée et rapide en gare de Zeist, nous prenons ensuite le temps de nous restaurer dans un parc public, le temps brumeux s’est adouci, pause agréable avant de rejoindre la piste cyclable qui longe la rivière, qui doit largement s’étendre en crue si m’ont en croit les digues installée. C’est, grâce au train, une étape relativement courte, 60 kilomètres, en vallée pour l’essentiel avec quelques montées consistantes, voire indigeste pour l’une d’elle. C’est le paysage de cultures agricoles, pas désagréable, manquant un peu de vie à mon sens, quelques oiseaux, des corneilles, des alouettes inspectant le futur emplacement de leur progéniture. La traversée des petits villages nous fait trembler sur les pavés, le reste de la route est en bon état et en site propre généralement. A Hainspitz, une naïade au milieu de l’étang arrête notre élan, puis c’est près d’elle qu’un banc accueille notre pique-nique, les foulques bien bruyants se battent-ils pour les yeux de la belle indifférente ? L’arrivée de Iéna est en pente et la ville est enserrée par des falaises sur lesquelles on voit perchées, des maisons colorées qui doivent être parfaitement exposées au moindre rayon de soleil. La ville est celle de Carl Zeiss opticien bien connu pour ses objectifs d’appareils photo et jumelles de qualité, l’usine est en hauteur de la ville. Dans la même veine, le planétarium baptisé Zeiss en l’honneur de l’opticien, date de 1926 et est encore en activité. La musique des orgues a accompagné notre visite de l’église Saint Michel, un bon moment. La ville est vivante, quant à l’architecture, comme souvent en Allemagne c’est un ensemble de bâtiments de différentes époques qui se mêle sans organisation me semble-t-il et sans que ce soit choquant. Notre hébergement est sur la hauteur, quelques bons coups de pédale pour y arriver, l’endroit est sympathique, le personnel accueillant.

    Eisenberg
    Naïade Hainspitz
    Sculpture Hainspitz
    Iéna
    Iéna
    Deux tours, deux époques

le cycliste et sa monture à l’arrêt