Commencer la journée en appuyant sur un bouton pour les transformer en 5 minutes de bonheur ou comment effacer 70 mètres de dénivelé prévus dans l’itinéraire par un voyage panoramique dans l’ascenseur de Pfaffenthal et nous élever sans effort de la vallée de l’Alzette, poussés par cet élan, la suite de cette belle journée fut à l’image de ce moment bien agréable.
Une voie toute tracée depuis Luxembourg, le chemin cyclable nous extrait astucieusement de la ville, pas de discontinuité, les voies bien protégées, nous roulons facilement jusqu’à un panneau route barrée à un kilomètre, il n’y a pas de barrière, en bon Français frondeur (Pierre n’a pas vu), je me dis route barrée pas pour moi, il y aura bien un trou de souris pour passer, sauf que au bout, pas de possibilité, demi-tour pour prendre la déviation cycliste et là, pour nous cyclistes à chaque intersection ou changement de direction, un panneau indicateur nous ramène sur la bonne route, bravo et honte à moi. La circulation automobile est dense pour aller vers Luxembourg, mais je ne sens pas de stress, ni d’impatience chez les conducteur.trice.s, pas de moteur qui gronde ou de klaxon, zen les Luxembourgeois.
Après une première ferme un peu inattendue aux portes de la ville, nous retrouvons la campagne et ses vastes champs, ce sont surtout des prairies artificielles me semble-t-il, destinées à l’élevage mais non clôturés, donc on peut penser que tout se passe indoor, hors sol ? La eoute se transforme pour nous en un chemin forestier, revêtement un peu raide et chaotique mais c’est agréable, seule l’odeur de lisier sur la fin agresse les narines, nous retrouvons la civilisation.
Puis un paysage de montagne, petite diraient les puristes mais les 500 mètres d’altitude maximum créent une atmosphère, des chalets ou petites maisons de villégiature je suppose ont poussé, des campings invitent aux vacances, nous sommes dans le massif des Ardennes. Le vent est favorable, je me sens bien en forme dans la montée du jour.
Nous suivons une route jalonnée des bornes frontière historiques installées en 1843, date à laquelle le Luxembourg belge est séparé du grand duché du Luxembourg, et la création de ce nouvel état que nous quittons pour la Belgique, mentionne une pancarte nous souhaitant la bienvenue, pas de guérite, pas de douanier au képi suspicieux, le circuit cyclable continue, et en fait en regardant l’itinéraire pris, nous y étions déjà avant de tangenter la frontière. Pierre, grand pratiquant vélo me fait remarquer que nous empruntons une voie Ravel (Réseau Autonome des Voies Lentes), ensemble de voies cyclistes de Belgique, c’est également une partie de l’EuroVelo 5 également dénommée « Via Romea Francigena », qui relie Canterbury en Angleterre à Brindisi en Italie. C’est par une ancienne voie de tramway, fort bien aménagée dans la sillage de la rivière Sûre, elle même corridor préservé dans sa vallée inondable restaurée dans sa diversité, que nous rejoignons Bastogne. Nous logeons dans la future maison encours de rénovation de Jean-Bernard et Clémentine, filleuls Rwandais de Chantal et Pierre, tout est prévu pour notre arrivée, collation, bières, lits et linge de maison, ainsi que des chauffages d’appoint, merci.








