C’est la conférence des choucas rassemblés sur les hauts toits de la place qui m’accueille au réveil, plus bas les tramway ont repris leur ronde sous un ciel gris, le froid est là, la météo n’annonce pas de précipitations, à nous de nous mettre en selle. Sortie de la ville, parfois sur la chaussée, parfois sur le trottoir en évitant les rares piétons, voire sur la piste cyclable, pas toujours bien repérée. Nous sommes samedi matin, tout est encore bien calme, la circulation n’a pas repris son manège. Nous atteignons la forêt, la pente est douce, nous sommes proche d’une voie ferrée, que nous traversons plusieurs fois, le passage à niveau n’a pas toujours de barrière, seulement des feux et une grande croix rouge, prudence de mise, mais je trouve ça sympathique au détour d’un virage. Nous traversons quelques villages avec leur centre de maisons à colombage auxquelles je trouve du charme, elles sont un peu toutes sur le même schéma, des poutres horizontales, verticales et obliques, mais le bois n’est pas rectiligne, c’est plutôt un tronc sommairement équarri, des motifs ni géométriques ni identiques et la construction crée un ensemble harmonieux à mon goût.
Près de Ifta, nous traversons l’ancienne frontière entre l’Allemagne de l’ouest et de l’est, un panneau l’indique et c’est avec émotion que je me remémore cette époque, les drames dont on entendait parler, puis cet espoir après la chute du mur et enfin la réunification en 1990. Nous sommes en Thuringe et les villages que nous traversons ne diffèrent pas de ceux que nous avons vu jusque là, le.niveau de vie semble similaire vu de l’extérieur. Notre parcours suit néanmoins des chemins en moins bon état et nous récupérons une belle piste cyclable pour terminer notre journée à Eisenach, petite ville qui a vu naître Jean-Sébastien Bach et où Luther (Martin Luther) père du protestantisme, a traduit la bible en allemand.
Une belle étape, pas trop difficile, mais un froid vif et du vent, l’hiver est encore là.





