J4 Bastogne -> Malmedy

Le touriste Belge que j’avais rencontré à l’auberge de jeunesse me l’avais affirmé et je l’avais aperçu hier en arrivant à Bastogne, les ronds-points sont remplis de vieux chars américains, le pays a payé un lourd tribut à la guerre, la seconde comme la première. A la sortie de la ville, le rond-point est dédié à la Doyenne, course cycliste, la célèbre « Liège Bastogne Liège », qui décrit une boucle passant par le massif de l’Ardenne, bien pentu par endroit, nous le verrons encore un peu aujourd’hui, par contre, nous mettrons deux jours pour aller à Liège et ne ferons pas le retour. Pour nous le trajet d’aujourd’hui commence sur l’ancienne emprise d’une voie ferrée transformée en RAVeL (réseau à vélo de l’éloge de la lenteur tel que j’ai envie de le renommer) et c’est un régal sur une trentaine de kilomètres, revêtement lisse, indications claires,  carrefours signalés par marquage au sol, je crois rêver en voyant les croisements aménagés de pistes cyclables, pour ne rien gâcher, la pente faible est en notre faveur, le soleil brille. A la sortie de Bastogne, nous voyons les vestiges d’anciennes mines (de plomb me dira wikipedia), cratères béants, terrils abandonnés à une maigre végétation et rapidement c’est l’agriculture qui modèle le paysage, nous voyons quelques vaches dans les prés, puis ce sont les plantations de sapins et pins dont quelques parcelles mortes vraisemblablement du fait de l’invasion des scolytes, ils sont mal en point les puits de carbone. Au détour de la voie, le GPS nous intime de prendre un chemin non goudronné,  c’est la surprise, nous quittons le doux revêtement. Nous sommes encore entre la province belge du Luxembourg et le grand duché et voyons quelques bornes, le relief revient à son état naturel, sans l’intervention humaine d’aider la locomotive dans la pente, l’Ardenne vallonne. A Saint Vith, nous prenons notre pause déjeuner dans une grande aire de jeux, située au centre de la ville, temps de repos agréable à regarder les acrobaties des jeunes autour de nombreux équipements. La ville présente peu d’intérêt architectural et en Belgique, nous ne retrouvons ni le flegme ni le zen luxembourgeois, la circulation automobile est plus heurtée, les klaxons se font entendre. Nous prenons une nouvelle voie ravel, parfaitement aménagée elle aussi et passons par la ligne de partage des eaux Rhin Meuse, nous indique un panneau, mais pourquoi ne parle-t-on pas de fleuve pour ce cours d’eau en France ? Puisqu’on parle de la France, si le Luxembourg est multilingue, la Belgique ne l’est pas moins, les gens parlent français ou flamand voire allemand et semblent passer d’une langue à l’autre avec une grande facilité, contrairement à l’indécrottable mono-langue que je suis.
La fin du parcours vers Malmedy sera également sur une voie cyclable bien aménagée, avec une bonne pente nous glissons sans peine jusqu’à notre hébergement.
Depuis la chambre de l’auberge de jeunesse, j’aperçois le camping qui s’anime, des barbecues fument,  c’est le week-end, je suis un peu perdu dans les jours, j’ai vite décroché du calendrier.

Rond-point cycliste Bastogne
Les circuits ravel
Voie ravel
Paysage
Paysage
Les perce-neige ont jalonné notre parcours
Un chemin de fer transformé en chemin de croix, les voies du seigneur…
Pont Malmedy
Le même pont en 1944, qui veut la guerre ?

Laisser un commentaire