Vers la vagabonde Bourges Nozières

Départ en tension pour ne pas dire en stress, entre ne rien oublier et être à l’heure de la sncf, le train est à 6h26 et non pas à 6h36 comme je l’ai cru jusqu’à l’arrivée en gare qui n’affichait aucun départ sur cet horaire. Un peu plus de 40 minutes de vélo, la nuit est encore noire dans le petit matin frais, mais rapidement l’ovale de la lune aidée des enseignes et lumières bien présentes atténue l’éclat stellaire. Le phare se fraie un étroit chemin dans l’asphalte, prudent je navigue à vue, c’est-à-dire à quelques mètres, voitures et camions peu nombreux déchirent le silence matinal qui disparaît à l’approche de Nantes. Sous les coups de pédale mesurés, j’avance, le voyage est commencé. Voie 53 annonce le panneau, ni ascenseur, ni escalier pour rejoindre le quai, pas même une pente, que du bonheur, j’installe le vélo tranquillement, pas de crochet pour suspendre péniblement son poids conséquent de ma hauteur peu conséquente, tout commence bien pour ce premier saut vers Bourges où je sortirai le vélo pour rejoindre en pédalant le premier hébergement à Nozières. Par la fenêtre, je vois le jour blanchir la nuit, sans parvenir à trouer la brume des bords de Loire que je sais là invisible, puis le soleil surprend le paysage de sa boule rouge, la lumière à gagné la partie. Depuis la gare de Bourges je parcours les rues pavées du centre, architecture riche, maisons à colombages, châteaux quel patrimoine
Cathédrale en travaux bien sûr, statues décapitées ou absentes sur le portail principal mais quel édifice, immense harmonieux et lumineux avec ses vitraux dans les ouvertures. Puis comme un air de printemps devant la maison de la culture, je reconnais le site adjacent du festival que nous avons eu le plaisir de suivre quelque temps.
Canal du Berry au sortir de Bourges longeant un vaste plan d’eau, des échelles de piscine plongent dans l’eau, mais nul baigneur à l’horizon, algues et bouteilles plastiques flottantes n’y incitent pas.
Le canal lui est à sec et désaffecté, juste un peu d’eau au fond pour alimenter la végétation en pleine forme, comme moi quand je roule sur le plat des chemins de halage en enrobé. La chaleur monte j’apprécie le couvert des arbres jusqu’à Plaimpied-Givaudins où trône une grande abbatiale, puis Senneçay petit village, le vieux bâti de pierre et tuile côtoie le neuf, arrêt pique-nique et petite sieste sur un banc.
La route est bien droite et plutôt plate, j’aperçois de loin l’autoroute, les villages qui ponctuent le trajet s’espacent, la forêt se fait rare puis ce sont d’immenses champs, je ne m’attarde pas. A l’entrée de Vallenay grande usine Smurfit, dans le village désert, nombre de maisons semblent bien inoccupées, le passage de quelques voitures troue le silence, par différence, je mesure le bruit parasite. Avant
Farges-Allichamps, c’est sur un chemin que m’envoie le gps, puis dans le village, un panneau
m’indique pavillon du centre de la France, n’apercevant rien de plus, je passe et me retrouve plus loin devant une autre indication, la côte semble raide, mais je ne vais quand même pas rater ça. Un peu étonné en grimpant de voir apparaître un logo McDonald’s, puis Starbucks c’est en fait une station de l’autoroute, que je parcours finalement à vélo, une grande première, mais une certaine déception sur le lieu.
Geneviève, hôtesse de ce soir me dira qu’une colonne a été érigé à Bruère, commune proche dans laquelle je ne suis pas passé. Le village de Nozières est situé en hauteur, j’y termine l’étape par une pente un peu raide, un avant goût des jours à venir.

Cathédrale Bourges
Ancienne abbaye Plaimpied-Givaudins

Bourges -Nozières + gare 68 km 425m dénivelé

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