Quand on regarde la carte, le trajet est une assez courte étape le long de la Vilaine pour nous conduire jusqu’à Redon. Réveillé par un fort coup de vent puis par une grosse pluie, je me dis que la journée ne sera peut-être pas un long fleuve tranquille. La pluie ralentit puis cesse avant d’enfourcher nos montures elle aussi douchées, j’enfile par précaution les vêtements de pluie, le vent souffle, il nous est favorable c’est déjà ça et la pluie nous épargnera. Nous rejoignons rapidement les hauts de la Vilaine, puis c’est sous le soleil que nous l’admirons au petit port de Trehiguier, puis nous remontons sur les hauteurs pour ensuite descendre vers le barrage d’Arzal,. Arzal a été construit pour réguler le cours du fleuve, éviter les inondations et créer une réserve d’eau potable, dans le même temps il a permis le développement de la plaisance et en plus des ports bien occupés, nous verrons quelques terrains campings, la mer n’est pas si loin. Pendant une partie de la journée nous ferons des allers et retours entre le haut du versant et la vallée, monter puis descendre et recommencer. Nous suivons la véloroute bien balisée comme hier sur des revêtements stabilisés passant par des paysages arborés ou bocagés, à peine quelques passages boueux et humides, j’apprécie. Depuis les hauteurs de la Roche Bernard, « l’ancien » viaduc, souvent aperçu depuis la route nationale, étire ses deux pylônes blancs vers les nuages, les bords du fleuve sont beaucoup moins animés qu’en juin 2020, quand j’avais fait une échappée post confinement, les quais sont seulement parcourus par un vent glacial qui nous invite à chercher dans la ville haute un abri, ce sera une terrasse de café après la courte mais rude montée aux côtés de nos vélos. Petite collation, ainsi ragaillardis nous reprenons la route, on se rapproche de la vaste plaine de la Vilaine, moins de relief pour rapidement atteindre les marais, nous appréhendons un peu, mais aucune inondation ne vient couper notre chemin même si comme partout l’eau remplit fossés, ruisseaux et détrempe la terre des champs, passablement immergées les cultures souffrent. Quelques kilomètres avant Redon, écluse des Bellions, le canal de Nantes à Brest rejoint la Vilaine et je découvre que ledit canal se jette deux fois dans la Vilaine, une fois aux Bellions donc et plus loin à Saint Nicolas de Redon après un chenal latéral que nous suivrons pour terminer notre étape, la raison est la marée qui avant la création du barrage d’Arzal ne permettait pas de rejoindre le fleuve selon la hauteur de l’eau. A Redon, l’abbatiale est en travaux et inaccessible, nous voyons juste son clocher séparé de l’église par le bâtiment de la mairie, religion et administration cohabitent depuis longtemps en Bretagne.
Pénestin – Redon : 64 km, dénivelé 525 mètres













