Départ de Trignac vers le front de mer à Saint Nazaire, le soleil nous accueille, sportifs et promeneurs foulent la promenade qui ouverte sur la mer a éloigné les véhicules, ces transformations ont bien changé la face de la ville. Nous longeons la côte au milieu des habitations, Saint-Marc, Pornichet seules quelques rares trouées nous font apercevoir la mer, le voyage est néanmoins agréable sur ces routes peu fréquentées, puis la Baule que nous quittons pour rejoindre Guérande, cité fortifiée, petit arrêt et direction le marais bien calme, seuls les oiseaux foulent la vase des œillets pas encore apprêtés pour la récolte du sel, la chanson de Servat résonne dans ma tête, quel panorama rend-il avec justesse dans ses mots, la tour de Saint Guénolé, phare que je repère de loin, « le manteau d’Arlequin où les œillets se fendent » évoque la mosaïque de cet espace mystérieux au profane. La Turballe, ville familière également, nous arpentons la longue jetée récemment consolidée avec d’énormes blocs de granit ou de béton, pourra-t-elle toujours résister aux assauts de la mer et protéger ce port de pêche ? A partir de Piriac la petite cité de pierre, je sens l’influence de la Bretagne dans la toponymie et le GPS devient indispensable pour s’orienter dans cet ensemble de anses et pointes tourmentées par la mer, de leur côté les hommes installés ici, ont façonné la géographie des marais au fil de siècles, occupation et cohabitation longue, aujourd’hui ce sont les activités de loisirs et tourisme qui priment sur l’aquaculture , résidences aux volets clos apparemment inoccupées, nombreux champs de mobil homes enchevêtrés dans l’attente de l’estivant. Pointe de Kercabellec, Mesquer, Quimiac, dédalle de chemins et petites routes, endroits connus et parcourus toujours avec plaisir, notre circuit est plaisant et la météo nous a ménagés, un peu de pluie froide, quelques passages boueux jusqu’à l’arrivée à Penestin, entrée dans le Morbihan, nous foulons la Bretagne administrative, mais nous étions déjà, que valent les limites et les frontières sur l’esprit de ses occupants. Douche froide à l’arrivée, la porte de l’hébergement est fermée, nous resterons à grelotter jusqu’à ce que Pierre ait l’idée de pousser la porte du bar tout proche, douceur de la salle, puis de la bière. La petite maison enfin ouverte, nous nous ruons sur le thermostat des radiateurs, le refuge est sympathique et bien aménagé.
Trignac – Pénestin 84 km dénivelé 575 mètres







