J72. Messine = Catania -> Calascibetta. 14 juin

Début de la journée en train pour nous rendre à Catane avant d’enfourcher les vélos. Nous avons pris les billets hier, pendant que Pierre faisait la queue au guichet, je tentais sans succès d’extraire le sésame de l’automate, quand un employé nous a invités à aller à la boutique, qui en fait est le marchand de journaux et autres babioles vendues dans les gares, pas évident. Ce matin, ascenseurs bienvenus à Messine pour emprunter le sous-terrain, montée dans le train à la force des biceps, secours apprécié par mes petits bras . Le train est confortable, pas très rapide, les arrêts sont nombreux, nous longeons la mer, la côte est bien urbanisée, je m’étonne de cette île, grande comme un pays. Arrivés à la gare de Catania, pas d’ascenseur pour descendre et monter les vélos, c’est encore Pierre qui s’y colle. Comme ces jours-ci lors des aléas et de la course entre les différents transports, je pense à Phileas Fogg, on pourrait croire que Pierre est Jean Passepartout avec sa force et sa souplesse, pour autant son côté méthodique et organisé le fait aussi pencher vers Fogg, notre voyage fait un peu plus de 80 jours, dommage pour le roman. La circulation dans Catane ressemble à l’Italie, si la route sur laquelle je suis est prioritaire, faire très attention, les autres ne le savent pas forcément, il faut dire que le vélo n’est pas considéré comme un vrai véhicule, on peut griller les feux, aller à contresens sans que ça choque les policiers, donc pour entrer sur le grand rond-point au sortir de la gare, j’attends un peu et le flot ne se tarissant pas, je me lance. Notre étape du jour un peu longue nous fait aller d’est en ouest à l’intérieur des terres, la ville s’étale assez loin, puis nous passons dans les vergers, ils sont tous clos, je réussis à subtilier une orange oubliée sur l’arbre à travers le grillage, ce sera la seule. Par la suite, nous passons au bas des montagnes, la plaine et les pentes font désert, on pourrait se croire dans les vallées de l’ouest américain, pas de villages, quelques habitations en ruine, des engins moissonnent le blé, les rares troupeaux sont de vaches ou de moutons, pas bison semble-t-il. La route est en dents de scie, d’abord scie à métaux, puis à bois, ensuite à bûches et pour finir dent de requin, nous finissons dans la montagne, une averse nous surprend, heureusement courte avant d’atteindre Calascibetta, nous sommes un peu en dessous de la ville posée sur un éperon rocheux, elle fait face à Enna située sur la montagne d’en face, deux villes qui se méritent. Le temps s’est bien refroidi, le soir nous sommes dans le brouillard.

Catania -> Calascibetta 95 km dénivelé 1115 mètres

Vue du train
Vue du train
Vergers
Vergers
Calascibetta
Enna
L’orage viendra-t-il ?

Paon près de l’hébergement

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