J58. Chios ~ Kavala. 31 mai

Journée particulière suis-je tenté de dire, mais y a-t-il des jours communs sans leur lot de surprise, d’inconnu, de découvertes. Aujourd’hui nous voguons sur le ferry qui nous transporte nous et notre équipage vers Kavala, traversée de 12 heures sur la mer Egée. Nous sommes à quelques dizaines de mètres de l’embarquement que j’ai repéré hier, départ prévu à 6h35, nous divisons par deux les 2 heures préalable à l’embarquement, indiquées sur les consignes. Réveil à 4 heures, avaler quelque chose, rassembler nos affaires, les descendre avec les vélos, je distingue par la fenêtre ouverte le bourdonnement d’un moteur de bateau au ralenti, rassurant. A peine 5 heures passées nous sommes sur le tarmac, c’est bien un ferry, il ronronne toujours, ballet de camions, entrées, sorties, renseignement pris, ce n’est pas notre bateau qui arrivera à 6 heures, des chaises bienvenues accueillent notre attente. C’est étonnant un port, généralement vide, déserté, inaccessible, il s’ouvre, s’anime à l’arrivée du navire, disperse rapidement véhicules et personnes pour se rendormir, les départs eux s’étalent dans le temps, les passagers néophytes, arrivés en avance se massent en petits groupes, affinités, modes de transport, nationalités dans l’attente de l’indication puis l’ouverture d’un nouveau sas qui forme de nouvelles files. Six heures passées, le personnel du port s’active, les grilles coulissent en grinçant, un bateau approche, c’est bien celui qui nous transporte, vélos attachés en soute, sortie du quai en douceur, dans les étages, les dormeurs occupent les canapés ou la moquette, le mastodonte a commencé son périple bien avant, il glisse sur la mer, seul le regard attentif mesure la vitesse du déplacement. Premier arrêt à Lesbos, des passagers se massent vers les sorties, déclenchent une migration interne, déplacement de passagers avisés vers des endroits repérés pour leur situation ou confort, nous investissons le coin convoité avec fauteuil et banquette, puis nouvelles entrées, nous sommes dans l’omnibus. Arrêt à Lemnos, port de Myrina, je vais sur le pont extérieur pour une vue de l’île, volcanique également, les habitations regroupées près du port, nous sommes quelques passagers désœuvrés à regarder les manœuvres des poids lourds s’engouffrant dans le ventre du ferry, j’ai beau réviser mon Archimède, je suis toujours impressionné par la capacité de chargement. Nous longeons longuement des côtes embrumées sous le soleil, passons près de l’île de Thasos, grande, peu peuplée, pas de halte, le long voyage n’est pas désagréable, je suis néanmoins satisfait de poser les pieds sur la terre ferme à Kavala.


Lemnos

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