J42. Harmanli -> Edirne 15 mai

Temps un peu gris ce matin, nous espérons rejoindre le soleil, destination la Turquie, la route est annoncée droite et plane pour notre dernier bout de chemin avec la Bulgarie, nombreux champs de tournesols encore en herbe, serres, plantations se cachent derrière les haies et arbres de bord de route, le remembrement n’a pas eu raison de cet espace libre. Premier carrefour après 20 kilomètres, nous attendons une petite route, petite certes mais non revêtue, coup d’œil sur la carte, pensée à nos vertèbres et articulations, la grand route c’est pas si mal. Averti par le craquètements, j’aperçois plusieurs cigognes, le pays leur plaît, elles ne sont pas farouches et font des allers et retour planants pour nourrir le cigogneau, la nourriture semble abondante dans la région et je vois à nouveau la nuée de passereaux qui a élu domicile dans l’édifice. J’avais aperçu vu le mot Grèce sur un panneau et maintenant c’est la frontière pour la Grèce, nous ne nous y attendions pas, nous sommes dans la Thrace, région grecque, un passage vers la Turquie, ça me rappelle vaguement quelques cours d’histoire ou peut-être Astérix et Obélix, renseignements pris, cette région historique est partagée entre Bulgarie, Grèce et Turquie. Les frontières avec nos vélos, on ne sait jamais où aller, ni où s’arrêter, d’abord il n’y a pas généralement de panneau pour les vélos et les multiples guérites s’ouvrent à gauche ou restent fermées et comme nous savons le douanier sourcilleux, nous y allons avec prudence, Pierre premier de la classe ouvrant le bal (la guérite), c’est plus ou moins long et je note que le douanier est plus détendu quand nous sortons de son pays. Après la Bulgarie, le paysage change peu, un peu de cultures, l’habitat des villages est moins pauvre, mais en regardant de plus près, beaucoup de maisons sont closes et il y a peu de vie. Nous roulons sur une petite route comme je les aime à vélo, étroite, légèrement sinueuse, pas trop neuve ni dégradée, au milieu de la végétation, longeant une (trop) discrète voie ferrée, sous le soleil, le bonheur, bientôt freiné, nous débouchons sur un chemin profondément creusé par les roues des engins agricoles, guère d’alternative, nous y allons et réfléchissons au bout d’un kilomètre quand une voiture de police s’arrête à notre hauteur, les policiers nous déconseillent d’aller plus loin et précisent que le pont sur la rivière est cassé, demi-tour et détour de plus de 10 km. On peut remarquer que quand deux cyclistes lourdement chargés s’aventurent sur des chemins de traverse pas loin d’une frontière, ils sont bizarrement hélés par la patrouille qui les remet dans le droit chemin. Pour finir notre détour à travers la campagne où la sécheresse se fait déjà sentir, c’est un gué qui nous attend pour traverser le rivière, Pierre descend de son vélo et moi gaillard je reste sur la selle les chaussures au sec, jusqu’au moment fatidique où la roue glisse sur les algues et je mets pied à terre dans l’eau, la chaleur revenue ne chauffera pas assez pour nous sécher, mais comme dit le poète « Il me semble que la misère serait moins pénible au soleil… », je souscris. Nouvelle frontière, la Grèce nous souhaite bon voyage, la Turquie vérifie nos passeports dans un grand espace artificiel, arrivée rapide sur Edirne. Grande ville très animée, touristique, petit tour dans les rues du centre, marché couvert immense, beaucoup de produits locaux et occidentaux, pas de dépaysement pour l’instant, si ce n’est la chaleur.

Harmanli -> Edirne 86 km dénivelé 350 mètres

Le gué
Le gai passage

Edirne le marché

2 réflexions sur “J42. Harmanli -> Edirne 15 mai

  1. C’est à partir de Venise que nous avons pu vous rejoindre, et depuis, accrochés à ton journal nous voyageons. Tu nous embarques dans des lieux où nous n’irons jamais, nous visitons, nous attardant là où on aimerait flâner.Merci pour ces magnifiques photos, merci pour ces mots, écrits ou pensés en roulant qui racontent tellement bien…
    Merci pour ce partage.
    Bravo.
    « Tes Voisin »

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