J39. Sofia -> Ikhtiman 12 mai

Quel est ce léger grésillement intermittent qui inquiète mes oreilles de bon matin, ce sont bien des pneus sur la chaussée mouillée, la pluie est revenue nous chercher à Sofia pour notre départ, elle ne nous poursuivra pas, nous aurons juste à éviter les flaques d’eau sale et les ornières qui ponctuent le bord de la route, 2 fois 3 ou 4 voies, il y a de la place pour sortir de la capitale, et même une piste cyclable peu utilisée, le cycliste est singulièrement absent. Il a plu et voyant un ruisseau peu rempli, je repense à l’étroit chenal d’eau coulant dans un vaste lit minéral vide vu hier, qui aurait pu imaginer qu’on manque d’eau un jour, René Dumont peut-être. Il fait froid 8°, ce sont les saints de glace ici aussi, quelques étals proposent des plants de tomates, c’est le moment de s’y mettre, nous sommes en mai et les champs sont assez vides, hormis le colza et quelques céréales en pousses vertes, alors que vu la saison nous aimerions avoir plus de couleur, de diversité mais comme l’a si intelligemment décrit Barbara Kingsolver dans « un jardin dans les appalaches » le printemps est la période où lassés des aliments et réserves de l’hive, nous aspirons à de la nouveauté, alors que rien n’est encore à disposition dans le potager ou le verger. Ce livre qui raconte avec humour les quatre saisons d’autonomie alimentaire d’une famille américaine, m’avait fait prendre conscience du déphasage et de la dépendance de ma consommation, ainsi que la difficulté de changer ses habitudes.

En passant dans les villages et les banlieues un peu grises, je remarque l’écart avec la ville sur le niveau de vie apparent, au moins dans les conditions de logement, par ailleurs nous ne voyons pas grand monde dehors. Arrêt sous un nid de cigogne, il est énorme, donc ancien puisque la cigogne rajoute chaque année des branches jusqu’à pouvoir faire ployer le support, aux étages inférieurs des passereaux se sont installés à l’abri, habitat collectif, partagé, coopératif peut-etre, tout un écosystème je me plais à imaginer. Notre route est facile, les voies sont larges pas de sentiment d’insécurité, le GPS dit que c’est toujours tout droit, pas d’inquiétude, sauf qu’à un moment nous sommes sur une route défoncée et les autres véhicules ont disparu, quelques cahots contre un peu de calme jusqu’au village de destination où nous faisons quelques courses. Arrivés tôt à l’hôtel, c’est dommage il n’y a rien à voir, un peu de repos c’est pas mal non plus.

Sofia -> Ikhtiman 71 km dénivelé 610 mètres

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