Ce matin, pas nécessaire de mettre le nez dehors pour savoir qu’il va se mouiller, la pluie tombe dru, obstinée et nous ne le serons pas moins, nous avons de la route, une longue étape nous attend, chargement, habillage en vêtements de pluie, gants car il fait aussi froid. Nous longeons quelques villages, trouées dans la forêt de hêtres reconnaissable à ses sous-bois tapis de feuilles mortes, quelques primevères taches jaunes, ce doit être joli sous le soleil, puis le paysage évolue la forêt régresse, nous descendons par paliers, les arbres ayant vraisemblablement besoin de s’abreuver ont ouvert timidement leurs feuilles pour s’offrir quelques gouttes, le printemps n’est pas loin. Au sortir de cet espace boisé, nous longeons une rivière dont le débit bien alimenté par ma pluie est fort, je pense à Baptiste Morizot qui disait dernièrement que pour guérir la rivière, il faudrait faire confiance à l’expérience du castor pour stocker et partager l’eau, plus sympathique que des méga-bassines, mais pour l’instant ce sont des micro-bassines qui se forment dans les plis de la cape et se déversent de loin en loin. La faim se fait sentir, nous cherchons un abris et c’est sous l’avancée d’un cabanon de jardin que nous mangeons, nous avons moins la sensation de froid tout en étant bien humides, la pluie ralentit. Nous abordons ensuite des espaces cultivés, pas de haies, rien à voir et rien pour arrêter l’œil, toute la surface est utilisée pour la culture, Malcom Ferdinand parlait de notre civilisation occidentale comme étant le plantationocène, tant l’homme à besoin de planter ses graines partout, puis des piquets autour, il en sait quelque chose avec ses origines antillaises où le chlordécone des plantations de bananes a empoisonné le sol pour des centaines d’années. Nous arrivons ensuite dans l’agglomération de Zagreb, la pluie a cessé, fossés et ruisseaux sont bien alimentés en eau, l’entrée de la ville est longue, nous prenons la piste cyclable, voire le trottoir car la circulation est dense et la vitesse automobile est très élevée. Petit tour dans Zagreb c’est agréable, il y a un peu de monde, des terrasses bien garnies, de nombreux tramways traversent la ville, larges avenues et places, beaux édifices religieux, des immeubles 19 et 20ème, certain très ouvragés et suite à un tremblement de terre en 2020, des façades ont été endommagées, beaucoup de travaux, Zagreb se rénove.
Vrbovsko -> Zagreb 114 km dénivelé 517 mètres



