Exploits du jour nous sommes montés à 684 m d’altitude et traversé trois pays dont un de part en part en deux heures, par contre Pierre n’a monté que sur trois étages les vélos dans l’appartement de Rijeka, petite contre performance après les cinq d’hier et de ce matin. La nuit fut agitée dehors, pluie et vent, j’ai craint pour cette journée qui s’est réveillée sous un ciel gris et un sol sec, ouf, la température extérieure est bien fraiche, j’aurais supporté une couche de plus. Après une petite erreur de trajet dans Trieste, nous allons vers les quartiers en hauteur et ça grimpe, je m’accroche au guidon et appuie sur les pédales, j’avance petitement, je me mets à penser à la rue Lepic à Paris dans laquelle je passais régulièrement avec ses étals pas si bancals sur pied plus haut que l’autre, puis Yves Montand l!a chantée et je me demandais s’il aurait mis pied à terre, même devant Paulette et c’est là que Pierre, qui en connaît un rayon sur le vélo en montagne, craignant l’infarctus me dit descends et pousse, ce qui m’a permis de retrouver un peu de souffle, quelques poussettes donc, parfois sur le vélo, un peu à côté sur des étroites, nous avons la grande route, et atteint la frontière de la Slovénie passée allègrement, juste quelques panneaux nous signalant le changement de pays, soudain Pierre bifurque vers une station d’essence, je comprends qu’il veut faire le plein voyant le tarif de l’essence aussi bas, mais ayant oublié un jerrycan, il se contente d’un peu d’air pour ses roues, nous n’avons pas tout compris du mode opératoire, les pneus semblent plus dur, on repart. C’est maintenant la montagne, pas si haut puisque nous n’irons pas au dela des 684 mètres annoncés, mais le temps s’est refroidi et nous apercevons de la neige pas beaucoup plus haut que la route, la montée nous a bien réchauffés, je suis maintenant mouillé par la transpiration, j’ai le naseau qui fume, la sensation sera vive à la descente. La route est sillonnée par de nombreux poids lourds, en majorité troncs massifs, pellets et hydrocarbures, ils arrivent par salve, stoppés par des feux de travaux ou deux vieux messieurs sur des bicyclettes pansues qui serrent bien leur droite. Le paysage est montagnard, très boisé, juste quelques villages espacés. nous voyons loin, jusqu’à l’Adriatique, j’apprécie beaucoup. Puis nous arrivons à la frontière avec la Croatie, les bâtiments de la frontière sont encore imposants, un peu comme un péage d’autoroute, je me demande s’il faut payer, Pierre s’élance, je me demande si les herses vont surgir à son passage éclair, tout semble aller, je le suis. Peu après, première boutique de change, nous hésitons, regardons nos documentations qui indiquent que le pays a adopté l’euro, les petites officines sont vides et fermées, l’euro n’est présent que depuis le 1er janvier de cette année, ce ne sera pratiquement que de la descente jusqu’à Rijeka, le paysage se fait plus minéral, petits arbres de garrigue, les feuilles ne sont pas sorties des bougeons, le printemps tarde à arriver, deux cyclovoyageuses s’arrêtent pour engager la conversation, elles sont Belges, viennent de Grèce à vélo et vont vers Francfort avant de rejoindre leur pays, nous échangeons sur notre loisir commun, c’est aussi agréable de parler français, elle terminent en nous souhaitant un bon voyage et nous disent « c’est plaisir » pour terminer la conversation, une belle expression, toute simple et qui en dit beaucoup, je retiens. A quelques kilomètres de Rijeka, dans ma commune de Matulgi, la pluie, route sans issue, demi-tour, puis énorme embouteillage, c’est monstrueux, nous nous faufilons entre camions et voitures, c’est sportif et peu agréable qui plus est sous la pluie que n’aiment ni nos lunettes ni nos gps. Arrivée plus calme à l’appartement face à la mer, le temps s’éclaircit.
Trieste -> Rijeka 77 km dénivelé 1073 mètres, tout ça pour partir de bord de mer et arriver en bord de mer, ils sont fous ces cyclistes

L’Adriatique derrière la montagne

A cette heure-ci tu dois dormir ! après tous ces efforts….tu es récompensé de tous ces paysages entre autres , tu peux être fier de toi, en plus tu as encore de l’énergie pour nous envoyer ton journal BRAVO
Grâce à toi je voyage un tout petit peu sans les belles sensations, les odeurs des forêts et de la nature , etc etc mais confortable. Pourquoi n’ai-je pas fait çà dans ma vie, quelle nouille ! j’aurais aimé vivre ces aventures mais bien encadrée avec des copains aguerris à ce genre de sport !
Je te remercie pour les photos que tu envoies , les commentaires faisant référence à ta culture, notamment musicale encore BRAVO et ….
MERCI !
ce n’est qu’un petit message, à bientôt !
SIMONE