J10 Latisana -> Trieste

Pierre m’avais prévenu dès hier et j’avais aussi entendu le merle qui l’annonce par son chant, la pluie arriverait aujourd’hui et la prévision s’est avérée exacte au lever. Petit déjeuner avalé et bagages prêts, nous avons rejoint nos vélos et sortant de leur abri puis enfilant cape, pantalon et sur-chaussures de pluie je suis passé de l’état de routard pas rasé, habillé de vêtements défraîchis et douteux à nouvel arrivant dans une centrale nucléaire équipé des protections adéquates un peu anxieux de l’allure que ça lui donne et se demandant si cet accoutrement sera bien efficace. Nous voilà sur la route, la pluie est modérée, nous croisons quelques cyclistes qui eux, élégance italienne, tiennent dans une main un parapluie décoré de jaune, parme, bleu ou vert et de l’autre fermement le guidon tout en avançant vers leur destination, peut-être moins éloignée que la notre, je me rassure. Nous devons rejoindre Trieste et un peu maussade hier du profil de notre itinéraire, j’avais proposé un nouveau trajet, rajoutant certes une quinzaine de kilomètres, mais sur de plus petites routes, tope là me dit Pierre, on le fait et après la sortie de la ville, nous retrouvons le paysage de plaine ses canaux d’où s’envolent quelques aigrettes garzette à notre arrivée, pas plus que les chiens qui aboient sur le cycliste, les animaux sauvages n’apprécient notre passage, quelques hirondelles font des arabesques virtuoses autour de l’eau, tout baigne, je goûte le calme retrouvé, de petit panneaux nous apprennent que nous sommes sur une véloroute, qui hélas se transforme en vélo-cailloux bien moins confortable et pour finir en vélo terre, fin de l’aventure décidons nous et retournons piteusement sur la route nationale. La pluie elle ne se dément pas et devient insistante, je sens l’eau s’infiltrer un peu partout et malheur de la technologie limitée et limitante, mes instruments de guidage, achetés parce qu’étanches, sont illisibles et inutilisables sous la pluie, les gouttes jouent sur l’écran tactile et empêchent que mon doigt commande l’appareil, c’est certainement pour ça qu’on dit se diriger au doigt mouillé et je confirme que c’est hasardeux, comme a été imprudent mon achat, j’ai choisi étanche ce qui est vrai alors que j’aurais du demander fonctionne sous la pluie, je n’y ai pas pensé ! Pluie ou pas, nous continuons la route, un seul arrêt sous un abri voiture, pas glamour je n’étais pas habillé pour, un peu difficile quand il faut s’élancer à nouveau sur le bitume, mais je me remets facilement dans le bain, comme on dit, je m’habitue dans ma bulle, la pluie s’éloigne un peu et soudain, je réalise que la route s’élève, le paysage change et apparaît la falaise d’un côté, puis la mer de l’autre que nous longeons en hauteur, ce ne sera que descente jusqu’à Trieste, arrêt près des plages, nous rencontrons une cycliste Barcelonaise, elle voyage avec son chien qui dispose d’une remorque attelée pour se reposer et trotte à ses côtés, elle longera l’Adriatique, on se reverra peut-être. La pluie redouble quand nous voulons atteindre notre hébergement, la navigation n’est pas simple, au doigt mouillé Pierre nous y rend et monte les vélos au 5ème étage par les escaliers, bravo ! Après la douche, nous tentons une sortie dans la ville, grand canal, piazza unita d’italia, théâtre romain, vite écourtée par la pluie froide, demain ne s’annonce pas mieux et nous grimperons dans la montagne.

Latisana -> Trieste 85 km dénivelé 170 mètres

En arrivant à Trieste
L’Adriatique à Trieste
Piazza unita

Théâtre romain

2 réflexions sur “J10 Latisana -> Trieste

  1. Bonjour Michel
    Me voilà rentrée de Hollande et c’est bcp plus simple pour moi de lire ton blog (recharger batterie) …
    C’est un vrai et pur régal de te lire…
    Tu écris merveilleusement bien et ceux-ci vont désormais faire partis de mon quotidien. Merci !!!
    Cette étape sous la PLUIE ☔… a dû être longue… !!!
    Bonne suite
    Je t’embrasse
    Patricia

  2. Bon courage à vous 2, sous la pluie c’est toujours plus difficile ! Michel tu écris très bien, très agréable à te lire, on a l’impression d’etre avec vous !

Laisser un commentaire