Ce matin après deux jours passés dans le même lieu, les affaires sont éparpillées et les sacoches gueule ouverte réclament leur du en bon ordre s’il vous plaît, c’est toujours un peu pareil à l’arrivée, je décroche les sacoches du vélos et je les monte péniblement jusqu’à la chambre et selon le besoin, douche ou pique-nique, je pars à la recherche du sac plastique qui contient ce qui satisfera mon attente et en général, je dois désempiler les couches pour arriver à mes fins, et c’est là que j’en viens au rangement. Déjà avant le voyage, je rassemble petit à petit ce qui est sur ma liste évolutive et je fourre les affaires au dernier moment dans un rangement savamment ordonné dont je garde jalousement le secret et ce matin l’objectif est donc de remplir les sacoches avec les divers sacs, en tentant de respecter l’ordre pour ne pas avoir sortir les affaires de toilette, le pull et le linge sale pour m’apercevoir que je me suis trompé de sacoche au moment de grignoter sur la route puis seconde contrainte ne rien oublier, dans les faits il n’est pas rare de devoir tout ressortir quand le truc informe, dur et biscornu qui a uniquement sa place entre le pot de café et la brosse à dent se retrouve seul à l’extérieur et tout est à recommencer. Ce matin, Pierre déjà lesté de ses fardeaux est prêt à mettre le bât sur son vélo quand j’avise que mon bazard traîne, mais je m’en tire rapidement tout en ménageant une petite place pour les courses à venir, nous sommes rapidement opérationnels pour quitter Mestre après avoir salué Venise de loin, l’étape s’annonce assez courte et très plate. Nous roulons entre voitures, tramway, scooters, vélos, trottinettes dans les rues de la ville, nous ne forçons pas l’allure, parfois sur la rue, parfois empruntant une piste cyclable qui peut se révéler sans issue ou encombrée, puis la ville disparaît derrière nous et c’est le plat pays, Brel me souffle quelques mots sur le sien où le ciel est si bas qu’un canal s’est perdu, notre ciel est un peu gris, des canaux se perdent effectivement entre les cultures, vastes étendues plantées de riz ou de colza essentiellement, parfois de la vigne, quelques fruitiers, je ne reconnais pas tout dans ces plantations pourtant limitées, sait-on bien comment pousse ce que l’on mange, champs dont la terre est encore nue, peu d’engins agricoles et pas mal de voitures, de camions qui nous croisent nous doublent avec vacarme sur la route surplombant les champs. C’est un peu désespérant Brel dans ces lieux et je demande à Paolo Conte de me jouer quelques airs de son répertoire, je suis dans son pays, il est d’un commerce agréable, « via con me » m’entraîne t’il et le voyage prend une toute autre saveur, c’est la salle de concert, lui devant le piano, sa voix grave et douce susurre les paroles, la musique coule tout va bien, « come di » comédie, la vie est plus belle « Sotto Le Stelle Del Jazz », chapeau et merci l’ami.
Après quelques petits arrêts nous arrivons à Latisana petite ville calme dont nous faisons assez rapidement le tour. Demain dernière soirée en Italie.
Mestre – Latisana 90 km dénivelé 72 mètres

Il faut sûrement être très organisé ! Je me reconnais pourtant bien dans la description de ton début de journée !😁🤣 demain j’écoute Paulo Conté en pensant à toi ! Prenez bien du plaisir tous les 2 ! Bises