Grasse matinée nous avait intimé notre logeuse, le petit déjeuner, italien disait la fiche du lieu, sera servi à partir de 8 heures, en nous montrant ses 8 puis 10 doigts, c’est donc stoïques que nous avons attendu l’heure dite pour nous présenter devant une table dressée chichement et sur laquelle ne fumait aucune boisson noire emblématique de l’Italie et fait passer de nuit brumeuse à une nouvelle journée où tous les espoirs sont permis, permis que prit Pierre pour dénicher dans la cuisine voisine un bocal de café qui ne servit pas à grand chose sans la cafetière, c’est alors que notre hôte qui nous avait demandé si nous le voulions servi dans une grande ou une petite tasse nous posa la fameuse boisson qui recouvrait à peine le fond du récipient, elle ne revint pas nous proposer un supplément et nous avons commencé à engloutir gâteaux, biscottes et pain fouillant jusqu’aux placards pour satisfaire notre faim, il était tard et nous avions de la route. En fait l’étape était courte et Pierre qui n’aime rien tant que les grandes, fit demi-tour au bout de quelque temps pour revenir à l’hébergement reprendre ses papiers qu’il avait malicieusement laissés sur la table de jardin, fort de cette douzaine de kilomètres supplémentaires il était chaud quand nous avons fini par quitter Padova et c’est alors par la magie d’une allée transversale que la zone industrielle, heureusement déserte ce jour férié, se mua en petite route de bord de canal et tout devint plus doux, des piétons, des cyclistes musardant dans l’air encore frais de ce matin ensoleillé où même les automobilistes respectaient l’allure de chacun sans impatience, tous glissant comme l’eau paressant entre les berges vertes et jaunes de fleurs. La suite du trajet jusqu’à Mestre fut très agréable sur des pistes cyclables un peu sinueuses et parfois même espiègles tant elles se cachent et se dérobent à nos roues.
Arrivés tôt à l’hôtel nous avons repris les vélos pour leur montrer Venise, chemin tortueux également, il manque du balisage, mais nous finissons par nous faire prendre en photo devant l’entrée de la ville, je trouve un parking vélo, mais à 10 euro le stationnement sécurisé certes nous renonçons et Pierre avise le parking motos à quelques pas, gratuit lui, nous y laissons discrètement nos voyageuses. Tour dans la ville, je retrouve les images d’il y a plus de 40 ans et du monde en plus car il y a foule partout, pas d’agressivité, les flux et flots se croisent, les musiques des langues du monde se mélangent joyeusement, les selfies se retournent sur deux visages heureux, des smarphones braquent leurs lentilles vers les monuments, palais, ponts, gondoles qui font le spectacle, le commerce n’est jamais bien loin, boutiques qui rendent à la rue les élégantes aux bras chargés de sacs siglés, étalage de vêtements marqués Venise ou San Marco, échoppes de glaces (gelato ! ) ravies de ce printemps ensoleillé, vitrines de babioles en tour genre, tout deviendra souvenir, puisque c’est ce qu’on vient chercher.
Padova – Mestre – Venise 70 km dénivelé 96 mètres







On ne peut se lasser de cette architecture de ces couleurs de ces ambiances Merci pour ce partage tellement beau
Trez