8 h pile nous sommes d’accord, Pierre et moi, sur la direction puis le chemin à prendre pour démarrer notre étape, ce qui fait que nous sortons aisément de Piacenza et comme en ce frais samedi l’Italien se repose de sa semaine de dur labeur et n’a pas sorti la voiture du garage, nous sommes un peu seuls sur la route et nous apprécions d’avancer tranquillement, quand je dis que nous sommes d’accord ce sont surtout nos instruments électroniques de guidage qui ne sont pas en phase, ou plutôt, je ne sais pas toujours bien interpréter ce qu’ils essaient de me montrer et ce matin après avoir chaussé mes lunettes, tout m’apparait bien plus clair. Pierre m’avait prévenu, la première partie du trajet sera similaire à celle de la veille jusqu’à Cremona située à 35 km et voilà qu’après 5 km, un panneau nous indique Cremona à 42 km, Pierre aurait-il menti, nous serions nous trompé de sens, le temps de trouver la réponse une autre indication nous fait faire un bond quantique pour nous retrouver à 25 km, qui deviendront peu après 29 et c’est à ce moment que Pierre se met à hurler, il a oublié son téléphone … qui est dans son sac quelques secondes plus tard, nous sommes coutumiers de ce type d’angoisse assez régulièrement bien que nous ayons le plus souvent vérifié au moins deux fois que tout était dans nos bagages,
Si je raconte tout ça c’est que nous sommes dans la plaine du Po et qu’il n’y a pas grand changement de paysage, peu à voir et dire. Nois approchonst le fleuve Po qui ne prend pas en Italie d’accent circonflexe ni en plaine ni en eau, c’est un très large pont métallique qui nous invite à traverser le fiume Po, une passerelle métallique nous y est réservée, en roulant sur les plaques ajourées nous produisons autant de bruit que le train de fret ferroviaire voisin. La ville de Cremona n’est pas située sur le Po, mais un peu plus loin certainement à cause des risques d’inondations qui semblent bien improbables en la période mais réels à certains moment. Notre arrivée dans les villes est souvent un peu semblable, nous nous dirigeons vers le centre, devant les piétons nous indiquent la route à suivre, nous sloalomons avec plus ou moins d’élégance et rapidement nous prenons nos velos par la main pour finir à pieds. Mercato ou foire, le centre est gentiment envahi, sans voitures, c’est comme une ville au ralenti, piétons, vélo, c’est animé bien sûr, bavard évidemment, couleurs, parfums d’abord puis odeurs à l’approche des étals alimentaires et autour nous retrouvons le centre ville coloré, murs bigarrés, colonnes, arcades, passages et le soleil du matin qui se fraie discret, un chemin de lumière dans la fraîcheur des venelles. Nous visitons l’église immense, ses dalles de marbre blanches et noires, une icônongraphie picturale nombreuse, figurative, colorée parfois un peu anachronique et pas tragique dans la représentation des personnages, on pourrait presque les prendre pour des scènes de la vie courante.
Des cyclistes parcourent les rues, les vélos ne sont ni neufs ni sportifs ni électriques, ce sont des vélos familiers que se conduisent comme dans les dessins de Sempé, le cycliste reste droit, bras tendus vers le guidon, pédale sans effort apparent pendant que les roues glissent sur le sol, s’il rencontre un ami, li restera un pied sur la pédale pendant que la main maintiendra le guidon, si la conversation dure un peu, il s’assiera sur la barre transversale, vélo penché et s’il faut aller étancher sa soif, le vélo prendra appui sur un mur ou se couchera dans l’herbe attendant le retour de son cavalier, « le vélo, c’est un moyen simple d’être libre » disait Sempé, ça me parle !
Arrêt repas dans un square à Solarolo petit village en bord de route, quelques cyclistes aussi discutent, puis d’autres m’intriguent en venant remplir des bouteilles auprès d’un distributeur, il s’agit d’une moderne fontaine à eau réfrigérée, par portion de 50 cl, on peut même avoir de l’eau gazeuse (frizzante), ce que me suis permis pour remplir mon bidon.
Nous finissons cette longue et plate étape sur des routes avec plus ou moins de circulation pour arriver à Mantova, belle ville riche en monuments et très animée. Nous entrons dans la basilique San Andrea que je prenais pour la cathédrale et qui n’est que concattedrale dit la documentation, grande elle est étonnante dans architecture intérieure, des caissons decorent les voûtes, avec des personnages en trompe-l’œil qui doivent raconter, pour ceux qui conservent une culture religieuse, l’histoire de la bible, j’en resterai à la beauté du dessin sans la signification. Le côté antique à la mode empire de la cathédrale toute proche bien qu’étant plus ancienne ne nous a pas plu. La rotonde San Lorenzo construite au XIème siècle mais surtout restaurée au XXème est remarquable dans son architecture, nous finissons notre visite sous le soleil.
Piacenza -> Mantova 109 km dénivelé 92 mètres








Vue depuis le palais ducal Palazzo Ducale

Tellement beau et si bien écrit, merci beaucoup pour ce voyage partagé
Merci pour ton message, il semble me souvenir que tu n’est pas insensible à ce beau pays.