J4 Alessandria -> Piacenza

Nous avons quitté le chiostro à 8 heures précises, l’étape sans être difficile s’annonçait longue et plate, nous n’avons été déçus. A cette heure c’est aussi le départ pour le travail, nous ne sommes pas seuls à rouler dans les rues puis sur la grande route trafic bien chargé, nous sommes sur la strada statale, route nationale généralement rectiligne que nous emprunterons quasiment toute l’étape, pas le plus agréable. Malgré tout, au bout de quelques kilomètres, nous attrapons un route plus petite au milieu des champs, nous sommes dans la plaine du Po, agriculture intensive, grandes propriétés, vastes étendues de culture, les fermes originales entourées de bâtiments agricoles abritant matériels ou bétail, c’est un peu la Beauce sans la cathédrale de Chartres. Nous cheminons aimablement sur des routes parfois en piteux état et c’est là que l’inattendu se produisit, passant un peu près du bord la roue de mon vélo sur le bas-côté et compte tenu du dénivelé et du poids de l’équipage, je n’ai pas réussi à revenir fièrement sur la route et nous nous sommes étalés, tout de suite j’ai entendu une sirène, ce n’était pas encore les pompiers avec l’ambulance, mais le GPS qui, sorti de son support et se balançant au bout de sa dragonne fort opportunément fixée, me croyant en danger se proposait d’appeler les secours, me relevant, je l’ai rapidement rassuré en appuyant sur le bouton idoine, je n’étais pas blessé, le vélo que je relevais se remit sur ses deux roues et nous nous installames pour évaluer les dégâts et bonheur nous étions l’un et l’autre en bon état, aucun bruit suspect, juste quelques équipements sortis de leur logement ou déplacés, une fois le tout remis en place, le voyage peut reprendre. L’inattendu c’est aussi le nom de mon vélo, inattendu parce je l’ai assez longuement attendu après l’avoir commandé quelques mois avant la période de confinement Covid qui a tout gelé et l’inattendu pour le côté imprévu du voyage, c’est ce que j’apprécie, a minima bien sûr, beaucoup est organisé, mais il y a la surprise au bout du chemin et c’est un tout petit peu plus personnalisé que le poétique VSF Fahrradmanufaktur TX-400 deutsche qualität qu’il a prouvé aujourd’hui. Passage dans la petite ville de Castelnuovo Scriva, tour de briques comme on en voir régulièrement c’est un Palazzo, palais d’une personnalité locale, grande église sur la place, des gens discutent devant l’entrée et l’intérieur bruisse lui-même tant la parole est présente, chaque commune a souvent plusieurs églises. Puis c’est Voghera, ville bien animé et c’est le mercato autour de l’église monumentale, l’odeur de friture flotte délicatement jusqu’à nos narines, Pierre veut se laisser tenter par des beignets de poisson, il est bientôt midi, il se met dans la longue file d’attente, mais oublie de prendre le ticket nécessaire, il renonce et mangera ses provisions. Casteggio petit arrêt devant la belle église monumentale, je lève la tête et aperçois un puis deux autres clochers. Nous passerons quelques ponts quête soit fiume (rivière) ou torente pas plus d’eau qui coule, inquiétant. A partir de là nous ne quitterons plus la strada statale 10 avec beaucoup de circulation, bruit des voitures, quelque relief autour, une mosaïque de vigne apparaît, je pense aux petites routes des vins, parcours bucolique et fraîcheur des caves, ce n’est pas pour aujourd’hui. Le seul répit pour la tête et les oreilles est le passage dans les villes qu’évite la strada, nous traquent les monuments, nous intéressons aux personnages cités sur la statues, Stradella curieux clocher posé sur une tour, musée de l’accordéon dans la ville qui fût un centre mondial de fabrication, je pense à mon père jour de l’instrument, qui fût son pygmalion pour ouvrir son esprit à la musique et quoi l’a retenu par la suite pour ne plus vouloir ouvrir ses bras et faire respirer le soufflet, pourquoi n’avait-il plus envie d’enfoncer les boutons de nacre, vaste question. Les villes ont l’air un peu tristes aujourd’hui sans le soleil pour éclairer les murs aux peintures un peu défraîchies.
Arrivés à Piacenza, je ne suis pas vraiment fatigué mais j’ai la tête en compote, je suis content de respirer l’air de la ville en marchant, le palais communal dit Palazzo Gotico, une belle et immense cathédrale, dans la crypte des reliques posées sur des étoffes de couleur vive, je les prend d’abord pour des bonbons honte à moi, il y a de l’attente pour les confessions, certainement l’approche de Pâques, Buona Pasqua voit on régulièrement écrit.
Le mot de la fin pour Cerise (Bernadette) qui baptise mon blog-trotter, merci à elle de me laisser vivre ce voyage.

Alessandria Piacenza 108 km dénivelé 246 mètres

Départ du Chiostro
Castelnuovo Scriva
Parcelles de vignes en bord de route
Palazzo Gotico Piacenza

Place face à la cathédrale Piacenza

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