J’ai oublié de narrer l’exploit d’hier et ce matin, nous étions logés dans un appartement de Savona situé au dernier étage sans ascenseur et sans garage pour nos vélos auxquels nous tenons beaucoup, c’est Pierre qui s’est chargé de monter puis descendre les montures sur son dos par les escaliers étroits, qu’il en soit remercié. Mes premières impressions sur le vélo en Italie, peu de rencontre de cyclovoyageurs, beaucoup de sportifs plutôt jeunes, des groupes de cyclistes sur vélo électrique, peu de velotafeurs (personnes utilisant le vélo pour se rendre au travail), peu de cyclistes en ville, ce qui prouve que la pratique du vélo n’est pas liée au climat mais aux infrastructures assez pauvres jusque là. Sur la route, il me semble que le cycliste est vu comme incongru dans ce défilé de voitures, incongru dans l’œil de l’automobiliste qui s’étonne qu’un vélo puisse avoir priorité sur la voiture dans le rond-point, je me rappelle avoir demandé, il y a longtemps, à mon moniteur d’auto-école s’il fallait laisser la priorité à un vélo débouchant d’une piste cyclable, ce qui l’avait fait s’esclaffer devant cette idée incongrue, heureusement qu’il n’a pas vu ce que la ville de Nantes à mis en place pour favoriser la pratique de la bicyclette. Pour autant l’italien n’a pas d’animosité envers le cycliste, nous avons même eu droit à quelques coup de klaxon que j’ai senti joyeux et bienveillants.
Pour ce qui est de la langue italienne, il y a du progrès à faire, c’est chantant mais la compréhension est difficile pour le Français indécrottable que je suis, heureusement beaucoup connaissent un peu de français et font des efforts, donc nous nous en sortons avec leur aide, quant à l’écrit de nombreux mots sont similaires en fonetica, ainsi farmacia, teatro nous parlent, ortografia pourrait être exporté en France, à moins qu’on soit mieux soigné en pharmacie et que la culture soit meilleure pour le spectateur dans un théâtre, je laisse l’académie répondre sur cette histoire de h et d’accent.
Départ ce matin de Savona, et surtout départ vers la montagne, les Appenins me dit Pierre, la chaine de montagne s’étendant sur 1200 km du nord au sud de l’Italie, traversant toute la péninsule, et formant l’épine dorsale du pays, donc après quelques kilomètres, nous quittons le bord de mer pour mettre cap au nord, et tout de suite nous voyons le panneau équipements hiver conseillés jusqu’au 15 avril et risque de neige, nous voilà prévenus et me dit le GPS, nous entamons la côte de près de 15 km sur un dénivelé de 700 mètres, c’est Pierre qui mène l’équipage comme d’habitude, car Hélène est d’accord avec lui, je ne suis pas toujours un très bon compagnon, quand je roule à l’avant rien ne va pour les autres, aucun rythme, aucune régularité, ceux qui me suivent ne suivent plus, un peu comme quand je commence une phrase et que le lecteur ne voit pas quand et où ça va finir, alors une fois pour toute Pierre prend la tête et je me règle sur son allure. Nous voilà donc partis pour l’ascension, la pente commence gentiment, nous sommes encore dans l’ombre, il ne fait pas très chaud, heureusement la déclivité nous protège du vent, petit à petit les pentes s’éclairent et c’est un paysage de montagne, qui rapidement s’ouvre à nos yeux, nous atteindrons le sommet à l’altitude 520 mètres à Giovo Ligure et non 700 comme annoncé, mon ami Christian cycliste qui m’a tout appris du GPS va encore me dire que je suis un magicien ou un affabulateur. Sasselo traversé peu après fait réellement village de montagne niché dans son creux, c’est très joli, dépaysement total.
Après le sommet nous traversons le parc naturel del beiga, un peu boisé et minéral, nous y ferons un halte et j’y entendrai le chant de la fauvette à tête noire, que j’entrapercevrai, plaisir d’être là. Ce qui est un peu désolant est que dans la vallée, ce qui devait être un torrent coule assez peu et ne charrie pas les galets de son lit, les rivières et fleuves côtiers que nous avons traversés les jours derniers étaient systématiquement asséchés et l’herbe avait envahi leur lit.
La descente est longue jusqu’à Acqui Terme (tiens pas de h !), petite ville thermale dont les restes de l’aqueduc romain nous accueille. La suite de la route est plate, sur une route à grande circulation, nous roulons sur le bord de la route jusqu’à Alessandria notre destination, il Chiostrio, le cloître, auberge de jeunesse, la personne de l’accueil nous demande notre destination et nous prend en photo devant nos vélos. La ville semble plus pauvre que les localités de la côte, l’habitat à un peu vieilli, mais l’atmosphère italienne est bien là.
D’aucuns s’inquiètent pour ma santé mentale et physique, craignant les claquages et autres courbatures, mais sans vouloir enjoliver la réalité, mis à part quelques bobos mineurs jusque là, nous ne souffrons pas, aussi si voyez un cyclotouriste chargé et pédalant lentement en montagne ne le plaignez pas, comme nous, il l’a voulu et y est bien, on espère même vous faire un peu envie, oui on a eu envie et on est dans notre vie.
98,5 km dénivelé 820 mètres




Rue d’Allessandria

oui MICHEU 24 ! je te lis et je t’envie ! j’aime l’aventure finalement surtout à travers tes textes très descriptifs ! merci de prendre le temps … je ne te connaissais pas cet autre talent.
Ah les italiens ! sédouctors ! et est-ce que les italiennes parlent fort et avec les mains !!!!
bon soyons sérieux je vois 98,5 kmssss comment peut-on faire tout çà tout en admirant les paysages et en observant la nature! c’est sûrement très beau mais aussi désolant… des rivières sans eau .
Avez-vous goûté une pidddzza ! 100 °/° italiano bien sûr
tu es à peine parti et tu as déjà fait mille choses
je te souhaite le mieux et surtout le beaucoup mieux dans ce beau voyage !
ici à AVAILLES hier soir réunion « histoire locale » et ce soir « conseil municipal »
qui dit que je n’ai pas de vie sociale ?
Nous faisons Pâques chez CAROLINE, ambiance assurée !
j’essaierai de répondre souvent à ton journal, je vois que tu es un peu en demande et çà me fait plaisir !
bisous MICHEL et bon courage pour demain
SIMONE
Bon ça va, je vois que les courbatures sont encore en vacances….. Mais si je comprends bien, vous ne vous séparez jamais de vos vélos ? Tant qu’ils ne vous feront pas d’infidélité, tout ira bien.
Merci pour ton message, nous conservons nos vélos en lieu sûr la nuit, nous ne voudrions pas qu’ils sortent et ne soient plus en état de repartir le lendemain voire qu’ils ne rentrent pas du tout, ce qui serait la fin prématurée et triste du voyage.