Hélène nous a gentiment accompagné à la gare, nous a donné les dernières consignes puis s’en est retournée soutenir sa mère !
Aujourd’hui c’est donc train, nous traversons la France à grande vitesse, nos vélos sanglés près de nous, heureux d’avoir pu embarquer jusqu’à Paris. Le paysage défile et change en un clin d’oeil, champs, maisons, villes, éoliennes, parfois un chevreuil aperçu pas dérangé par le bruit des roues sur le fer. Rêvant mollement des journées à venir, je me remémore la douce voix de Julos Beaucarne qui déjà au siècle dernier, nous disait « la révolution passera par le vélo camarade, le vélo permet d’aller cinq fois plus vite que le piéton, tu dépenses cinq fois moins d’énergie et tu vas cinq fois plus loin » une parole prémonitoire de ce que l’on nomme maintenant la vélorution. Au delà de cet aspect véloce, le vélo est synonyme de liberté, libéré du plein que je confie à mes jambes sans passer à la pompe ni à la caisse, car oui la pratique du vélo c’est quasiment gratuit, libéré de l’enfermement, le nez au vent, tous les sens en éveil pour s’émerveiller du paysage qui s’offre et se découvre. Le vélo c’est du plaisir, plaisir d’avancer sur les quelques centimètres carrés glissant en silence sur la route, plaisir de l’équilibre aérien, plaisir de prendre un chemin de traverse. Astucieuse machine de quelques kilos judicieusement aménagés pour me transporter avec mes bagages, plaisir de sentir mon être faire corps avec le véhicule, satisfaction de circuler sans trop de stress loin des encombrements automobiles. Plaisir de la simplicité du matériel, mais aussi de la technique que l’on peut généralement réparer assez facilement en cas de petit pépin mécanique. Plaisir de voir parce que la vitesse n’est pas un but, plaisir de sentir quand la route se fait bucolique, plaisir d’entendre les sons de la vie. Que du bon ou presque, merci Julos d’avoir ouvert la voie. Bien sûr ce n’est pas toujours sans effort, la pente est parfois sévère, le vent nous laisse sur place, les bagages nous retiennent dans notre élan et pourtant nous y revenons, nous aimons ça, allez on y va ?
Petite halte à Paris et transfert de Montparnasse à Austerlitz en passant par rue de Rennes, Ripolin, Saint Michel, Notre-Dame… circuit touriste sous le soleil froid, du monde, du monde et du monde la circulation n’est pas aussi légère que le chantait gaiement Sacha Distel, si on dépasse parfois les autos, il faut veiller à rester à sa place, beaucoup de vélos, partout des pistes cyclables, les trottinettes uberisées n’ont pas encore abandonné le trottoir … bien propre. Nous attendons le train couchettes dans la gare en travaux à demain au soleil.
