Semaine -4 : moins d’un mois avant le départ, je m’approprie un peu mieux l’itinéraire, notamment à travers les Balkans, région dont on entend régulièrement parler, rarement en positif hélas. Je pense bien sûr à cette fameuse route des Balkans, voie d’immigration majeure vers l’Europe avec les frontières, murs, barrières qui se dressent et les drames humains qui arrivent parfois jusqu’à nos oreilles. Turquie, combien de millions de Syriens (4 ?) accueillis, hébergés et retenus grâce aux fonds de l’Europe qui ne veut pas les voir arriver sur son sol. Sicile autre porte d’entrée mortifère depuis la méditerranée tombeau de nombreux migrants. Droit d’asile inscrit dans les conventions internationales, mais bafoué ou nié, amalgame réfugiés, migrants pour limiter l’accueil, stratégie de la peur et du rejet, de quoi a peur l’Européen qui peut voyager sans limite ou presque avec son passeport. Plus près de nous, Cédric Herrou a raconté la traque des migrants par la police dans la vallée de la Roya ou à Vintimille quand la police des frontières refoule violement ceux qui tentent de passer en France, invoquant le règlement de Dublin qui oblige le pays d’entrée à instruire le dossier d’asile ; »à ce jeu », l’Italie a la charge du traitement et de l’accueil, bien grand mot quand Frontex, mandaté par l’Europe, repousse les migrants vers la noyade. Je mesure la chance d’entreprendre ce voyage depuis mon confort d’habitant de pays riche et privilégié, il est probable que les routes des migrations ne croiseront pas beaucoup les nôtres, et j’ai une pensée pour ceux qui risquent leur vie pour un avenir meilleur, espèrent-ils.
De mon côté, pour la première fois, je vais voyager hors d’Europe, et ici la préparation continue doucement, pour la première fois aussi, je roule en prévision du départ, le froid semble s’éloigner et la pluie, bienvenue pour la terre, s’annonce.
Par deux fois, Gérard Delahaye a chanté avec justesse l’exil
